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Start-up / Private Equity / Antin Infrastructure Partners / Alain Rauscher

Start-up / Private Equity
Antin Infrastructure Partners / Alain Rauscher

Antin retrouve du souffle sur les distributions / 2,1 milliards d’euros supplémentaires à rendre aux LPs

Les cessions de Sølvtrans et d’Idex doivent permettre à Antin de rendre environ 2,1 milliards d’euros supplémentaires à ses LPs. Un retour de liquidité salutaire alors que le gestionnaire prépare ses prochains millésimes.
Alain Rauscher, président-directeur général d’Antin Infrastructure Partners.
Alain Rauscher, président-directeur général d’Antin Infrastructure Partners.

Le fait qui donne déjà tout son relief à l’année 2026 d’Antin Infrastructure Partners s’est joué pendant l’été. Le gestionnaire d’infrastructures, qui publiait mercredi ses comptes à mi-année, y a signé deux opérations majeures. « Le début d’une nouvelle phase de distribution pour plusieurs de nos fonds », a souligné mercredi Alain Rauscher, président et directeur général d’Antin, lors de la conférence avec les analystes.

Le 29 juillet, le fonds Flagship III a cédé environ 30 % de Sølvtrans, premier opérateur mondial de navires viviers pour l’aquaculture, à GLIL Infrastructure. Début août, Flagship III et Fund III-B sont entrés en négociations exclusives pour la cession d’Idex, plateforme européenne d’infrastructures énergétiques, à l’Infrastructure Investments Fund géré par J.P. Morgan. Deux opérations signées à un multiple brut d’au moins 2 fois le capital investi.


Le temps des distributions


L’effet sur la liquidité rendue aux clients sera considérable. Antin a distribué environ 600 millions d’euros à ses investisseurs sur les douze derniers mois. Le bouclage des deux opérations doit y ajouter quelque 2,1 milliards, à comparer aux 10,8 milliards distribués depuis l’origine. « Nous aurons retourné plus de 90 % du capital investi à nos investisseurs, avec plus d’un tiers du portefeuille encore à réaliser », a indiqué Alain Rauscher à propos du millésime 2016.

Ce déblocage n’efface pas les difficultés de cette génération de fonds. « Le rythme des sorties est plus lent que prévu », a reconnu Antin devant les analystes. Les multiples bruts de Flagship III et de Fund III-B ont chacun reculé de 0,2 fois au premier semestre, à respectivement 1,7 et 1,4 fois, dans un environnement de fusions-acquisitions complexe et sous l’effet de difficultés propres à certains actifs. Fund III-B est désormais classé « below plan », soit une attente de multiple final inférieure à 1,7 fois. « Ces fonds ne sont pas encore complètement réalisés et il est donc encore trop tôt pour tirer des conclusions sur les résultats finaux », nuance le groupe.


Le nerf du prochain cycle


Le lien avec la collecte est direct. « Le DPI est particulièrement important pour les investisseurs des fonds aujourd’hui », rappelle Alain Rauscher. Avec des taux plus élevés, davantage d’incertitude et des sorties plus lentes, les LPs ont récupéré moins de capital à réengager dans de nouveaux millésimes. « La seule chose que nous contrôlons en tant que GP, c’est combien d’argent nous rendons aux LPs », résume le dirigeant.

L’enjeu est d’autant plus immédiat qu’Antin a déjà ouvert un nouveau cycle de levées. Mid Cap II a été lancé au premier semestre et doit entrer effectivement en phase d’investissement au quatrième trimestre, avec la signature de sa première opération. Pour Flagship VI, le groupe ne se fixe pas encore de calendrier précis. « Le Fonds VI n’est pas là aujourd’hui », a rappelé Alain Rauscher aux analystes. « Nous faisons les choses une à la fois. » Le dirigeant résume les deux conditions de la prochaine collecte : « Premièrement, la performance. Deuxièmement, le DPI, le retour de capitaux aux LPs : s’ils sont satisfaits, ils peuvent engager davantage de capitaux. »


L’arbitrage entre vitesse et valeur


Antin ne veut toutefois pas forcer les cessions. « Nous sommes très prudents, peut-être trop prudents », assume Alain Rauscher. Le gestionnaire préfère patienter lorsque les conditions de marché ne permettent pas de maximiser la valeur pour ses investisseurs. La cession partielle de Sølvtrans illustre ce compromis : restituer du capital sans sortir totalement de l’actif.

La performance des portefeuilles constitue l’autre argument à faire valoir auprès des LPs. Sur douze mois, les principaux fonds en phase de création de valeur affichent une performance proche ou supérieure à 15 %. Antin a parallèlement maintenu un rythme soutenu d’investissement, avec 2,5 milliards d’euros déployés sur les douze derniers mois.

La transition entre deux cycles se lit néanmoins dans les comptes semestriels. Le passage de Mid Cap I en période post-investissement a fait reculer les encours générateurs de commissions de 2,9 %, à 21,2 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires sous-jacent baisse de 4,5 %, à 138,5 millions d’euros, et l’EBITDA de 12,3 %, à 69,9 millions, avec une marge qui reste à 50 %. Le décalage de l’activation de Mid Cap II au quatrième trimestre conduit désormais Antin à prévoir pour 2026 un EBITDA légèrement inférieur à celui de 2025.

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