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Le private equity français reste privé de sorties / Des cessions cantonnées au mid-market

Le marché français du private equity s’est redressé au deuxième trimestre, mais l’amélioration reste incomplète. Faute de mégasorties, les cessions demeurent cantonnées au mid-market et la collecte reste sous pression.
(Photo by NICK VEASEY/SCIENCE PHOTO LIBRAR / NVY / Science Photo Library via AFP)
(Photo by NICK VEASEY/SCIENCE PHOTO LIBRAR / NVY / Science Photo Library via AFP)

Le sursaut des cessions observé dans le private equity européen au deuxième trimestre s'est arrêté aux frontières françaises. Début juillet, PitchBook décrivait à l'échelle du continent un marché à deux vitesses, où des fonds toujours prompts à investir ne parvenaient plus à céder au même rythme : près de trois acquisitions pour une sortie, et un embouteillage de liquidité qui pesait sur la collecte. L'amélioration en valeur reposait en réalité sur une poignée de mégasorties, sans véritable réouverture du marché. Publié un peu plus tard dans le mois, l'état des lieux trimestriel consacré à la France par le même fournisseur de données montre un marché qui épouse ce schéma sans avoir bénéficié, côté sorties, des quelques mégadeals qui ont soutenu les chiffres européens.

 

Un rebond tiré par les LBO

 

L'appétit d'achat est bien là, mais mesuré. « L'activité d'investissement en private equity a elle aussi rebondi au deuxième trimestre, mais dans une moindre mesure que dans d'autres pays européens », relève PitchBook dans son dernier France Market Snapshot Q2 2026, consacré à l'état des marchés de financement et d'investissement en France. Quelque 14,2 milliards d'euros ont été investis sur la période, portés par un regain des LBO et par la reprise à Forvia de son activité Intérieurs par Apollo, pour 1,8 milliard d'euros. Mais avec 247 opérations recensées, l'activité reste loin des niveaux observés avant 2023. Le rebond tient aussi à des opérations plus importantes : la valeur médiane des LBO français atteint 100 millions d'euros en 2026, contre 63 millions en 2025 et 30,5 millions en 2024. Autrement dit, les montants investis se redressent plus vite que le nombre de transactions.

Ce carve-out a aussi fait remonter à 4,1 milliards d'euros la valeur des opérations associant des investisseurs américains. Mais leur poids dans le marché français reste structurellement plus faible que chez ses principaux voisins européens. « La part française de la valeur des opérations de private equity avec participation d'investisseurs américains reste inférieure à celle du Royaume-Uni et de l'Allemagne, qui sont également des marchés plus grands », note PitchBook. Entre 2020 et 2025, les investisseurs américains ont ainsi participé en moyenne à 24,6 % de la valeur des opérations françaises, contre 35 % en Allemagne et 45,3 % au Royaume-Uni.

C'est du côté des sorties que l'écart se creuse vraiment avec le reste du marché européen. « L'activité de cession reste atone pour le troisième trimestre consécutif, sans mégasortie pour tirer la valeur vers le haut. La plupart des cessions se situent au niveau du mid-market en France depuis le début de l'année », écrit PitchBook. Les 4,5 milliards d'euros cédés au deuxième trimestre le confirment : la plus grosse sortie de l'année, celle du courtier Groupe Santiane, s'établit à 410 millions d'euros, les quatre suivantes entre 200 et 400 millions. Or le rebond européen de 29,7 % tenait à une poignée de très grosses réalisations, 22 mégasorties concentrant 65,8 % de la valeur cédée : faute de telles opérations en France, le marché hexagonal est resté à l'écart de cette embellie concentrée sur le haut du marché.

 

La collecte perd du terrain

 

Le blocage se paie sur la collecte, et c'est là que le millésime français décroche le plus nettement. « Contrairement au capital-risque, la collecte du private equity a connu un démarrage difficile, avec seulement sept nouveaux fonds clôturés au premier semestre et un peu plus de 2 milliards d'euros levés », résume PitchBook. Les données détaillées du rapport font état de 2,4 milliards d'euros collectés, contre 11,8 milliards sur l'ensemble de 2025 et 23,5 milliards en 2023. La chute du nombre de véhicules est tout aussi nette : 57 fonds avaient bouclé une levée en 2021, 49 encore en 2023 et 25 en 2025. Ce décompte semble toutefois laisser de côté le closing final de Naxicap Investment Opportunities III, dont le fonds principal a réuni 808 millions d'euros fin mai. Sa prise en compte porterait le montant levé au premier semestre à environ 3,2 milliards d'euros, ce qui atténue le décrochage sans en modifier le sens.

Parmi les levées recensées par PitchBook, Latour Small I illustre aussi la capacité de certains véhicules à continuer d'attirer les investisseurs : 400 millions d'euros bouclés en moins d'un an pour un fonds dédié aux petites capitalisations et centré sur les carve-outs, soit 150 millions de plus que sa cible initiale.

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