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La modération salariale semble là pour durer en France / Les négociations annuelles obligatoires n’annoncent pas de bouleversement en 2026
Retour à la normale pour le moment. À en écouter Erwan Gautier, chef du Service des Analyses Microéconomiques à la Banque de France, on comprend que les quelque 150 accords de branche et 1 700 accords d’entreprise examinés par ses soins ainsi que ceux de ses coauteurs décrivent une France dans laquelle la hausse des salaires sera ténue en 2026. L’ensemble des données étudiées regroupe près de 9 millions de salariés dans l’Hexagone et témoigne d’un ralentissement de la dynamique. Ces quelque 1 700 premiers accords de salaire - passés entre fin 2025 et les premières semaines de 2026 - dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) pour 2026 font état d’une hausse moyenne de 1,6 %. Bien moins que les 2 % enregistrés à la même époque un an plus tôt et encore plus lorsqu’on les rapporte aux 3,3 % de début 2024.
L’explication est simple : désormais l’évolution plus modérée des salaires en 2026 « s’explique d’abord par une normalisation de la fréquence des accords. Au cours de la période inflationniste 2021-2023, de nombreux accords ont été signés : ainsi, au pic inflationniste, la proportion de branches ayant augmenté leurs minima au cours des 12 derniers mois était proche de 100 ». Une part qui a lentement diminué au fur et à mesure du reflux de l’inflation jusqu’à atteindre un niveau proche de celui observé en 2021 (de l’ordre de 65 %).
Conjoncture
Il faut dire qu’une partie des branches rencontre des difficultés pour parvenir à revaloriser leurs salaires minima de façon annuelle. Les auteurs expliquent qu’en fin d’année dernière l’inflation était « relativement faible » et ce alors que l’emploi connaissait un ralentissement dans le même temps. Pas de quoi favoriser la cause des hausses de salaires ou tout simplement de permettre d’arriver à un accord en ce sens, cette dernière raison expliquerait que les minima n’aient « pas progressé depuis au moins un an pour un peu plus d’un tiers des branches », à date du début d’année.
Quand bien même un accord est trouvé, la tendance est au ralentissement avec pour les différentes branches dans ce cas de figure, une hausse moyenne ralentissant « elle aussi début 2026 pour se situer à 1,5 % contre plus de 2 % l’année dernière ». Cette fois-ci à l’inflation relativement modérée, il faut ajouter une « progression nominale moins dynamique du Smic (+ 1,2 % en 2026 contre 2 % en 2025) qui a des effets d’entraînement sur les minima de branche ». Historiquement, plus un salaire est proche du SMIC et plus il a tendance à bénéficier d’une hausse dans le cadre des accords de branches et inversement plus il en est éloigné et moins il progresserait.
Même panier
Difficile de dire que selon le type d’accord les acteurs s’en tirent mieux, étant donné qu’en regardant au niveau des entreprises, ce sont la moitié des accords qui font des hausses inférieures à 1,5 %. Là où cette part est de l’ordre de deux tiers dans les branches. Les anticipations des chefs d’entreprises collectés trimestriellement par l’institut d’émission livrent un constat tout juste plus positif, les répondants y anticipant « une hausse des salaires de base proche de 1,7 % sur les 12 prochains mois (contre 2 % attendus début 2025) et la médiane de leurs réponses se situe à 1,5 %, confirmant le diagnostic sur lequel se sont fondés début 2026 les accords de salaire des entreprises pour l’ensemble de l’année ».
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