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Macro-économie / Taux / Natacha Valla / CNP

Macro-économie / Taux
Natacha Valla / CNP

La productivité française n’est pas sortie d’affaire / Son redressement récent demande à être poursuivi

Une santé qui demeure toujours chancelante, le retour en forme de la productivité tricolore du travail n’est pas encore effectif. Certes, le Conseil national de productivité évoque un redressement partiel depuis la crise sanitaire, néanmoins son rapport annuel explique qu'il faudra opérer des changements structurels pour que cette dynamique perdure.
Photo par GERARD JULIEN / AFP
Photo par GERARD JULIEN / AFP

Un décrochage un tant soit peu interrompu. Revenant sur les mois passés, le Conseil national de productivité (CNP) et sa présidente Natacha Valla attestent qu’à « la lumière d’importantes révisions statistiques, les dernières données disponibles conduisent toutefois à nuancer le diagnostic » sur la réalité de la perte de productivité tricolore. Celle-ci serait atténuée quand bien même la France n’aurait pas rattrapé tout le retard qui est le sien sur ce sujet.

L’économiste explique en effet qu’une « indéniable amélioration relative de sa compétitivité-prix » est à noter pour la France. Malheureusement elle n’a pas permis pour l’heure à l’Hexagone de récupérer les parts de marché perdues par le passé et n’est en aucun cas assurée de se poursuivre. La solution à cela pourrait bien être trouvée du côté de l’intelligence artificielle, dont l’émergence est vue comme plaçant « la diffusion des technologies au cœur des enjeux de croissance ».

 

Compréhension


Il faut dire que du côté des équipes de Natacha Valla, on considère que ce n’est « pas la création d’innovations à la frontière technologique qui constitue le principal frein à la croissance de la productivité française », mais bel et bien le fait que le reste de l’économie ait du mal à en tirer profit. Le différentiel entre les entreprises les plus innovantes et le reste de l’économie tricolore serait important et expliquerait que la productivité globale peine à progresser davantage.

Des améliorations sur ce plan ne suffiront pas pour autant, l’Hexagone n’étant pas à l’abri du côté de la démographie étant donné qu’il connaîtrait une diminution de sa population active lors des années à venir. Le CNP explique que le poids des gains de productivité deviendra essentiel dans la progression du niveau de vie, étant donné qu’on ne pourra plus compter sur une augmentation du nombre de travailleurs. Alors que le marché du travail avait été si important depuis des années sur ce plan-là, il faudra désormais s’en passer. Quelques pistes sont distillées, allant d’un travail sur l’allongement des carrières, tout comme sur l’employabilité des travailleurs ou encore de la bonne adéquation entre les besoins des entreprises et les formations des travailleurs. L’amélioration du taux d’emploi semble encore possible à en croire les propositions effectuées.

 

Mirage

 

Une autre thèse est également battue en brèche, celle selon laquelle le montant brut alloué à la défense suffirait à ce que le Vieux continent relève la tête et la France avec lui. Le CNP affirme que l’impact économique du réarmement en cours « dépendra moins du montant des dépenses engagées que de leur capacité à stimuler l’innovation, la R & D duale et l’industrialisation de nouvelles technologies ». La question du volume reste certes non négligeable, néanmoins elle ne peut s’apprécier sans regarder la façon dont ces flux améliorent la souveraineté technologique et industrielle. Tout comme les transferts des innovations du secteur de la défense vers le reste de l’économie sont à scruter de près pour observer si une croissance durable se met en place.

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