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Politique monétaire
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Insertion du yuan dans les DTS du FMI : le début d'une révolution ?

Le FMI a donné son accord pour inclure la devise chinoise dans ses Droits de Tirage Spéciaux (DTS). Un changement symbolique qui devrait obliger le pays à accélérer la libéralisation de sa devise.
Yuan chinois
Yuan chinois

Les dirigeants chinois ont enfin obtenu gain de cause auprès du FMI, dont les membres ont formellement ratifié hier l'entrée de la monnaie du pays dans le panier de devises DTS (droits de tirage spéciaux). Si cette décision ne représente pas une grande surprise puisque Christine Lagarde avait déjà annoncé la couleur il y a quelques semaines, elle est le résultat d'un intense travail de lobbying de la part des autorités chinoises pour faire reconnaître le statut de monnaie de réserve de leur devise nationale. Mais il leur fallait, pour obtenir le feu vert du FMI , prouver que leur devise n'était pas manipulée et circulait librement, ce qui n'était pas acquis dès le départ. Les Etats-Unis étaient parmi les plus opposés à l'inclusion de la devise, estimant que la Chine maintenait délibérément son taux de change à un niveau bas, de façon à favoriser ses exportations. La double baisse des taux directeurs par la banque centrale chinoise cet été, a sans doute achevé de convaincre le FMI des efforts de la Chine pour libéraliser sa devise. Mais selon tous les analystes, la décision de l'institution internationale aura surtout une forte valeur symbolique, plutôt qu'un impact immédiat sur sa circulation. 

Certes, le renminbi représentera 11% du panier de devises DTS, ce qui en fera la troisième monnaie derrière le dollar (41,7%) et l'euro (30,9%) prenant la place du yen et de la livre dont le pourcentage va passer de respectivement 9,4% à 8,3% et de 11,3% à 8,1% du panier, après l'inclusion du yuan. Mais les 11% des DTS du FMI ne représenteront en réalité que 0,3% des réserves mondiales, soit 29 milliards de dollars seulement, selon les calculs de Natixis. Là n'est donc pas l'enjeu pour la Chine.

Selon les analystes de S&P, la décision du FMI ne représente donc surtout une première étape dans l'internationalisation de la devise du pays. "Certes, l'inclusion du yuan est un gros changement pour le pays, mais le plus important pour a Chine sera de parvenir à convaincre le secteur privé de détenir du yuan pour d'autres raisons que des motifs commerciaux", explique ainsi Paul Gruenwald, chef économiste Asie Pacifique chez S&P. Le renminbi reste en effet pour le moment une monnaie utilisée dans les échanges commerciaux mais très peu par les investisseurs privés. Car si les autorités monétaires chinoises ont mis en place des accords bilatéraux de swap avec les principales banques centrales mondiales, pour leur assurer la liquidité nécessaire, rien de tel n'existe pour le secteur privé qui est donc à la merci d'une décision unilatérale de la banque centrale chinoise. Tout l'enjeu maintenant sera de parvenir à convaincre le secteur privé que le yuan est effectivement une devise librement échangée, susceptible d'être achetée même en période de forte volatilité. "On est encore loin du compte", concluent les équipes de S&P.

Pour la Chine, deux options seront possibles pour accélérer la libéralisation de sa devise, estime de son côté Alicia Garcia Herrer de Natixis : soit elle sacrifie la stabilité de son taux de change et maintient une certaine indépendance monétaire. Soit elle suit les décisions de la Fed et se cale sur sa politique et conserve ainsi une certaine stabilité de son taux de change. Sachant que la politique monétaire est un instrument essentiel de gestion du ralentissement contrôlé de son économie, il est plus probable que les autorités abandonnent le contrôle de son taux de change dans les prochaines années, termine l'analyste. 

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