Taux - Dette Souveraine / Taux-dette souveraine / Politique économique
Taux - Dette Souveraine
Taux-dette souveraine / Politique économique
Défiance manifeste à l'égard des périphériques
Les titres des banques italiennes ont perdu entre 2% et 5% depuis le début de la journée: Monte dei Paschi di Siena, la banque la plus exposée aux titres italiens, a perdu plus de 5% depuis vendredi en début de journée. Cette chute des actions financières italiennes est symptomatique d’un regain de défiance généralisé à l’égard des Etats périphériques, entamé il y a une semaine environ. Ainsi, le rendement des obligations des Etats du Sud s’est tendu : les taux italiens ont augmenté de 14 pb depuis le 14 mai et s’échangeaient cet après-midi à 3,05%, ceux du Portugal de 24 pb à 3,75% tandis que ceux de la Grèce prenaient 40 points de base pour se traiter à 6,81%. L’Espagne n'a pas non plus été épargnée par ce mouvement de fébrilité, avec une hausse de 8pb de ses taux.
La publication du PIB de ces différents Etats a fonctionné comme le déclencheur du retournement de marché : jeudi dernier, la zone euro publiait un PIB en hausse de 0,2% seulement au premier trimestre contre 0,4% anticipé, notamment en raison de chiffres plus décevants que prévu dans les périphériques. Ainsi, le PIB du Portugal s’est-il contracté de 0,7%, tandis que celui de l’Italie reculait de 0,1% et celui de la Grèce de 1,1%. Seule l’Espagne a affiché de bonnes performances, à +0,4%, ce qui explique d’ailleurs la meilleure résistance de ses taux aujourd’hui.
La publication de ces chiffres a finalement ramené les investisseurs à la réalité macro économique de ces Etats du Sud, encore bien fragiles. Les propos de Mario Draghi en juillet 2012 avaient signé la fin du désamour des marchés pour les périphériques, et les investisseurs étaient depuis progressivement retournés vers ce type d’obligations plus risquées. Mais les taux des dernière semaines avaient atteint des niveaux anormalement bas pour de tels Etats : ainsi les titres italiens et espagnols se traitent seulement 50 pb au-dessus du taux des obligations US, considérées comme les plus sûres du monde. Rappelons également que l’endettement des pays périphériques devrait atteindre 126,2% de leur PIB en moyenne (avec un record de 177,2% pour la Grèce, devant l’Italie à 135,2%) cette année et que la dette publique de l’Espagne et de l’Irlande devraient continuer d’augmenter l’an prochain. La hausse des taux représente donc un sain repricing des marchés, selon les analystes.
Mais certains économistes estiment également que cette tendance résulte d’un mouvement de vente de la part de quelques investisseurs, qui préfèrent prendre leurs gains maintenant et profiter de la hausse des prix accumulés depuis plusieurs mois. Ainsi, un titre italien acheté au début de l’année se vend actuellement 112 euros, soit 36% au-dessus du prix de début janvier. Selon les analystes, le marché obligataire périphérique devrait donc continuer à être volatile dans les prochaines semaines, et au moins jusqu’à la prochaine réunion de la BCE. Si Mario Draghi dévoile un plan d’assouplissement monétaire type QE, il y a fort à parier pour que les taux périphériques se resserreront à nouveau.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

