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La loi Macron signera-t-elle le renouveau du private equity en France?
François Hollande n'est plus l'ennemi de la finance. Après la menace fiscale sur le carried interest ou encore la révolte des Pigeons, ils n'y croyaient plus et pourtant, les financiers ont enfin droit à un texte pro-business, qui cherche à décloisonner l'économie, libérer le joug pesant sur les entreprises et favoriser la création d'emplois en imposant le libre jeu du marché. La loi Macron n'est certes pas la panacée, selon les mots de l'ancien ministre de l'Economie Thierry Breton, qui considère qu'elle est néanmoins "positive" pour la France. Et pour les investisseurs qui font de l'accompagnement au quotidien des PME leur métier, elle pourrait être véritablement salutaire.
Les professionnels français du private equity ont ainsi été plusieurs à saluer ce mouvement. Selon Christophe Bavière, président d'Idinvest, "la loi Macron signifie la mise en place de plusieurs initiatives pour améliorer l'environnement économique". Pour Michael Diehl, associé chez Activa Capital, "ce nouveau pacte social-démocrate devrait permettre la baisse des impôts, le retour de la confiance et le redémarrage des investissements, et nous attendons plus de réformes une fois que la loi sera passée au Parlement. Cela s'est déjà manifesté avec des grosses M&A l'an passé comme Club Med, Alstom ou Lafarge, mais il faut encore que cela soit transmis aux midcap".
Il serait temps car de l'avis même des spécialistes, le private equity et les deals en France n'ont pas redécollé après la crise comme ailleurs en Europe. "Les deux dernières années ont été perçues comme décevantes car le gouvernement ne s'est pas converti au pragmatisme et à un discours pro-entreprises, même si cela relève parfois plus de la communication que de la substance", juge Christophe Bavière. Les revirements fiscaux du gouvernement, qui promettaient de taxer toujours plus le capital, ont échaudé nombre d'investisseurs. Ceux-ci considèrent la France comme une terre de croissance faible, de taxes élevées et surtout inconstantes, où la rétroactivité des impôts est appliquée au gré des élucubrations du gouvernement.
Mais c'est aujourd'hui l'heure du renouveau signé Emmanuel Macron, lui-même ancien banquier chez Rothschild où ce "Mozart de la finance" a été propulsé associé-gérant à 32 ans à peine, et a côtoyé tous les grands patrons. Son oeuvre législative est censée ramener un environnement économique plus favorable aux PME en interne, et la confiance des investisseurs étrangers. Nombre de LBO mûrs seront bientôt sur la table: le fabricant de bouteilles en verre Saverglass détenu par Astorg, le fabricant de rayonnages et mobiliers métalliques Averys dans l'escarcelle de LBO France -qui a financé à l'automne un dividend recap de 125 millions d'euros- et bien sûr Spie, qui a dû renoncer à son IPO en octobre dernier.
L'an dernier, le marché français des LBO avait certes rebondi de 12% à près de 14 milliards d'euros, mais surtout tiré par de grosses transactions. Le retour de deals midcap et l'intérêt des fonds étrangers, dont les poches sont pleines de ce fameux "dry powder", pour les actifs français seront donc les premières preuves de l'efficacité de ce nouveau modèle français, qui compte lui aussi enfin dérouler le tapis rouge à ses entreprises.
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