Macro-économie / Taux / Cabinet Arc
Macro-économie / Taux
Cabinet Arc
Les entreprises françaises ne voient pas d’amélioration avant la présidentielle / Le manque de stabilité politique continue à se faire sentir
Un pessimisme dont la France a du mal à se séparer. Une fois de plus, les entreprises tricolores font part de leurs difficultés à se projeter dans un avenir radieux. Cette fois-ci c’est le Cabinet Arc et l’IFOP qui prennent le pouls des entreprises françaises, leur étude expliquant que pour 99 % des répondants, la situation des firmes ne s’est pas améliorée en un an. Ils sont même 82 % à considérer qu’elle s’est dégradée sur la période. Une mauvaise conjoncture qui n’a pas échappé à Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Économie et des Finances, habitué de la présentation de ce rapport depuis son passage à Bercy, lequel a largement profité de la tribune qui lui était offerte.
En moins de deux heures, il a évoqué successivement l’espoir qu’il plaçait dans la jeunesse tricolore, ses envies de réduction drastique des ministères ou encore son quotidien de chef d’entreprise. Sans pour autant renoncer à son optimisme, il redoute une forme de suicide européen et considère qu’il faut accepter que le Vieux continent soit devenu une économie de rattrapage. Ce qui impliquerait pour redresser l’ensemble des économies de recourir à une protection du marché et éventuellement d’obtenir des transferts de technologies chinoises.
L’explication d’une absence de reprise en France, elle, tient largement à un contexte économique dégradé qui freinerait les investissements. Une thèse reprise par 83 % des 500 entreprises interrogées et qui a rallié à elle près de 16 points supplémentaires lors des douze derniers mois. L’échéance présidentielle approche et pourtant la capacité d’un nouveau budget et d’une stabilité politique retrouvée à restaurer la confiance s’amenuise. Seuls 40 % sont de cet avis, contre 55 % l’an dernier.
Durable
Le mal semble profond, l’étude affirmant que « sur ce point, 2 entreprises sur 3 (63 %) ne croient pas non plus en l’impact de la nomination d’un nouvel exécutif en 2027, post-élections présidentielles. » Une mauvaise nouvelle supplémentaire se trouve être la temporalité qu’il faudrait avant de pouvoir effacer les effets des crises successives sur la santé financière des répondants, puisqu’ils n’étaient pas moins de 58 % - en hausse de 13 points en six mois – à la chiffrer entre 3 et 5 ans au minimum. De moins en moins de dirigeants - 41 % contre 51 % en avril – continuent à espérer un rétablissement sous un à deux ans. Un manque de confiance qui se retrouve également dans le rendement de l’OAT française à 10 ans, celui-ci ne voulant pas quitter les environs des 5 %.
Bruno Le Maire ne se montre pas optimiste à ce sujet, expliquant que l’on « atteindra les 7 % dans les semaines qui viennent, si rien n’est fait. » Il a largement fustigé à cette occasion les parlementaires qui ont ajouté près de 50 milliards d’euros de dépenses au budget par amendement. À ses yeux, la façon la plus simple de faire redescendre rapidement les taux consisterait à envoyer le message aux créanciers que la France n’est pas pilotée par des « dingues ». Revenant sur l’activité grandissante des hedge funds sur la dette française, il confie qu’il valait mieux « ne pas être dans leurs mâchoires, je les connais bien et ce ne sont pas des philanthropes. »
Immanquablement, les besoins en trésorerie illustrent la détérioration de la situation, puisqu’ils ne poussent pas moins de 83 % des entreprises à allonger les délais de paiement de leurs fournisseurs. Un serpent qui se mord la queue puisque pour 93 % des sociétés interrogées, les délais de paiement de leurs clients ne se sont pas améliorés. Pire pour 38 % d’entre elles (une hausse de 14 points en six mois), ils « se sont même dégradés par rapport à l’année dernière. » Le retard moyen de paiement atteint désormais 18,9 jours contre 17,3 un an auparavant.
Plébiscite
Les solutions existeraient pourtant, allant de la création d’une notation « délais de paiement » - approuvée par près de 7 entreprises sur 10 – à des évolutions sur les amendes de la DGCCRF. La proposition de les voir passer d’un montant maximal actuellement de 2 millions d’euros à 1 % du chiffre d’affaires mondial consolidé des sociétés sanctionnées est préconisée par près de 6 entreprises sur 10 (59 %). Denis Le Bossé, le président du Cabinet ARC, a commenté les résultats de l’étude, en expliquant que dans le contexte actuel « mieux connaître ses clients, apprécier leur solvabilité et prévenir les impayés deviennent des impératifs. » Ce qui le fait pencher en faveur d’outils tels que « la création d’une notation des délais de paiement ou des amendes de la DGCCRF proportionnelles aux résultats des sociétés sanctionnées, comme l’a proposé le sénateur Rietmann, [qui] contribuerait à rendre les pratiques plus visibles, à responsabiliser les acteurs économiques et à limiter les défaillances en cascade. »
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite



