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Belgrano / Chargeurs / Compagnie Chargeurs Invest
Belgrano, le nouveau visage de Chargeurs / Place à l’exécution et au cash-flow
La mue de Chargeurs devait trouver son aboutissement dans un nouveau nom. Ce sera Belgrano, celui du premier navire de la Compagnie des Chargeurs Réunis. Sous réserve du feu vert de la prochaine assemblée générale, Compagnie Chargeurs Invest abandonnera ainsi une dénomination encore chargée de son passé industriel pour retrouver des racines bien plus anciennes. En 1872, le Belgrano avait inauguré la liaison commerciale entre Le Havre et Buenos Aires, lançant l’aventure internationale de la compagnie. Le groupe veut désormais faire de ce nom le symbole de son nouveau positionnement : « Architect of Rarity ».
Le changement avait été annoncé en juillet, mais la nouvelle identité restait encore à découvrir. Michaël Fribourg expliquait à WanSquare vouloir « fermer un chapitre qui était le chapitre du Chargeurs des restructurations industrielles ». Depuis son arrivée à la tête de l'entreprise en 2015, le portefeuille a été profondément recomposé, avec notamment la construction de Museum Studio et la montée en puissance des métiers du luxe. Cette transformation s’est encore accélérée en 2026 avec la cession du contrôle de Novacel et l’acquisition d’Harwanne Capital Management dans la gestion d’actifs.
Dix ans de transformation
Belgrano « concrétise notre repositionnement stratégique vers l’économie de la rareté et le nouveau luxe », souligne Michaël Fribourg. Un positionnement structuré autour de quatre pôles : Culture & Education, Luxury & Heritage, Sciences & Systems et Premium Capital. S’ouvre désormais une nouvelle séquence. « L'ère des investissements structurants laisse désormais place à une phase d’exécution opérationnelle, de monétisation de nos actifs et de création de valeur soutenue pour nos actionnaires », poursuit le dirigeant. Objectif : faire passer l’actif net réévalué de 556 millions d’euros aujourd’hui à plus d’un milliard d’ici 2031.
L’effet Novacel
Les comptes du premier semestre portent encore la trace de cette transition. Le chiffre d’affaires des activités poursuivies s’établit à 188,7 millions d’euros, en baisse de près de 12 % en organique, tandis que l’Ebitda recule de 18 %, à 13,9 millions. Le résultat net part du groupe redevient positif, à 24 millions d’euros, contre une perte de 8,3 millions un an plus tôt. Mais ce rebond tient largement aux activités non poursuivies, qui intègrent notamment une plus-value de 51,2 millions d’euros sur la cession de Novacel.
Au-delà de cet effet Novacel, les analystes d’Oddo BHF jugent les résultats « proches de [leurs] attentes », tout en relevant que le semestre reste fortement affecté par le calendrier des projets de Museum Studio, la branche culturelle du groupe. Son chiffre d’affaires chute de près de 40 %, à 49,7 millions d’euros, plusieurs grands contrats étant encore dans leurs premières phases de conseil, de design et d’ingénierie, moins génératrices de revenus que leur construction. Ces phases sont en revanche mieux margées : Museum Studio affiche une marge opérationnelle de 12,7 %, contre 11,2 % un an auparavant, et conserve un carnet de commandes proche de 300 millions d’euros.
Luxury Fibers prend de la vitesse
Ailleurs, la dynamique est plus nettement orientée à la hausse. Luxury Fibers, dans les fibres naturelles haut de gamme, progresse de près de 12 % en organique sur le semestre et accélère fortement au deuxième trimestre. Personal Goods, qui regroupe les maisons d’accessoires du groupe, gagne près de 26 %, tandis que Senfa Cilander, dans les textiles techniques, avance de près de 13 %. Chargeurs PCC, fournisseur de textiles pour la mode et le luxe, renoue de son côté avec la croissance au deuxième trimestre, malgré un marché du luxe encore atone en Europe. Pour Oddo BHF, le mix du groupe doit ainsi continuer à se déplacer vers les produits et services à plus forte valeur ajoutée, notamment avec le rebond attendu de Museum Studio et l’intégration d’Harwanne Capital Management, la société de gestion acquise cet été.
Le cash-flow en ligne de mire
Ce recentrage a aussi sensiblement allégé le bilan. La dette nette a été ramenée à 146 millions d’euros fin juin, contre 277,5 millions fin décembre, tandis que les capitaux propres sont remontés à 285 millions. Le groupe place désormais la génération de trésorerie au cœur de la nouvelle phase qui s’ouvre. « Nous sommes parfaitement en ordre de marche pour maximiser la génération de cash-flow », affirme Michaël Fribourg.
Reste à convertir cette nouvelle donne en performances. Le groupe prévoit une accélération de sa trajectoire entre le second semestre 2026 et le premier semestre 2027. Il vise dès 2027 un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros et un Ebitda de 50 millions, puis respectivement 750 millions et 100 millions à cinq ans.
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