Fusions, Acquisitions / M&A
Fusions, Acquisitions
M&A
M&A : l’Europe résiste à la tendance mondiale
Le cabinet Willis Towers Watson a publié sa dernière édition des résultats de l’enquête Quarterly Deal Performance Monitor (QDPM) qui analyse, en partenariat avec la Cass Business Scool et grâce aux données de Thomson Reuters, les performances mondiales des fusions-acquisitions du point de vue de l’acquéreur. A noter que l’enquête définit leurs performances par rapport à celles des indices mondiaux et ne recense que les opérations qui ont été finalisées pour un montant de plus de 100 millions USD. Dès lors, pour le second trimestre 2017, la directrice générale de l’activité Global Solutions and services chez Willis Towers Watson explique que : « Les acteurs européens du marché des fusions-acquisitions ont résisté à la tendance mondiale. (…) La dégradation marquée des performances dans les autres régions (…) reflète la réaction du marché au durcissement de la réglementation par les gouvernements ».
Au second trimestre 2017, 183 acquisitions ont été réalisées et près de la totalité des sociétés qui en sont à l’origine ont sous-performé le marché. Alors que la performance moyenne des fusions-acquisitions a surperformé de 5,6 points l’Indice MSCI World durant les trois dernières années, la tendance s’est inversée : les acquéreurs mondiaux ont sous-performé l’indice de 3,9 points au second trimestre 2017, « enregistrant leur plus mauvais résultat depuis la création de l’enquête en 2008. ». C’est aux Etats-Unis et en Chine que les moins bonnes performances ont été enregistrées.
Concernant les Etats-Unis, les acquéreurs ont affiché une surperformance de 0,9 point alors qu’ils enregistraient une moyenne de 1,2 point sur les trois dernières années. La directrice générale justifie cette dégradation par le durcissement des mesures de sécurité nationale, les incertitudes économiques et la volatilité des cours mondiaux. A noter par ailleurs que la tendance mondiale reflétée par l’enquête est largement conduite par les résultats des Etats-Unis puisque sur les 183 acquisitions qui ont été finalisées, les acquéreurs nord-américains sont à l’origine de plus de la moitié d’entre elles.
Les acquéreurs de la région Asie-Pacifique ont quant à eux enregistré une sous-performance historique de -8,4 points alors qu’ils affichaient une moyenne de +24,2 points depuis 2014. Le cabinet justifie cette détérioration historique par le « contrôle renforcé des sorties de capitaux ». En effet, depuis l’hiver dernier, les autorités chinoises ont pris des mesures destinées à enrayer la fuite des capitaux notamment pour contrôler d’avantage les investissements directs à l’étranger. Parmi les mesures qui ont été prises, Pékin a suspendu les acquisitions à l’étranger de plus d’1 milliard de dollars si l’opération ne se situe pas dans le cœur de métier de l’acquéreur. Il semblerait que ces mesures aient porté leur fruit au détriment de la bonne tenue des performances des fusions-acquisitions.
Finalement, ce sont les acquéreurs européens qui se distinguent nettement, affichant une surperformance d’1,8 point par rapport à l’indice. Ces résultats, modérés mais optimistes pour le vieux continent, sont à analyser avec précaution. En effet, sur les trois dernières années, l’Europe superforme l’indice mondial à une échelle bien moins importante que les Etats-Unis et la région de l’Asie-pacifique. Par exemple, les acquéreurs européens ont sous-performé l’indice MSCI de -8,4 points au trimestre précédent. Par ailleurs, le cabinet parie sur de meilleures perspectives américaines au troisième trimestre avec « une administration américaine largement perçue comme favorable aux fusions-acquisitions ». Il se pourrait donc bien que la tendance s’inverse de nouveau lors des résultats de l’enquête QDPM du troisième trimestre 2017.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

