Politique monétaire / Politique monétaire
Politique monétaire
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La guerre des monnaies est-elle imminente ?
La tension monte entre les Etats-Unis et la Chine. Il faut dire que la People’s Bank Of China (PBOC) est intervenu massivement afin de déprécier le yuan ; celui-ci perd 2,8% face au dollar depuis le début de l’année. Pour ce faire, la banque centrale chinoise a tout simplement engrangé des devises étrangères (+ 129 milliards de dollars au T1). Néanmoins l’attitude de la Chine est compréhensible dans un contexte de ralentissement économique plus fort qu’anticipé. Au mois de février, le pays a en effet enregistré un déficit commercial surprise de près de 23 milliards de dollars. Quant au mois de mars, il aura vu les exportations -principal moteur de l’économie chinoise- reculer de 6,6% par rapport à mars 2013 (à 170,1 milliards de dollars).
En octobre, Jacob Lew, secrétaire au trésor américain avait déjà critiqué l’interventionnisme de la banque centrale chinoise sur le marché des changes, estimant que le yuan était largement sous évalué. Depuis le yuan a lâché 2% face au dollar. Mais il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que l’initiative fait grincer des dents. D’autres économies du sud-est asiatique voit d’un mauvais œil la dépréciation du yuan, qui renforce l’attractivité du pays auprès des investisseurs et favorise le maintien du caractère exogène de la croissance chinoise. En particulier au Japon, où Shinzo Abe misait particulièrement sur la dévaluation du yen pour relancer l’économie. Certains analystes redoutent ainsi que l’on se dirige vers une guerre des monnaies en Asie.
Et l’Europe dans tout ça ? Mario Draghi a déclaré la semaine dernière être préoccupé par le niveau fort de l’euro, estimant que «le renforcement du taux de change nécessiterait une politique monétaire plus accommodante». Une déclaration inédite de la part du gouverneur de la BCE qui a envoyé un signal fort au marché faisant reculer l’euro de 0,7% face au dollar. Et des paroles aux actes, il n’y a qu’un pas que la BCE pourrait être tenté de franchir dès le seuil de 1,45 dollar franchi. La banque centrale opterait, selon toute vraisemblance, pour un quantitative easing ciblé sur les actifs privés et les obligations d’Etat afin de faire baisser les prix (sa mission première) et de maîtriser l’inflation et surtout le risque de ‘low-flation’ évoqué la semaine dernière par la présidente du FMI, Christine Lagarde. Cette dernière évoquant notamment les risques d’une inflation faible pour une période prolongée, à savoir « l’effondrement de la demande, de la production, de la croissance et des emplois ».
La guerre des monnaies, en réalité, est déjà engagée ; l’Angleterre, les Etats-Unis, la Chine et la Japon étant déjà intervenus massivement sur le niveau de leurs devises respectives. La question est davantage de savoir quand (et comment) l’Europe s’engagera dans ce conflit monétaire.
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