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IPO : les fonds de private equity vont devoir peaufiner leurs offres
Lors de la présentation de ses résultats semestriels, Eurazeo ne s’est pas caché derrière son petit doigt : grâce à des marchés mieux orientés, la holding cotée souhaite introduire en Bourse le groupe de location-entretien de linge Elis, puis le groupe de location de véhicules Europcar, plutôt début 2015. Il n’est pourtant pas le premier à avoir dégainé : début juillet, le groupe de services multi-techniques Spie, détenu par Clayton Dubillier & Rice, Ardian et la Caisse des Dépôts du Québec avaient lancé officiellement son process d’IPO afin de lever au moins 500 millions d’euros pour son désendettement.
Les fonds de private equity veulent continuer à surfer sur l’engouement pour les mises en Bourse : pas moins de 59 sociétés européennes sous LBO ont levé quelque 16 milliards de dollars depuis le début de l’année selon Dealogic, un record historique. En France, le mouvement avait été lancé en fin d’année dernière par les introductions réussies de Numericable et Tarkett, et a permis notamment la mise sur le marché de GTT, dont Hellmann & Friedman est actionnaire à 30%, et bien sûr d’Elior, sous la houlette de Charterhouse et Chequers.
Pourtant, cette dernière opération a connu, à l’image d’autres sorties de fonds en Europe ces derniers mois, un parcours mitigé. Le prix d’entrée a été fixé proche de la fourchette basse d’estimation, et le titre a depuis perdu plus de 13%. Mais d’autres nouveaux venus de la Bourse ont connu des déconvenues encore plus importantes en Europe : le voyagiste en ligne eDreams Odigeo, placé à la Bourse de Madrid par Ardian et Permira en avril dernier, a depuis dégringolé près de 70%! Même punition pour le groupe de certification espagnol Applus, qui a perdu plus de 20% depuis son IPO menée par Carlyle en mai dernier. Les deux sociétés ont révélé, quelques semaines seulement après leurs mises en Bourse, des « profit warning » qui ont échaudé la communauté financière. Les sociétés introduites par le private equity depuis le début de l’année accusaient d’ailleurs une baisse de leurs titres de 2,5% en moyenne au 10 août, contre un rendement positif de 2,9% pour les autres, selon Dealogic.
Ainsi, même si les fonds de private equity décident de garder leur exposition ou de céder très peu de parts, le marché semble beaucoup plus circonspect envers les sorties en Bourse des LBO. Certains acteurs de marché estiment que si les actionnaires optent pour une IPO, c’est que le marché survalorise les cibles par rapport aux fonds ou aux industriels, d’autres que le potentiel de croissance a été largement exploité et qu’une telle opération ne sert en réalité qu’à réduire un niveau d’endettement peu compatible avec des ratios de société cotée.
Pourtant, les succès existent et les actionnaires financiers continuent de croire en leurs chances d’introduire leurs participations d’ici la fin de l’année. Les projets pullulent en France - le fonds 3i étudierait la sortie en Bourse des laboratoires Labco – comme en Europe - IPO du groupe de restauration de routes RAC par Carlyle en Grande-Bretagne, le site de voitures d’occasion allemand Scout 24, propriété de Hellman & Friedman et Blackstone ou encore Aldermore, une banque britannique détenue par AnaCap.
Dans un environnement de taux bas où les gérants favorisent l'equity sur l'obligataire, les meilleurs actifs devraient trouver preneurs, mais de l’avis de tous les spécialistes, les investisseurs seront plus vigilants aux valorisations, à la sincérité des prévisions et, bien sûr, agiront en fonction de l’environnement géopolitique. Pour certains, mieux vaut attendre début 2015 pour s'assurer d'une IPO couronnée de succès mais il ne fait aucun doute que si l’Ukraine et le Moyen-Orient laissent un peu de répit aux marchés, les plus ambitieux devraient se lancer avant cela.
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