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Entre prises de commandes record et croissance profitable, Thales muscle encore sa trajectoire / Le groupe a illustré en 2025 ses capacités de différenciation sur des marchés porteurs
Thales boucle une nouvelle année de succès. Les prises de commandes du leader mondial des hautes technologies dans les domaines de la défense, de l’aérospatial et de la cybersécurité et du digital ont égalé, en 2025, le niveau record qui avait été atteint en 2024 : 25,3 milliards d’euros, affichant même une hausse de 1 % en organique. Une tendance reflétant la traction commerciale du groupe dans la plupart de ses activités. « Cela traduit la forte dynamique que nous observons sur quasiment tous nos marchés, mais cela ne suffit pas seulement : il faut aussi avoir les bons produits pour les servir », a rappelé le président-directeur général de Thales, Patrice Caine, en présentant les résultats annuels du groupe. Le secteur de la défense tire plus particulièrement son épingle du jeu, avec des commandes ayant atteint un nouveau record de plus de 15 milliards d’euros.
L’ensemble inclut certaines commandes emblématiques enregistrées au cours de l’année. Parmi elles : le contrat lié à la fourniture de 26 Rafale Marine à l’Inde, dépassant le milliard d’euros, la signature du contrat de phase initiale entre Thales Alenia Space et le consortium SpaceRISE, afin de concevoir le système et les solutions de charge utile sécurisées de la future constellation spatiale européenne IRIS², ou encore la commande du ministère de la Défense du Royaume-Uni pour la production et la livraison de 5 000 missiles LMM de défense aérienne. Au total, le groupe a signé 28 commandes d’un montant unitaire supérieur à 100 millions d’euros, pour 7,7 milliards d’euros, tandis que celles qui sont inférieures à ce palier s’affichent aussi en nette hausse.
Le ratio de prises de commandes rapportées au chiffre d’affaires s’affiche ainsi à 1,14 sur l’année. Et grimpe même à 1,17 en excluant les activités cyber et digitales, dont les prises de commandes sont structurellement proches des revenus. Du côté de la défense, le ratio de book-to-bill s’établit à 1,24 : « Il s’agit de la septième année consécutive au cours de laquelle notre activité défense enregistré un book-to-bill supérieur à 1,2 », a souligné Pascal Bouchiat, directeur général Finance et Systèmes d’Information de Thales.
Des tendances opportunes
Le chiffre d’affaires du groupe, à 22,1 milliards d’euros, a de son côté grimpé de 8,8 % sur le plan organique, résultant d’une croissance robuste tant sur les marchés les plus matures de Thales qu’émergents. Une croissance en tout cas profitable : elle s’est accompagnée d’une nette amélioration de la performance opérationnelle. L’Ebit ajusté du groupe a en effet progressé plus rapidement que son activité, à hauteur de 14 % en organique, pour se fixer à 2,7 milliards d’euros. La marge correspondante atteint ainsi 12,4 % du chiffre d’affaires, contre 11,8 % à fin 2024.
Dans le détail, soutenu notamment par la hausse des budgets militaires, le chiffre d’affaires découlant de la défense progresse de 12,2 % à périmètre et change constants, à 12,23 milliards d’euros. La division est aussi la première contributrice au résultat opérationnel ajusté (à hauteur de 1,6 milliard d’euros) pour une marge à 13,2 %, quasi stable sur un an. Du côté de l’aérospatial, l’activité a grimpé de 8,7 % en organique, pour un chiffre d’affaires de 5,9 milliards d’euros. "Cette solide progression reflète en premier lieu la croissance organique à deux chiffres de l’activité Avionique en 2025, avec une dynamique solide dans l’ensemble des activités, tant dans le domaine civil que militaire. Les activités de première monte ont notamment bénéficié d’une production plus importante d’appareils commerciaux, tandis que la bonne dynamique du trafic aérien a profité aux services d’après-vente", explique Thales. La marge affiche aussi une forte progression, en étant passée de 7,2 % en 2024 à 9,5 % fin 2025, reflétant la contribution positive des activités avionique et spatial.
Celle de l’activité cyber et digital, à 13,7 % a de son côté perdu 0,9 point, sous l’effet d’un chiffre d’affaires moins élevé que prévu. À 3,8 milliards d’euros, ce dernier a en effet reculé de 0,9 % en organique, notamment en raison de certaines perturbations liées à la fusion des équipes commerciales d’Imperva et de Thales – une étape d’intégration désormais achevée et qui devrait profiter au rebond de l’activité cyber en 2026.
En dépit de la contribution exceptionnelle à l’impôt en France – de 75 millions d’euros pour le groupe – son résultat net ajusté, part du groupe, a progressé de 6 % pour dépasser les 2 milliards d’euros, tandis que le free cash-flow opérationnel a atteint un nouveau record de 2,57 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. Une progression corrélée à la forte dynamique commerciale, mais aussi aux acomptes versés par les clients.
Rester en avance
En parallèle du gain de grands contrats symboliques lors de l’année, Thales a aussi poursuivi ses efforts en matière de recherche et développement (R & D), à laquelle il consacre en tout quelque 4,5 milliards d’euros par année. « En dix ans, nous avons pratiquement doublé notre R & D autofinancée. Nous sommes passés d’environ 600 millions il y a plus d’une décennie, à presque 1,4 milliard d’euros en 2025. C’est ce qui nous permet de créer des solutions uniques au monde », a ajouté Patrice Caine. Une tendance qui se reflète notamment dans l’accélération dont le groupe a fait preuve sur le terrain de l’intelligence artificielle (IA), avec plus de 800 ingénieurs et chercheurs opérant dans ce domaine en son sein, répartis dans désormais cinq centres à l’échelle mondiale. Une technologie qui fait ses preuves lorsqu’elle est intégrée aux systèmes d’aides à la décision et produits du groupe : les caméras dopées à l’IA permettent par exemple de fournir, sur les avions de chasse, la position de cibles détectées 100 fois plus rapidement qu’en recherche manuelle.
L’année 2025 aura aussi été marquée par une annonce pour le moins clé, celle de la signature d’un protocole d’accord avec Airbus et Leonardo afin de créer un acteur européen de premier plan dans le domaine spatial. Le chemin restant à réaliser pour qu’il se concrétise reste de taille, a rappelé Patrice Caine. Les processus de consultations sociales ont en tout cas été entamés, tout comme ceux à devoir être menés auprès des autorités en charge du contrôle des concentrations. « Les travaux pour en faire une seule et même société sont importants, ce sont des actifs qui viennent avec leur historique, leur processus, leur système d’information. C’est un projet ambitieux et impactant », a souligné Patrice Caine.
En attendant, le groupe prévoit, pour l’année à venir, un ratio « book-to-bill » supérieur à 1, une croissance organique comprise entre 6 % et 7 %, ainsi qu’une marge d’Ebit ajusté comprise entre 12,6 % et 12,8 %, qui serait ainsi en hausse de 20 à 40 points de base par rapport à 2025. Thales anticipe enfin des dépenses nettes d’investissement en progression par rapport à 2025 (746 millions d’euros l’année passée), afin d’adapter son outil industriel et d’accroître son leadership technologique sur ses marchés.
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