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La France reprend du galon dans le venture européen au premier trimestre
Le marché du capital risque européen a offert un visage pour le moins nuancé au premier trimestre 2015. D’un côté, le front des levées de fonds a été particulièrement moribond, tandis que de l’autre, les montants alloués à de jeunes pousses continuent de croître, mais le nombre d’élues se réduit. La bonne nouvelle vient seulement de la France, qui affiche deux des cinq plus grosses levées de fonds du trimestre et qui bénéficie de l’activisme de la banque publique d’investissement.
En l’absence d’un microcosme d’investisseurs aussi développé qu’aux Etats-Unis, les acteurs du venture ont toujours les plus grandes difficultés à boucler de nouveaux fonds. Treize sociétés de gestion ont levé un total de 874 millions d’euros au premier trimestre, une baisse de 25% en montant et de 38% en nombre de sociétés par rapport au trimestre dernier. Le nombre de collectes a même ralenti de 43% sur un an, ce qui montre la raréfaction de l’offre sur le Vieux Continent. Néanmoins, la France tire bien son épingle du jeu : Axa a closé le deuxième plus gros véhicule du trimestre en Europe avec Axa Strategic Venture, un fonds de capital risque de 200 millions d’euros qui a vocation à investir dans la banque, l’assurance, l’épargne et la gestion d’actifs afin d’améliorer la relation clients. Par ailleurs, la star du venture français Partech a également finalisé en début d’année son deuxième fonds d’amorçage, Partech Entrepreneur II, à 60 millions d’euros. A peine 18 mois après le premier millésime de 30 millions d’euros, ce véhicule a pour ambition de signer trois deals par mois, dont un en France, un dans la Silicon Valley et un en Europe.
Côté investissements en revanche, l’année a commencé sur les chapeaux de roue dans le venture européen. Les start-up européennes ont levé un total de 2,6 milliards d’euros au premier trimestre, soit une hausse de 41% par rapport à fin 2014, même si le nombre d’élues piétine. Les sociétés financées ont ainsi reculé de 3% sur trois mois et de 12% sur un an, un phénomène qui pourrait également inquiéter sur le renouvellement de ces jeunes entreprises. Cela se matérialise également dans les stades d’investissement : les deals d’amorçage et de premier tour continuent à régresser tandis que les deuxièmes tours et suivants progressent, essentiellement en montants et non en nombre de sociétés. Les troisièmes tours et suivants ont en particulier bondi de 699 millions d’euros à 1,6 milliard, témoin de prises de risque limitées de la part des investisseurs.
En France, la société Sigfox dédiée aux objets connectées et dirigée par l’emblématique Anne Lauvergeon a signé le cinquième plus gros deal venture du trimestre en levant 100 millions d’euros auprès d’investisseurs de renom dont bpifrance, Air Liquide, Eutelsat, GDF Suez (rebaptisé Engie) ou encore Telefonica entre autres. A la sortie, la biotech marseillaise Trophos a été la plus importante vente à un industriel du trimestre en Europe, puisqu’elle a été cédée à Roche pour 470 millions d’euros.
Enfin, l’Hexagone remporte la palme de l’investisseur le plus actif grâce à la contribution de bpifrance, qui a bouclé pas moins de 14 opérations sur le trimestre, tandis que Seventure Partners se classe troisième avec 12 transactions. Si bien qu’elle revient en deuxième place du podium européen du venture derrière l’Allemagne en nombre de deals. La France est en revanche absente du palmarès européen des IPO, qui ont commencé l’année très calmement avec douze introductions pour un total de 417 millions d’euros, soit un recul de 81% par rapport une fin d’année 2014 particulièrement active.
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