Sur les marchés / CAC 40
Sur les marchés
CAC 40
Les marchés se crispent après la démission de Sébastien Lecornu / Le CAC 40 recule, la dette française se tend
Tension sur les marchés. Alors que la Bourse de Paris avait amorcé la séance dans le calme, la démission inattendue de Sébastien Lecornu a provoqué une brusque rupture de tendance. Le CAC 40 a perdu jusqu’à 2 % dans la matinée avant de se stabiliser partiellement. À midi, l’indice parisien cédait encore 1,6 %, à 7 956 points, emporté par un mouvement de défiance. L’onde de choc s’étend aussi au marché obligataire souverain, où les tensions sur la dette française se ravivent.
Le spread entre les obligations d’État françaises et allemandes se creuse à 86 points de base, un sommet depuis le début de l’année. Le rendement des OAT à dix ans progresse de sept points de base, à 3,58 %, tandis que celui du Bund de même maturité s’élève de moins de deux points, à 2,72 %. La prime de risque exigée pour détenir de la dette française atteint ainsi son plus haut niveau de 2025.
L’annonce de l’Élysée a à peine pris le temps d’enregistrer le départ du Premier ministre : "Monsieur Sébastien Lecornu a remis la démission de son Gouvernement au Président de la République, qui l’a acceptée." Quelques mots pour clore un épisode politique éclair. Nommé le 9 septembre, démissionnaire le 6 octobre, Sébastien Lecornu aura dirigé le gouvernement durant vingt-sept jours, devenant ainsi le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République, voire de toute l’histoire contemporaine du pays.
Une instabilité institutionnelle qui fragilise de fait la signature souveraine et pousse les investisseurs à réclamer une rémunération plus élevée pour détenir la dette française.
À la Bourse de Paris, les valeurs bancaires, baromètres traditionnels de la confiance économique, figurent parmi les plus touchées. Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole reculent de 4 à 6 %, lestant lourdement l’indice parisien. Le mouvement traduit à la fois la fuite vers la sécurité - au profit des Bunds et du dollar - et la crainte d’un renchérissement durable du coût du crédit pour les acteurs français.
"Ce sont ces signaux, la panique parmi les banques, la fuite vers des actifs plus sûrs, la hausse du coût du crédit, qui attestent que ce n’est pas qu’un ajustement passager du marché. Ce mouvement s’apparente à une crise de confiance dans la capacité du pays à gouverner", analyse Fidel Martin, président d’Exoé, société indépendante de services de table de négociation.
Et de poursuivre : "Cette démission n’est pas un événement isolé. Le gouvernement Lecornu n’existait que depuis quelques semaines après la chute du gouvernement Bayrou, lui-même fragilisé. Par ce cycle perpétuel d’instabilité, l’exécutif perd toute lisibilité, et les investisseurs s’inquiètent." La volatilité du jour, loin d’être un simple accès de nervosité, révèle une inquiétude plus profonde : celle d’un pays dont le crédit politique s’effrite au même rythme que sa crédibilité financière.
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