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Scor capitalise sur un trimestre exceptionnel en dommages / Le groupe renforce encore ses réserves

Scor commence 2026 avec une avance confortable sur ses objectifs annuels. Le réassureur bénéficie toujours d’une rentabilité technique exceptionnelle en dommages, tout en profitant du trimestre pour accumuler davantage de réserves prudentielles et muscler son bilan.
Thierry Léger, le directeur général de Scor (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
Thierry Léger, le directeur général de Scor (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

Après une fin d’exercice 2025 déjà supérieure aux attentes, portée par une rentabilité technique particulièrement élevée en réassurance dommages, Scor a démarré 2026 sur le même tempo. Le principal moteur de ce début d’année reste sans ambiguïté l’activité P&C : le ratio combiné ressort à 80,2 %, contre 85,0 % un an plus tôt, soit un niveau de rentabilité technique très supérieur à l’objectif annuel du groupe, fixé à moins de 87 %.

La période a certes bénéficié d’une sinistralité catastrophes naturelles particulièrement faible, à 4,2 %, mais la performance ne se résume pas à un ciel dégagé : le ratio attritionnel, hors catastrophes, s’est établi à 77,7 %, reflet d’une qualité de portefeuille sous-jacente solide. De quoi provoquer un net soulagement boursier : l’action Scor a terminé la séance en hausse de 6,6 %, à 31,6 euros.

 

Des réserves encore renforcées

 

Surtout, le groupe a utilisé cette marge de manœuvre pour continuer à renforcer ses coussins prudentiels. « La bonne performance sous-jacente nous a permis de continuer à constituer opportunément des réserves de prudence », a expliqué Thierry Léger lors de la conférence avec la presse. Selon UBS, le ratio combiné intègre environ 75 millions d’euros de constitution opportuniste de réserves IFRS, soit 5,8 points de ratio combiné.

Cette stratégie prudentielle apparaît d’autant plus significative qu’elle s’inscrit dans un trimestre déjà grevé par une provision liée au conflit au Moyen-Orient. Scor a enregistré une provision IBNR, c’est-à-dire destinée à couvrir des sinistres survenus mais pas encore déclarés, d’environ 50 millions d’euros sur les lignes exposées aux risques de guerre, principalement en violence politique, infrastructures, ports, aéroports et marine. La mesure est volontairement conservatrice. « Nous avons fondé nos estimations sur l’hypothèse d’un conflit qui se prolongerait davantage », a indiqué Thierry Léger, tout en précisant que le groupe avait « reçu très peu de déclarations de sinistres jusqu’à présent ».

Scor n'est pas un acteur de taille significative sur ces couvertures de type guerre, ce qui explique le montant relativement contenu de la provision - décrite en interne comme « mid-double-digit ».

 

Une solvabilité désormais au sommet de la cible

 

Cette approche conservatrice se retrouve également dans la gestion du capital du groupe. Le ratio de solvabilité progresse de 5 points à 220 %, dans le haut de la fourchette cible de Scor comprise entre 185 % et 220 %, relèvent les analystes de Keefe Bruyette & Woods. Surtout, le groupe a ajouté 300 millions d'euros de buffers supplémentaires sur ses Best Estimate Liabilities non-vie, à la suite d'une optimisation interne du capital. « Nous supposons qu'il s'agit d'une initiative prise par le nouveau directeur financier. Cela pourrait laisser penser que d'autres mesures du même type suivront », écrit UBS. La banque suisse calcule que le ratio de solvabilité aurait été environ 5 points plus élevé sans ces buffers supplémentaires et comprend que « le groupe vise désormais une fourchette de solvabilité plus élevée que par le passé ».

 

Discipline tarifaire

 

Autre élément suivi de près : l'environnement tarifaire en réassurance dommages. Après deux années de marché extrêmement favorable aux réassureurs, les renouvellements d’avril ont confirmé un retour progressif de la concurrence. Scor a néanmoins choisi de privilégier la discipline plutôt que les volumes. Les primes renouvelées en avril ont reculé de 8,7 % en réassurance traditionnelle, notamment après des réductions volontaires dans certaines lignes de responsabilité civile américaines.

« Nous avons effectivement décidé de ne pas renouveler certains traités », a expliqué Thierry Léger. « Nous devons faire des choix. » Le groupe estime toutefois avoir limité la dégradation du ratio de souscription à moins d’un point, ce qui apparaît relativement contenu dans le contexte actuel. « Cela représente une surperformance d’environ 2,7 points par rapport au consensus », soulignent les analystes de Keefe Bruyette & Woods à propos du ratio combiné trimestriel.

 

Dans les clous de Forward 2026

 

L’activité vie et santé, longtemps le principal point faible du groupe, continue parallèlement de se stabiliser après la profonde remise à plat opérée en 2024. Le résultat d’assurance atteint 107 millions d’euros, en ligne avec la trajectoire annuelle visée. « Nous sommes désormais au cinquième trimestre après le reset de 2024, et nous enregistrons une cinquième performance conforme à nos attentes », a insisté Thierry Léger. « Notre confiance dans notre capacité à délivrer augmente. »

Les investissements restent un soutien important à la rentabilité du groupe. Le rendement courant atteint 3,6 %, porté par des taux de réinvestissement encore élevés sur un portefeuille obligataire largement investi en titres de qualité.

Après ce début d’année, Thierry Léger estime Scor bien positionné pour atteindre les objectifs de Forward 2026. La valeur économique du groupe progresse déjà de 7,4 % à hypothèses économiques constantes au premier trimestre, pour un objectif annuel de 9 %, tandis que le rendement annualisé des capitaux propres, ou RoE, ressort à 21,7 %, très au-dessus de l’hypothèse annuelle de 12 %. Dans un environnement pourtant redevenu plus concurrentiel, le directeur général insiste sur la capacité du groupe à maintenir sa trajectoire. « Les résultats du premier trimestre marquent un démarrage solide de 2026, avec une exécution disciplinée de notre stratégie », résume-t-il.

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