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Macro-économie / Taux

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L’économie française dans la vase / Les ambitions de l’exécutif gravement menacées

Comme au premier trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) de la France s’est contracté cet été, ce qui rend la prévision du gouvernement pour 2026, et donc pour 2027, de plus en plus inatteignable.
30/10/2026 - 10:30
POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
POOL / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Contre-performance pour l’économie française au troisième trimestre. Le Produit intérieur brut (PIB) en volume de l’Hexagone a reculé de 0,1 % entre juillet et septembre, d’après les données publiées par l’Insee. Cela fait suite à une stabilisation de son niveau au deuxième trimestre et une baisse de 0,2 % entre janvier et mars. « En 2026, l’économie française est à l’arrêt », a reconnu Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, lors d’une interview accordée à franceinfo.

De sorte que l’acquis de croissance à l’issue du troisième trimestre, soit la hausse du PIB qui serait enregistrée sur l’ensemble de l’année 2026 s’il stagnait au quatrième trimestre, s’élève à 0,2 %. Pour mémoire, la prévision de croissance du gouvernement intégrée au projet de loi de finances (PLF) pour 2027 mise sur une augmentation de 0,5 % du PIB cette année. Pour l’atteindre, cela suppose qu’il progresse de 0,9 % au dernier trimestre. Quant à 2027, l’acquis de croissance s’établit à -0,1 % (croissance en 2027 en cas de stagnation du PIB au quatrième trimestre 2026 puis au cours des quatre trimestres de 2027) tandis que l’exécutif mise sur une progression de 1 % du PIB.

Cet été, pour le troisième trimestre consécutif, la croissance a été négativement affectée par l’investissement (-0,6 %) dans l’ensemble de ses composantes. En effet, la formation brute de capital fixe (FBCF) des administrations publiques a baissé de 0,3 % tandis que celle des entreprises non-financières (ENF) a diminué de 0,4 % quand la FBCF des ménages a chuté de 1,3 %.

« Ce recul de l’investissement s’explique notamment par la baisse de l’investissement dans la construction, qui se poursuit, mais également dans les biens manufacturés ainsi que dans les services juridiques et immobiliers. Pour ce dernier point, cela s’explique par la baisse des ventes dans l’ancien », a expliqué Marie Leclair, cheffe du département des comptes nationaux de l'Insee, à l’occasion d’un point presse. C’est la branche des matériels de transport qui contribue – de loin – le plus au recul (- 0,5 point) de la FBCF de l’ensemble des secteurs institutionnels, s’étant contractée de 7 % sur le trimestre. L’Insee y voit le « contrecoup de la livraison d’un voilier de croisière au trimestre précédent et d’une baisse dans l’investissement des flottes d’entreprises ».

Alors qu'en cumulé, le PIB de la France a diminué de 0,3 % durant les trois premiers trimestres de l’année, il n’est pas possible de parler de récession technique, celle-ci signifiant une contraction de l’activité lors de deux trimestres consécutifs.

Pour autant, en vue de qualifier une récession, les économistes essaient souvent d’aller au-delà de cette définition sommaire qui ne dit pas grand-chose des fondamentaux. Alors qu’aux États-Unis, c’est le rôle du NBER d’établir le début et la fin d’une récession américaine, compte tenu d’un vaste panel d’indicateurs, l’Association française de sciences économiques (AFSE) a mis sur pied le Comité de datation des cycles de l’économie française (CDCEF) en octobre 2020.

Composé de neuf économistes, dont Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, et Eric Heyer, directeur du département « Analyse et Prévision » de l’OFCE, que nous dit-il ce matin ? « Les données disponibles à ce jour ne permettent pas de caractériser une récession de l’économie française sur les trois premiers trimestres de 2026 », peut-on lire dans un communiqué de l’instance, qui fonde son diagnostic sur « une appréciation conjointe de trois dimensions : la durée, l’amplitude et la diffusion du recul de l’activité économique ».

Le CDCEF rappelle qu’en cumulé "la contraction de l’activité avait atteint environ 3 % lors de la récession consécutive au premier choc pétrolier de 1973 et 4 % lors de la crise financière de 2007-2008".

D’autre part, "parmi les variables considérées par le comité dans l’évaluation des récessions, l’emploi total est stable à un niveau très élevé (30,5 millions), l’investissement des entreprises non financières évolue sur un plateau depuis le T3 2023 et le taux d’utilisation des capacités de production demeure stable autour de 81 %. Seules les heures travaillées enregistrent une légère baisse de -0,6 % depuis le pic du T3 2024", souligne-t-il.

Enfin, la faiblesse de l’activité française au premier semestre 2026 "s’explique en partie par des effets sectoriels, notamment par un recul important de la valeur ajoutée agricole consécutif à la sécheresse exceptionnelle de l’été", fait valoir le Comité. De sorte que, "ce choc sectoriel contribue à expliquer le ralentissement observé, sans pour autant témoigner, à lui seul, d’une contraction suffisamment diffuse de l’activité pour caractériser une récession".

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