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Fusions, Acquisitions / M&A

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Consolidation des télécoms en Italie : qu’en est-il de Bolloré, Sawiris et Drahi?

3 Italia, la filiale du hongkongais Hutchinson, et Wind, du russe Vimpelcom, fusionnent pour créer un leader des télécoms en Italie. Actionnaire de Telecom Italia, Vivendi prépare l'avenir tandis que Naguib Sawiris lorgne toujours le pays.

L’Italie était le dernier grand pays européen où le paysage des télécoms, composé de quatre grands acteurs, n’avait pas encore été bouleversé. C’est désormais chose faite depuis que deux opérateurs, qui discutaient depuis plus de deux ans, ont enfin annoncé leur alliance. Le conglomérat hongkongais Hutchinson et le russe Vimpelcom, ont annoncé le rapprochement de leurs deux opérateurs télécoms italiens, 3 Italia et Wind, dans un deal valorisé à 21,8 milliards d’euros. Les numéros trois et quatre du secteur vont former une joint-venture afin de créer un leader de marché dans le pays, qui revendique 33 millions d’abonnés et 33,5% de parts de marché.

Cette manœuvre est intéressante à plus d’un titre car elle vient mettre la pression sur les deux autres grands opérateurs italiens : Telecom Italia, qui avec 32,3% de parts de marché se voit voler la première place du marché, et Vodafone, à 27%. Vivendi est actionnaire du premier à hauteur de 14,9% depuis qu’il a acheté des titres sur le marché fin juin. Les théories se multiplient sur l’interprétation de ce geste venant du groupe de Vincent Bolloré, qui s’était délesté de ses participations télécoms. Etant donné que Telco, le holding premier actionnaire de Telecom Italia détenu par Generali, Mediobanca et Intesa Sanpaolo, est en cours de dissolution, Vivendi pourrait encore monter au capital mais une OPA n’aurait pas de sens. En réalité, le Français serait en train de plaider pour la cession de TIM Brazil, l’opérateur brésilien dans le giron de Telecom Italia, afin d’engranger du cash et de poursuivre ses emplettes dans la diffusion de contenus.

Selon les rumeurs, Vivendi serait en négociations avec Sky, le groupe de Rupert Murdoch qui propose des contenus en Grande-Bretagne, mais aussi en Allemagne, en Irlande et en Italie, ou encore avec Mediaset Premium, au sein de l’empire des médias de Silvio Berlusconi. S’il parvenait à l'un de ces deals, il pourrait se positionner sur toute la chaîne de distribution de contenus (films, TV, musique) et fournir une offre alternative au géant Netflix en Europe.

Un autre personnage des télécoms italiens pourrait venir jouer les trouble-fête. Naguib Sawiris, ancien propriétaire de Wind qu’il a revendu à Vimpelcom, n’a jamais caché son ambition de revenir se positionner dans le pays. En mars, il confirmait son projet de construire le plus grand centre de données d’Italie à Milan, et d’acquérir un acteur Internet pour compléter son offre avec Italiaonline, qui a elle-même prévu d’entrer en Bourse d’ici à la fin de l'année.

Quant à Patrick Drahi, il est à la manœuvre pour consolider son pouvoir sur son holding Altice. Ses actionnaires ont validé à 91,5% le déménagement du siège social aux Pays-Bas, où le groupe peut créer deux classes d’actions, et pérenniser le contrôle de l’homme d’affaires israélien sur son empire des télécoms. Cette opération devenait indispensable pour le holding, qui a bouclé plus de 40 milliards de dollars d’achats dans les 18 derniers mois, selon Dealogic, et croule sous 35 milliards d’euros de dette. Ce dernier pourra donc désormais envisager des opérations en capital sans être menacé de dilution et dispose même de plus de souplesse en termes de gouvernance. Ainsi, si le droit néerlandais recommande une majorité de membres indépendants au board alors qu’Altice n’en compte que deux, ce dernier peut choisir de ne pas suivre ces prescriptions s’il explique son geste. Il a en outre un pouvoir de « contrôle négatif », ce qui signifie qu’il peut contrer le vote des autres membres du board puisque sa voix compte autant que tous les autres. Une omnipotence qui pourrait lui être utile s’il compte poursuivre ce rythme acharné d’acquisitions dans les 18 prochains mois.


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