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Le Trésor britannique aurait surestimé le coût du Brexit
Alors que les premières conséquences économiques du Brexit commencent à se faire sentir outre-Manche, et notamment le ralentissement de la consommation lié à la hausse de la livre, des chercheurs britanniques ont démontré que le coût du Brexit pour le pays avait néanmoins était surestimé. Dans un rapport publié par le think tank Policy Exchange et proche de l'ancien Premier ministre David Cameron, des économistes de l'université de Cambridge et d'Ulster ont estimé que l'OCDE, le FMI et même le Trésor anglais avaient été "bien trop pessimistes" sur les conséquences financières de la sortie du pays de l'UE.
Selon eux, le modèle économique sur lequel les différentes institutions ont basé leurs calculs est fondé sur une estimation des échanges commerciaux du Royaume-Uni avec l'Europe comprise dans un sens bien trop large. "Le modèle établi par le Trésor ne prend pas en compte le fait que toute les économies de l'UE ne sont pas équivalentes et que le Royaume-Uni est ainsi un pays bien plus important et bien plus résistant que certains petits Etats de l'UE, qui ont pourtant le même poids dans le modèle", explique ainsi Graham Gudgin, chercheur à Cambridge.
Selon les estimations des trois institutions, la sortie du Royaume-Uni aurait ainsi un impact allant de 2,5% à 9,5% du PIB si le pays ne parvenait pas à conserver avec l'UE les règles qui régissent l'OMC. Le Trésor britannique a de son côté estimé que les échanges de biens seraient 115% supérieurs à ceux qui subsisteront une fois le pays sorti de l'UE. Un chiffre beaucoup trop élevé selon les chercheurs de Cambridge, qui estiment donc que la différenciation des relations commerciales par Etat aurait permis d'avoir un chiffre plus précis et inférieur à celui proposé par le Trésor. Selon Graham Gudgin de Cambridge, le Brexit entraînerait plutôt une baisse des échanges commerciaux britanniques de l'ordre de 23%. Selon le chercheur, l'impact du Brexit sera certes négatif pour l'économie britannique, mais dans de moindres proportions.
Lors de la campagne sur le Brexit, le Trésor, qui s'était sans succès fait l'un des défenseurs du maintien du pays dans l'UE, avait ainsi affirmé que le coût de la sortie du pays serait de 4300 livres par famille sur quinze ans, soit l'équivalent de 6,2% du PIB britannique. Le rapport commandé par le chancelier de l'époque, George Osborne, avait suscité d'importantes critiques au moment de sa parution, et notamment dans le camp des "Brexiters", qui avaient dénoncé des chiffres volontairement pessimistes.
Un an plus tard, alors que le pays vient d'entamer les négociations avec l'UE pour sa sortie, il est encore très difficile d'anticiper quelle sera l'ampleur de l'impact économique du Brexit : car si la consommation commence à marquer le pas, la baisse de la devise a boosté la compétitivité des produits britanniques et les exportations du pays. L'avenir de la place financière de Londres, qui sera discuté dans les prochains mois, sera naturellement capital pour l'avenir économique du pays. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre a en tout cas exigé cet après-midi que les banques britanniques mobilisent 11,4 milliards de livres de capital supplémentaire d'ici fin 2018, afin de faire face aux risques liés au crédit à la consommation et au Brexit. Preuve que la banque des banques outre-Manche, n'est de son côté pas très confiante quant aux potentielles retombées économiques de la sortie...
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