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Private equity: les gérants obligés de mettre la main au portefeuille
L'étau se resserre autour des commissions prélevées par les fonds de private equity. Alors qu'ils font déjà l'objet d'une enquête de la SEC aux Etats-Unis pour déterminer leur niveau de transparence, les gérants sont désormais priés de modifier leurs politiques de fees par leurs investisseurs. Ainsi, une étude de Preqin menée entre juin et août après de 100 Limited Partners relève que 61% d'entre eux ont déjà renoncé à investir dans un véhicule de private equity en raison des conditions financières appliquées. Le principal sujet de mécontentement (39%) est celui des management fees, les commissions perçues sur des capitaux engagés mais pas encore investis et qui se chiffrent en général à 2% du montant du fonds. Pour 37% des sondés, les intérêts ne sont ainsi pas suffisamment ou pas du tout alignés entre investisseurs et gérants, et ils réclament davantage d'efforts de la part du private equity. D'autant que ce fameux "dry powder" a encore atteint des sommets, à 1 160 milliards de dollars au total à fin juillet, selon Preqin.
Cette tendance a déjà impacté les statistiques de levées au troisième trimestre, puisque les fonds n'ont collecté que 73 milliards de dollars globalement selon les données préliminaires de Preqin, soit une baisse de 49% sur trois mois et de 30% sur un an. Dans un contexte où la demande de nouveaux capitaux est forte, les Limited Partners ont déjà obtenu des concessions de la part des gérants. TPG Capital, Cinven, Permira ou encore BC Partners ont offert des avantages lors de leurs levées, que ce soient des décotes sur les montants levés, pour les premiers entrants ou encore des management fees en baisse.
Tout récemment, le mastodonte Blackstone, qui gère pas moins de 279 milliards de dollars, a par ailleurs accepté de renoncer à une partie de ses "monitoring fees", des frais de conseil qu'il prélève sur ses participations. Les parties s'accordaient souvent sur un montant annuel et une durée lors du rachat de la cible, et si elle était vendue ou mise en Bourse avant cela, elle devait accélérer ses paiements pour s'acquitter du tout. Une pratique contestable et néfaste pour la réputation des fonds, surtout ceux qui sont actuellement en levée. TPG Capital a ainsi déclaré qu'il imputerait ces frais sur les niveaux de management fees, et Apollo Global Management a indiqué qu'il partagerait 100% de ses fees avec ses Limited Partners désormais.
Mais de tels compromis ne seront parfois pas suffisants pour boucler des véhicules et de nombreux gérants réalisent qu'ils vont devoir mettre la main au portefeuille à l'avenir. Selon l'étude Investec Fund Finance General Partner Trends 2014, seuls 15% des 80 fonds interrogés pourront financer leur participation au prochain véhicule grâce à leur propre carried interest (plus-values perçues par les gérants sur les cessions des participations), tandis que plus de la moitié devront mettre au travail leurs deniers personnels et 22% vont même devoir demander de l'aide à leur employeur ou à des ressources extérieures. Les gérants du britannique TDR Capital ont ainsi apporté 10% du fonds de 2 milliards d'euros levé cette année, et les salariés de Bain Capital ont quant à eux apporté 11% du véhicule de 7,3 milliards de dollars closé en avril dernier. Le principal problème vient aujourd'hui des juniors, qui n'ont pas encore touché de carried interest et font face à la prudence des banques privées dans un environnement réglementaire difficile.
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