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Le private equity a créé des emplois en France depuis 2010, réplique l'Afic
C'est un peu la réponse du berger à la bergère. L'Association Française des Investisseurs pour la Croissance (Afic), qui regroupe les fonds de private equity de l'Hexagone, a sorti ce matin ses statistiques sur les créations d'emplois des sociétés accompagnées par le capital investissement. Et elles sont bien plus positives que la dernière étude de la Warwick Business School sur l'impact des LBO en termes d'emplois en Grande-Bretagne (voir A lire aussi). En se fondant sur les données de 2889 sociétés, l'Afic relève que le private equity a été créateur net de 253.000 emplois en France entre 2010 et 2013, contre une destruction de 59.800 emplois pour les secteurs marchands français sur cette période. La masse salariale a ainsi crû de 1,6% entre 2012 et 2013, soit 36.097 salariés, alors qu'elle a reculé de 0,4% dans le pays.
Ceci est le résultat d'une surperformance des entreprises sponsorisées par le private equity, qui ont vu leurs chiffres d'affaires grimper de 20,7% sur quatre ans, alors que la croissance s'est limitée à 9% pour le reste du marché. Dans un contexte dégradé, où la croissance du PIB nominal de la France s'est contractée à 1,1%, les revenus des entreprises soutenues par des fonds, hors grandes entreprises cotées, ont progressé de 1,7% en 2013.
Les performances varient d'un segment à l'autre: la majorité des entreprises (57%) sont soutenues par le capital-développement, mais c'est bien le capital-transmission, soit l'équivalent des LBO, qui a permis la création de plus de 21 000 emplois, soit près de 60% de la croissance des effectifs l'an passé. Côté revenus, le capital-innovation connaît la plus grande transformation grâce à l'entrée de fonds au capital: le chiffre d'affaires y a progressé de 18,4% en moyenne l'an passé. Mais en volume, le capital développement et le LBO ont été les plus créateurs de richesses: + 2,8 milliards d'euros et +2,2 milliards d'euros respectivement.
Enfin, au plan sectoriel, les biens de consommation sont le secteur privilégié par les fonds, avec 19% des investissements, mais sont très peu créateurs d'emplois, avec une hausse de seulement 0,2% de la masse salariale. Les transports et services, l'industrie & chimie, et l'informatique & numérique ont concentré l'essentiel des embauches, avec plus de 33 000 emplois à eux trois. Au niveau du chiffre d'affaires, l'énergie, l'informatique & numérique et le médical-biotech ont été les plus boostés: +12,4%, +10% et +5,9% par le private equity, même si en volume, l'industrie et chimie, particulièrement capitalistique, passe devant, avec une hausse de 2,54 milliards d'euros (+2,4%) des revenus.
Pour Michel Chabanel, président de l'Afic, ces chiffres parlent d'eux-mêmes: "C'est la preuve de la résistance des entreprises qui disposent de ressources nécessaires en fonds propres et qui bénéficient de l'expertise et du support d'actionnaires professionnels du capital-investissement". Le représentant des lobbyistes du private equity en conclut: "On ne peut dès lors que regretter que trop peu de capitaux viennent irriguer la croissance des entreprises. On espère toutefois que les signaux positifs envoyés par le gouvernement français sur un début de l'orientation de l'épargne gérée par les caisses de retraite et l'assurance-vie vers l'investissement dans le non coté se traduise dans les faits". Evoqué depuis de nombreuses années, ce serpent de mer n'a pas encore vu le jour. Dans son combat en faveur de la libéralisation des entreprises, Emmanuel Macron osera-t-il s'attaquer à ce chantier?
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