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Air Liquide gonflé à bloc après son acquisition américaine
Air Liquide voit loin. Benoît Potier, le patron de l’entreprise de gaz industriels et médicaux en a témoigné en détaillant sa stratégie et ses perspectives d’ici à 2020. « Le Groupe a pris une nouvelle dimension à la suite de l’acquisition d’Airgas et entre ainsi dans une nouvelle phase de son développement. Notre stratégie pour une croissance rentable dans la durée est celle d’une transformation centrée sur le client », a-t-il notamment martelé ce matin lors d’une présentation aux journalistes et investisseurs. « Nous sommes bien positionnés pour être performants dans différents types d’environnements économiques et tirer parti des tendances de fond et de long terme que sont la transition énergétique et environnementale, l’évolution du monde de la santé et la transformation numérique », a-t-il ajouté.
Il faut dire qu’avec l’acquisition d’Airgas aux Etats-Unis, finalisée en mai dernier, le groupe a changé de dimension avec une taille de ses ventes Gaz & Services augmentée de 30 %. De même, a-t-il renforcé son leadership mondial en équilibrant ses positions européenne et américaine. L’acquisition d’Airgas positionne Air Liquide de façon optimale aux Etats-Unis, le plus grand marché mondial des gaz industriels qui est aussi en pointe en matière d’innovation et de numérique. Grâce à son réseau de distribution multi-canal, Airgas bénéficie d’une grande proximité avec ses clients.
Du coup, la société a forgé des anticipations chiffrées assez précises. Elle prévoit ainsi, dans le cadre de son programme NEOS pour la période 2016-2020, une croissance de son chiffre d’affaires en moyenne annualisée de 6 à 8 %. Le groupe entend également générer des gains d’efficacité récurrents de plus de 300 millions d’euros en moyenne par an, auxquels s’ajoutent les synergies d’Airgas d’un montant total supérieur à 300 millions de dollars. Il vise une rentabilité des capitaux employés (ROCE) supérieure à 10 % dans 5 à 6 ans. Enfin, le maintien de sa notation S&P dans la catégorie ‘A’ reste une priorité.
Les investisseurs sont-ils plus préoccupés par les effets collatéraux du Brexit que par les éléments fondamentaux des entreprises ? Toujours est-il que ces arguments ne les ont pas vraiment enchantés, la valeur cédant près de 3% ce jour à la Bourse de Paris. Elle lâche ainsi 12% depuis le début de l’année et 18% sur un an, malgré la très belle acquisition américaine.
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