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TF1 : le digital accélère, mais la publicité linéaire continue de décrocher / Le partenariat avec Netflix commence à contribuer

Le chiffre d’affaires digital du groupe de télévision accélère, porté notamment par le bon démarrage de son partenariat avec Netflix. Mais sans compenser le recul continu de la publicité linéaire. Dans un contexte de marché dégradé, Bouygues a annoncé enregistrer une dépréciation comptable de sa participation dans TF1, ramenée à 2 milliards d’euros, qui n’aura pas d’incidence sur sa trésorerie, tout en réaffirmant sa confiance à l’égard de la stratégie de sa filiale.
30/10/2026 - 16:30
TF1+. Crédits : site de TF1
TF1+. Crédits : site de TF1

La pression continue pesant sur la publicité linéaire a produit ses effets sur les revenus de TF1. Le leader de la télévision française a publié jeudi, après la clôture de la Bourse, ses résultats du troisième trimestre : son chiffre d’affaires, à 1,45 milliard d’euros sur neuf mois, a reculé de 9 % en données publiées et de 6,6 % à périmètre et taux de change constants. Un repli tenant essentiellement à celui du pôle Média du groupe, dont les revenus ont fléchi de 10,8 % sur un an (et de 8,2 % à périmètre constant), à 1,23 milliard d’euros, dans un contexte de marché publicitaire dégradé.

 

Des débuts prometteurs


Les tendances, au sein des revenus publicitaires, divergent. Ils ont reculé dans l’ensemble de 8,9 % au titre des neuf premiers mois de l’année, pour se fixer à un peu plus d’un milliard d’euros. Au-delà du recul structurel du marché de la publicité linéaire, accentué par l’instabilité du contexte géopolitique et national et certaines asymétries réglementaires, la Coupe du monde a aussi renforcé la concurrence - TF1 soulignant néanmoins que la régie publicitaire était parvenue à regagner des parts de marché dès la fin de l’évènement.

À l’inverse, ceux de TF1 +, sa plateforme de streaming, ont progressé de 19,2 % (à 160 millions d’euros sur neuf mois). Sur le seul troisième trimestre, cette croissance s’est accélérée à 20,5 %, grâce aux premières contributions du partenariat avec Netflix, qui devrait poursuivre sa montée en puissance au quatrième trimestre, indique TF1. Pour mémoire, le groupe français et le géant américain du streaming ont conclu un accord de distribution permettant aux abonnés de Netflix en France, depuis juin 2026, de regarder les chaînes du groupe et les contenus à la demande de TF1 + directement sur sa plateforme, dans le cadre de leur abonnement existant. « Près d’un abonné Netflix sur deux a regardé au moins un programme TF1 + depuis le lancement. Plusieurs programmes de TF1 se sont hissés dans le Top 10 de Netflix : Secret Story, Koh-Lanta All Stars, La Villa des cœurs brisés, La Cible et les matchs de l’équipe de France de football », indique TF1. Le chiffre d’affaires digital total, incluant les revenus publicitaires de TF1 +, de TF1info.fr, et de la télévision segmentée, ainsi que les revenus d’abonnement et du micro-paiement, progresse de 16,5 %, à 198 millions d’euros au titre des neuf premiers mois de 2026.

 

Au-dessus des attentes

 

La bonne surprise du troisième trimestre provient du résultat opérationnel courant des activités de TF1, ressorti à 33 millions d’euros, contre 21 millions d’euros attendus par le consensus. « Le coût de grille s’établit à 185 millions d’euros contre 196 millions d’euros attendus et 211 millions d’euros l’année dernière. Cette économie de 11 millions d’euros par rapport à notre attente explique ainsi l’essentiel de la bonne surprise sur l’EBITA », commente Oddo BHF. La marge des activités s’établit à 7,6 % à fin septembre. Bien qu’en recul de 4,4 points sur un an, elle est conforme à la feuille de route de la filiale du groupe Bouygues pour 2026.

Pour la fin d’année, TF1 entend poursuivre la montée en puissance de ses initiatives récemment lancées dans le digital. Le groupe rappelle également que son pôle Média pourra compter, au quatrième trimestre, sur la diffusion de franchises phares comme la Star Academy, fortement consommée en digital, sur des fictions premium ou encore sur son offre sportive. Quant à Studio TF1, son activité sera concentrée sur le second semestre, comme les années précédentes, notamment du fait du calendrier de livraisons de Studio TF1 America. Le groupe confirme également ses perspectives annuelles : une croissance soutenue à deux chiffres des revenus digitaux, ainsi qu’une politique de dividendes en croissance sur les prochaines années.

 

Des difficultés structurelles

 

Mais les difficultés structurelles du marché publicitaire linéaire ont également des répercussions dans les comptes de la maison mère de TF1. Au lendemain de la publication des résultats de sa filiale, vendredi, Bouygues a annoncé qu’il enregistrerait, dans le cadre de l’arrêté de ses comptes des neuf premiers mois de 2026 – qui seront publiés le 5 novembre –, une dépréciation comptable de 596 millions d’euros, correspondant à l’intégralité de l’écart d’acquisition relatif à sa participation dans le groupe audiovisuel.

Cette dépréciation ramènera la valeur comptable de TF1 dans les comptes consolidés de Bouygues à 2 milliards d’euros, soit 9,67 euros par action, contre 15,36 euros auparavant. Non déductible fiscalement, cette charge sera enregistrée en résultat non courant et viendra réduire le résultat net part du groupe du conglomérat, sans toutefois affecter son résultat opérationnel courant des activités. « Sans effet sur l’endettement net du groupe, elle n’entamera ni sa liquidité ni sa capacité d’investissement », précise Bouygues.

Cet ajustement de valeur comptable prend la suite de l’annonce par TF1 d’un quatrième trimestre consécutif de recul prononcé des revenus de publicité linéaire, explique Bouygues. Le déclin du marché, résultant de tendances structurelles qui s’observent aussi à l’échelle mondiale, se révèle plus rapide qu’anticipé, confronté à une évolution durable des usages et au déplacement des investissements publicitaires vers les plateformes numériques. Une tendance que Bouygues juge amplifiée par l’environnement macroéconomique et politique et l’absence d’amélioration à court terme en la matière, ainsi que par les asymétries réglementaires entre les chaînes de télévision et les plateformes. Pour autant, le conglomérat souligne que cette dépréciation « ne remet pas en cause le caractère stratégique de TF1 pour le groupe Bouygues ». Il réaffirme également sa confiance dans la capacité de sa filiale à poursuivre la transformation digitale de son modèle et à adapter son offre à l’évolution des usages des téléspectateurs comme des annonceurs.

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