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Le private equity a rebondi en 2024, mais reste vulnérable / Des vents contraires demeurent, et les levées de fonds reculent

En 2024, le marché du private equity a marqué un redressement significatif, avec une augmentation de 12 % du nombre total d’opérations et une hausse de 22 % en valeur des transactions. Malgré des conditions de financement plus favorables, plusieurs vents contraires ont cependant freiné la dynamique, notamment au second semestre, avec une baisse des levées de fonds et des difficultés pour les grandes opérations de retrait de la cote au second semestre.
Le marché mondial du private equity a augmenté de 22% en valeur en 2024 - Photo by Eric Audras / AltoPress / PhotoAlto via AFP
Le marché mondial du private equity a augmenté de 22% en valeur en 2024 - Photo by Eric Audras / AltoPress / PhotoAlto via AFP

Tandis que 2023 s’était révélée la pire année pour le private equity dans le monde depuis la crise de 2008-2009, 2024 a marqué un redressement significatif. La stabilisation salutaire observée au premier semestre a bel et bien donné place à un regain d’activité soutenu. Le secteur a connu une augmentation de 12 % du nombre total d’opérations et une hausse de 22 % en valeur des transactions, indique ainsi Pitchbook dans son premier aperçu annuel du capital-investissement mondial 2024.

La baisse des taux d’intérêt et le resserrement des spreads de crédit ont en effet contribué à réduire les coûts de financement, facilitant de ce fait le rapprochement des attentes de valorisation des acheteurs et des vendeurs.

Cependant, tout ne s’est pas parfaitement déroulé non plus, plusieurs vents contraires freinant cette dynamique. Notamment, le second semestre de l’année a été particulièrement mitigé pour les grandes opérations de retrait de la cote, réduite de moitié au second semestre. Car, d’une part "les négociateurs ont marqué une pause en raison des élections", expliquent Kyle Walters et Nicolas Moura, Analystes PitchBook PE. D’autre part, les marchés actions ont atteint de nouveaux sommets, étouffant tout rebond potentiel pour ce type d’opérations.

 

Seulement 531 fonds closés

 

Les chiffres sont éloquents : le nombre de "take-privates" annoncés aux États-Unis et en Europe est passé de 54 au premier semestre à 38 au second semestre 2024, soit une baisse de près de 30 %, avec une baisse de la valeur des transactions de 87,7 milliards de dollars à 59,3 milliards de dollars.

Plus généralement, bien que les taux d’intérêt aient effectivement diminué en 2024 grâce à un assouplissement monétaire significatif, notamment de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE), ils sont restés globalement élevés par rapport à la période de croissance exceptionnelle des années précédentes, qui avait conduit à l’apogée du marché du Private Equity en 2022.

Parallèlement, l’activité de sortie a également été en hausse l’an dernier, avec une augmentation de près de 20 % en valeur et de plus de 9 % en nombre de sorties par rapport à 2023, sachant que de nombreux fonds cherchent à se désengager de leurs participations acquises avant 2020, créant une pression à la hausse sur les transactions.

En revanche, le niveau des levées de fonds est resté en deçà de celui de l’année précédente, avec 476 milliards de dollars levés à travers 531 fonds closés, comparativement aux 594,7 milliards de dollars levés par 1 026 fonds en 2023. Le nombre de fonds ayant bouclé leur levée de fonds l’an dernier marque d’ailleurs un creux décennal.

 

Les mégafonds dominent en Europe

 

Par ailleurs, l’analyse des différents paramètres diffère quelque peu selon que l’on s’intéresse à l’Europe où à l’Amérique du Nord. L’année 2024 a marqué une forte reprise sur le Vieux Continent, où le marché a enregistré une augmentation de 33,6 % en valeur des transactions et de 18,2 % en nombre d’opérations par rapport à l’année précédente. Les sorties ont également progressé, avec une hausse de 4,7 % en valeur et de 18,2 % en nombre, bien qu’il y ait eu moins de 30 introductions en bourse soutenues par des fonds de private equity. Parmi les méga-sorties notables du quatrième trimestre, on peut citer la vente de l’aéroport de Copenhague au gouvernement danois et celle de 2i Rete Gas en Italie à Italgas.

En termes de levée de fonds, 2024 a été presque une année record pour le private equity en Europe, avec des montants de capitaux levés comparables aux années 2021 et 2023. Cependant, le nombre de nouveaux fonds clôturés a été le plus bas depuis 10 ans, reflétant la forte domination des mégafonds. "La seconde moitié de l’année a été plus calme que la première, avec des clôtures notables de grands fonds tels que Nordic Capital Evolution II, BlackFin Financial Services Fund IV et Forbion Growth Opportunities Fund III", note Nicolas Moura.

 

Bond des sorties aux Etats-Unis

 

Aux Etats-Unis, 2024 a également marqué un rebond notable pour le private equity, avec une augmentation de 15 % à 20 % des transactions en nombre et en valeur. L’activité cependant ralenti au quatrième trimestre, le pic de l’année ayant donc été atteint au troisième trimestre de l’année dernière. Particulièrement actives avant l’élection présidentielle américaine, les firmes de private equity ont marqué une pause autour de l’élection qui a pesé sur la fin de l’année.

En termes de sortie, si les États-Unis a connu une hausse saine de 16,5 % en nombre, l’augmentation en valeur a atteint 50,2 %, y compris 16 introductions en bourse. Cependant, après trois années d’activité robuste en matière de levée de fonds, la classe d’actifs a semblé atteindre un plateau. L’année s’est terminée avec 287,3 milliards de dollars de collecte. Si le montant devait finalement dépasser les 300 milliards de dollars une fois récupérées toutes les données, il resterait loin des 394,8 milliards de dollars de 2023, ce qui n’est pas très bon augure. "Nous considérons la levée de fonds comme un indicateur retardé", rappellent Kyle Walters et Garrett Hinds, analystes chez PitchBook, les deux experts anticipant ainsi "une diminution de l’activité dans les trimestres à venir".

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