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exclusif Série de fin d'année : Les plus grands noms de l'économie se livrent sur WanSquare (2)

EXCLUSIF. Pour ce deuxième volet de notre série de fin d'année, se livrent aussi bien des patrons de grandes entreprises comme Jean-Laurent Bonnafé, Antoine Frérot ou Augustin de Romanet que de sociétés moyennes ou des dirigeants d'organisations professionnelles, de régulation et de grands noms de la finance nationale et internationale.
Marie-Anne Barbat-Layani
Marie-Anne Barbat-Layani

Les deux questions :

1/ Quel est l'événement qui vous a le plus surpris en 2015 ? (hors attentats)

2/ Comment voyez-vous 2016 ?

Marie-Anne Barbat-Layani, Directrice Générale de la Fédération bancaire française

1/L'adoption au Conseil européen en juin 2015 d'un projet de séparation des banques créant de nouvelles contraintes sur les activités de marché applicables aux seules grandes banques européennes et notamment françaises. Les banques britanniques et extra-européennes bénéficient de dérogations et d'exemptions. Ce désarmement unilatéral est incompréhensible, à l'heure où l'Europe veut développer les financements de marchés avec le grand projet d'Union des marchés de capitaux. Va-t-on vers une Europe financière sans acteurs européens ? Il appartient maintenant au Parlement européen de s'élever contre cette erreur stratégique pour l'Europe.

2/En 2016, nous souhaitons que l'on remette le financement de l'économie au centre des préoccupations des régulateurs bancaires. Les leçons de la crise ont été comprises, l'agenda de sécurité financière est plus que rempli : les banques doivent maintenant pouvoir se consacrer au service de leurs clients et du défi numérique.

Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas

1/L'année 2015 a été marquée par l'exacerbation des tensions géopolitiques. En fin d'année, la COP 21 a néanmoins démontré la capacité de 196 nations à coopérer en faveur du climat.

2/Pour 2016, l'Europe trouvera davantage de répit dans une croissance qui s'affirmera, marquée par un niveau d'investissement supérieur et un redémarrage de l'emploi. Ce pourrait être le signal pour engager une réflexion collective autour d'un projet européen renouvelé !

Mathieu Chabran, cofondateur et managing director chez Tikehau Capital 

1/Ce qui m’a frappé en 2015, c’est la déconnexion continue des valorisations Tech, lors des tours de financements privés. Faut-il rappeler que la licorne est un animal imaginaire...?

2/2016 sera l’année du nouveau paradigme, avec des taux à zéro, un pétrole à zéro, des spreads de Crédit à zéro… Et pourtant une croissance zéro ?

Antoine Frérot, président directeur général de Veolia Environnement

1/L'effondrement, à ce point, du prix du pétrole, qui risque de bousculer significativement la géo-économie et la géopolitique, s’il dure.

2/Je pense que les tendances des dix dernières années vont plus encore être remises en cause. Les principaux pôles de développement économique du monde, les principaux axes de collaborations internationales, la légitimité et l'efficacité des modèles et organisations qui représentent les aspirations, les identités et les citoyennetés collectives des populations continueront à être remis en question.

Paul Jackson, managing director chez Source et responsable de la recherche

1/J’ai été très surpris par la façon négative dont les marchés ont digéré la baisse du baril de pétrole. Car il y a aussi des aspects positifs liés à chute des coûts de l’énergie. Toute l’affaire de la FIFA et le fait que les gouvernements aient enfin décidé de réagir après des années de corruption m’a également beaucoup étonné.

2/Le prix des matières premières devrait continuer de baisser l’an prochain, nous n’avons pas encore touché de point bas, et le baril pourrait atteindre 30 dollars fin 2016 après avoir touché les 20 dollar en milieu d’année. Avant que ce cycle de repricing soit terminé il faudra attendre un bout de temps.

Evariste Lefeuvre, chef économiste chez Natixis 

1/La principale surprise a été la décision chinoise de déprécier sa monnaie et la peur-panique de la Fed face à la hausse du dollar2/C'est une année de divergences tant en termes de positionnement cyclique que d'orientation des politiques monétaires. L'écartement des taux et les arbitrages régionaux vont s'accentuer. Le dollar pourrait ne pas s'apprécier autant que généralement attendu cependant.

Ludovic Le Moan, co fondateur et P-dg de Sigfox 

1/C’est la mobilisation de plus en plus forte des start-ups française pour démontrer qu’elles peuvent devenir des licornes!

2/Que l’Internet des objets soutienne notre dynamisme national !

Sophie de Menthon, Présidente du Mouvement ETHIC et membre du Conseil Economique, Social et Environnemental

1/ La surprise en 2015 fut clairement la Loi Macron :1) parce qu'elle signifiait l'inflexion du Gouvernement qui semblait avoir compris un peu mieux l'économie de marché ; 2) parce que l'émergence d'un Ministre charismatique a fait consensus (sauf dans le monde politique) ; 3) parce qu’en revanche les tergiversations autour de la Loi Macron ont été stupéfiantes en terme de résistance au changement 4) enfin, les bénéfices escomptés ont été étouffés par de nouveaux prélèvements et contraintes.

2/ Hélas, je vois 2016 comme un mauvais remake de 2015 : une nouvelle Loi Macron pour occuper les entrepreneurs, un pacte de stabilité qu'on a fait sauter comme un bouchon de champagne au profit de la sécurité donc une dette de l'Etat croissante. Les Français de plus en plus irrités par leur classe politique, au bord de la crise de nerf flirtant avec le Front National dont le programme économique rejoint celui de l'extrême gauche... à suivre !

Augustin de Romanet, président directeur général d’ADP

1 /En dépit de la baisse des coûts de l'énergie et avec un abaissement historique des conditions de financement (taux directeur de la Banque Centrale Européenne de 0,05% depuis septembre 2014), l'investissement en zone euro est resté atone. L'investissement a été quasiment nul aux deuxième et troisième trimestres. La question de l’incapacité de l’Europe à susciter le désir d’investir des entrepreneurs est posée. La troisième puissance économique mondiale ne peut s'enfermer dans un tel malthusianisme qui obère la croissance de demain.

2/ Je crains que 2016 ne soit pas suffisamment dynamique pour faire oublier 2015. Si cette année ne sera sans doute pas celle d'une nouvelle crise émanant de la Fed, contrairement à ce que certains peuvent annoncer, s'inscrire dans la continuité ne suscite guère d'enthousiasme. La morosité sourd parce qu'un grand nombre de problèmes ne sont pas réglés. De la crise de 2007, peu de décisions ont résulté. L'augmentation des bilans des banques centrales n'a fait que stimuler les déséquilibres locaux alors même que la gouvernance mondiale, hormis peut-être sur le climat, reste pusillanime en matière de lutte contre le terrorisme, de coordination des fiscalités ou de gestion des drames migratoires.

Henri Seydoux, P-dg fondateur de Parrot

1/La très bonne tenue des US et le ralentissement partout ailleurs. L’innovation et la technologie continuent de tirer vers l’avant l’économie américaine.

2/Pour Parrot une année exceptionnelle s’ouvre devant nous. Nous avons réalisé une des plus grandes levées de fonds pour une boîte de techno en France et nous nous déployons à grande échelle dans le marché des drones.

Gregori Volokhine, président et CCO de Meeschaert Capital Markets

1/A force de jouer la montre, la Fed va hausser les taux trop tardivement, à un moment où les forces déflationnistes augmentent, avec une chute des prix de l’énergie, et où les conditions de crédit se détériorent, puisqu’on assiste à un effondrement des dettes high yield. On s’attendait à une forte diminution de la production de pétrole aux US, suite à l’effondrement des cours. Or, les producteurs continuent à inonder le marché, ayant besoin de cash pour faire face au remboursement de leur dette.

2/Après 6 ans de croissance, les investisseurs commenceront à anticiper une récession pour 2017, à un moment où la Fed n’aura pas les munitions nécessaires pour les sauver, a moins d’un QE 4….Le discours politique aura une influence néfaste sur les marchés. En s’en prenant au secteur pharmaceutique, à Wall Street et à l’immigration, les candidats à la présidence des US risquent de provoquer un climat anti investissement.

Richard Yung, sénateur PS, vice-président de la commission des Finances et de la commission des Affaires européennes

1/Le blocage de toutes les initiatives européennes alors même que la solution à nos problèmes ne peut être que commune. Sans coopération accrue entre les États membres, notre situation économique ne peut pas s’améliorer.

2/Une année marquée, en France, par un fort niveau d’innovation et la création d’un nombre important de start up. En se lançant sur des marchés de petites tailles mais prometteurs, ces nouvelles entreprises prennent des risques et sont extrêmement dynamiques. On en recense déjà plus de 12 000 rien qu’en région parisienne, soit plus qu’à Londres par exemple, et ce n’est qu’un début puisque tout est fait pour favoriser leur implantation et leur croissance. Ce sont sur elles qu’il faut miser !

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