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Macro-économie / Taux

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France : le Haut conseil des finances publiques met en doute la cible de déficit de 2026 / Le coût des obligations indexées sur l’inflation sème le trouble

Dans le projet de loi de finances de fin de gestion pour 2026, l’exécutif indique prévoir, comme au sein du projet de loi de finances pour 2027, un déficit public de 5,4 % du PIB pour cette année. Le Haut conseil des finances publiques pointe que cette prévision est « fragilisée par les évolutions récentes et les dernières informations ». La charge d’intérêts liée aux obligations indexées sur l’inflation surprend à la hausse.
04/11/2026 - 14:00
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par SIMON WOHLFAHRT / AFP
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par SIMON WOHLFAHRT / AFP

Déjà dégradée, la prévision de déficit public pour 2026 du gouvernement pourrait être encore optimiste. Alors que la loi de finances pour cette année anticipait un déficit public représentant 5 % du Produit intérieur brut (PIB), cette prévision a été révisée à la hausse par l’exécutif, à 5,4 %, lorsqu’il avait dévoilé le projet de loi de finances (PLF) pour 2027.

Le projet de loi de finances de fin de gestion (PLFG) pour 2026 qui a été présenté aujourd’hui en Conseil des ministres a retenu cette même cible (en valeur absolue, le déficit a été ajusté à la hausse de 1,1 milliard d’euros) ce qui laisse circonspect le Haut conseil des finances publiques (HCFP).

Étonnamment, l’instance ne semble pas inquiète à propos du comportement des recettes, ce à quoi l’on aurait pu s’attendre étant donné que la croissance française a déçu au troisième trimestre (le gouvernement ne disposait pas du chiffre au moment de la conception du PLFG). « Malgré les évolutions économiques récentes, le Haut Conseil estime, au regard notamment des dernières remontées comptables, que cette prévision reste dans l’ensemble plausible », peut-on lire dans l’avis publié par l’organisme.

Toutefois, « elle demeure soumise aux incertitudes usuelles à ce stade de l’année et qui portent notamment sur le rendement de l’impôt sur les sociétés », indique le HCFP. « Des risques plus spécifiques existent, comme sur le rendement du gel des allègements généraux ou le prélèvement sur l’excédent de la CNIEG [Caisse nationale des industries électriques et gazières, ndlr], qui est conditionné à l’adoption du PLFSS pour 2027 avant la fin de l’année », ajoute-t-il.

C’est du côté des dépenses que la cible de déficit public peut être interrogée. Par rapport au PLF 2027, le gouvernement les a révisées à la hausse, entre autres, à cause des retombées du surplus d’inflation observée par rapport à ce qui avait été escompté. Or, celle-ci pèse directement sur les intérêts que l’Etat doit assumer au titre des obligations indexées sur les prix à la consommation.

Le problème est que "compte tenu des estimations provisoires d’inflation en octobre, le surcroît de paiements d’intérêts sur les obligations indexées est sous-estimé d’environ 0,7 milliard d’euros", écrit le HCFP. De sorte que, "si les cibles directement pilotées par l’État devraient être peu ou prou tenues, la prévision actualisée pour l’ensemble de la dépense est déjà fragilisée", pointe-t-il. D’autre part, "des aléas sont identifiés sur les dépenses des collectivités, et dans une moindre mesure sur d’autres postes comme les dépenses de santé et de chômage".

Tant et si bien que tout bien compté, les aléas entourant la cible de déficit public pour 2026 "sont globalement défavorables, même si l’incertitude usuelle sur l’atterrissage du solde public demeure".

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