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Private equity : les LPs inquiets des prix et du protectionnisme

Le baromètre de Coller Capital montre que si les investisseurs sont satisfaits des rendements du private equity, ils estiment pouvoir les améliorer avec les process et la gestion des ressources. Ils sont optimistes sur les fintechs, mais anticipent de larges cyber-attaques.
Coller Capital
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 Si l’on en croit les montants record de levées de fonds de ces derniers mois, les Limited Partners sont emballés par leur exposition au private equity, et en redemandent. A cet égard, le baromètre semestriel publié par Coller Capital, mené auprès de 110 investisseurs en private equity dans le monde, offre un éclairage sur leur sentiment à l’égard de la classe d’actifs, leurs attentes et leurs craintes. Tout d’abord, ils sont davantage à penser que les opportunités seront meilleures pour le private equity dans 2-3 ans (30% en Europe, 24% en Amérique du Nord), et même à 5-6 ans (46% en Europe, 40% en Amérique du Nord et même 52% en Asie-Pacifique, en particulier le Japon).

Néanmoins, les institutionnels ne sont pas encore totalement armés pour tirer profit à plein de cette poche de capitaux. 63% des investisseurs européens jugent ainsi que leurs institutions changent trop lentement pour s’adapter aux nouvelles opportunités. Cela passerait par des changements dans leurs process de recrutement et de sourcing (66%), les systèmes de décisions d’investissement (60%), mais aussi des changements internes dans les structures de management et de gouvernance (50%). En particulier, trois quarts des LPs européens pensent qu’ils pourraient améliorer la gestion de leur portefeuille en utilisant à bon escient des bases de données externes.

Ils sont ensuite bien conscients des risques en cours dans un métier très en vogue, et soumis aux agendas politiques. Les prix élevés des actifs sont les plus fréquemment cités (90% des LPs), notamment dans un contexte où les multiples médians ont atteint un plus haut depuis 2008 au premier trimestre, à 10,8 fois l’Ebitda, selon PitchBook. Ils sont suivis de la volatilité économique (83%) et du protectionnisme (60%), ce qui montre que les investisseurs sont soucieux des projet de Donald Trump sur une possible taxe à la frontière. Sur ce sujet, la moitié des LPs en Amérique du Nord anticipent l’impact des réformes réglementaires et fiscales sur la création de valeur par le private equity, mais sont divisés sur son analyse : 27% pensent que cela sera positif, mais 23% sont pessimistes sur ces conséquences.

Sur les secteurs, les fintechs continuent de susciter l’intérêt d’une grande partie des institutionnels (63%), qui prévoit sa croissance dans les prochaines années. Mais la blockchain les laisse davantage sceptiques, puisque les trois quarts d’entre eux ne l’analysent pas comme un important développement potentiel pour l’industrie. Les américains se concentrent logiquement sur les opportunités liés au secteur pétrolier et gaz (70%), tandis que les européens vont privilégier les énergies renouvelables (67%). Globalement, ils considèrent que les situations spéciales (79%) et la dette distressed (75%) sont des segments porteurs pour l’avenir. Enfin, le risque de cyber-sécurité est considéré comme majeur : s’ils n’ont été que 5% à en subir une jusqu’à présent, plus de la moitié des investisseurs en private equity anticipent « des cyber-attaques sérieuses » sur leur institution d’ici trois à cinq ans, et comptent demander des audits à leurs sociétés de gestion.

Concernant la délicate question des commissions, les investisseurs semblent plus flexibles qu’anticipé : 39% sont ouverts à l’idée d’adapter le « hurdle rate», le taux de plus-value à partir duquel le fonds touche ses performance fees et 70% d’entre eux jugent que les performance fees ne sont qu’un sujet parmi d’autres lors des négociations avec leurs gérants. Car 80% des LPs affichent un rendement historique d’au moins 11%, et près de 20% ont même enregistré 16% et plus. Une seule conclusion pour les fonds de private equity : tant que les performances sont là, les relations seront toujours au beau fixe avec leurs investisseurs.


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