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Fusions, Acquisitions / M&A

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M&A : Goldman Sachs domine au plan global, Rothschild en France

La banque américaine décroche à nouveau la première place des banques d’affaires M&A au niveau mondial et européen, tandis que Rothschild se distingue sur le marché français. L’optimisme prévaut pour 2017, dans un environnement qui incite les sociétés à l’action.
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Comme l’a confié un avocat, grand ponte de la place parisienne, au tournant de 2016, « cette année nous a montré que rien n’est jamais écrit. C’est une chance car tout est à construire, toujours ». Les sociétés ont adopté cette philosophie pour leurs opérations de fusions-acquisitions : le marché mondial est certes en baisse de 18% à 3 840 milliards de dollars en 2016 selon Dealogic, mais par rapport à un exercice record en 2015. Il s’agit en réalité de la quatrième meilleure année de l’histoire derrière des millésimes exceptionnels, à savoir 2015, 2007 et 2006. Et cela, grâce à un florilège de méga-opérations comme la fusion à 107,9 milliards de dollars entre AT&T et Time Warner, annoncée en octobre dernier.

Les league tables mondiales des M&A font ressortir le même trio de tête que l’an passé avec, en première position Goldman Sachs, qui a conseillé 970,4 milliards de dollars d’opérations selon Dealogic, devant Morgan Stanley (866 milliards de dollars) et JP Morgan (823 milliards). La banque américaine s’impose aussi sur le marché outre-Atlantique (713,6 milliards de dollars), qui a reculé de 21% cette année, et en Grande-Bretagne (169,8 milliards de dollars), qui a subi un coup d’arrêt après le vote sur le Brexit en juin dernier (-48% selon Dealogic).

En France, le bilan est proche de celui des Etats-Unis, avec 95,6 milliards de dollars et 1860 deals, en baisse de 20% sur un comparable, lui aussi très élevé, selon Dealogic. Dans l’Hexagone, c’est Rothschild qui décroche la palme des banques d’affaires, après avoir conseillé 41 milliards d’euros et… 103 opérations ! C’est près de quatre fois plus que Goldman Sachs, en deuxième position (40,7 milliards d’euros), mais la banque américaine a été conseil des cinq plus grosses opérations de l’année : Technip dans sa fusion avec FMC, EDF dans la cession de RTE ou encore l’américain Whitewave dans sa cession à Danone. Lazard complète le podium (34,3 milliards d’euros, 50 deals), notamment grâce à son rôle dans la vente de RTE à CNP Assurances et la CDC, pour plus de 4 milliards d’euros.

Dans un environnement bouleversé par des éléments exogènes comme le Brexit, les élections américaines ou encore le référendum italien, le bilan du marché français est positif selon Pierre Hudry, seul directeur de la banque d'affaires de Goldman Sachs pour la France, la Belgique et le Luxembourg depuis le départ de Christian de Haaij. "Le marché français a démontré sa résilience dans un contexte de forte volatilité. On y a vu des opérations défensives et/ou de recentrage du portefeuille, mais aussi des opérations de développement ambitieuses", analyse-t-il.

Les opérations industrielles tiennent à nouveau le haut du pavé, au détriment du private equity qui a plus de mal à s’aligner sur les valorisations en respectant ses objectifs de TRI. Sauf pour des opérations primaires - comme la vente de Morpho par Safran ou d’Atotech par Total - ou des deals dits de « plateforme ». En outre, la liquidité est toujours abondante en Europe, où la BCE va maintenir une politique accommodante à moyen terme. A l’heure où la moitié du stock mondial de dette en euros affiche un rendement négatif, les groupes français pourraient d’ailleurs se montrer plus agressifs à l’international, comme l’a démontré Danone avec l’ambitieux rachat de Whitewave. Ils restent encore bien plus timides qu’avant la crise : leurs acquisitions à l’étranger n’ont totalisé que 41 milliards d’euros en 2016, contre plus de 100 milliards en 2007 et… 231 milliards en 2000, selon Dealogic.

Pour toutes ces raisons, les conseils sont optimistes pour le millésime 2017 de la France, même lors d’une année électorale. "Nous avons le sentiment que l’activité M&A pourrait être plus soutenue en 2017, les cibles stratégiques se font rares et les sociétés françaises sont en position de saisir rapidement des opportunités. Le cycle électoral pourra bien sûr conduire à retarder certaines opérations, mais l’expérience montre que cet impact a tendance à se cantonner aux sociétés qui se trouvent directement dans la sphère publique", anticipe Pierre Hudry. Ce qui serait de bon augure pour les banques conseils.

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