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La renaissance d’emeis par les chiffres / Trois ans après son sauvetage, le gestionnaire d’Ehpad retrouve des marges de manœuvre

Trois ans après avoir frôlé l’abîme, emeis signe un retour spectaculaire. Porté par des résultats 2025 supérieurs à ses objectifs, un désendettement accéléré et un free cash-flow redevenu positif, l’ex-Orpea va enclencher une sortie anticipée de son plan de sauvegarde. En Bourse comme sur le terrain opérationnel, le gestionnaire d’Ehpad et de cliniques affiche des indicateurs repassés au vert et aborde 2026 avec l’ambition de transformer son redressement en une relance durable dans un secteur aux perspectives porteuses. 
Laurent Guillot (emeis)
Laurent Guillot (emeis)

emeis devrait passer une bonne journée en Bourse. Hier soir, à la clôture, le titre gagnait 4,59 % (+ 6,56 % depuis le début de l’année et + 76,51 % en un an). Et si les tendances observées actuellement par ses dirigeants se confirment, 2026 pourrait bien être une nouvelle année décisive pour le gestionnaire d’Ehpad et de cliniques.

De fait, trois ans après son sauvetage financier mené par la Caisse des Dépôts et ses investisseurs, emeis s’apprête à tourner la page de la crise. Le groupe va prochainement engager le processus d’une sortie anticipée de son plan de sauvegarde - dans un délai record pour une entreprise de cette taille - en espérant que le tribunal de commerce de Nanterre émette un avis favorable dans les prochains mois.

 

La reconquête de la confiance

 

Un tournant pour emeis qui est parvenu à remettre tous ses indicateurs au vert. « L’exercice 2025 fut particulièrement intense et confirme la dynamique de redressement. Celui-ci a été possible grâce à l’engagement sans faille des équipes et notamment dans nos établissements. Cette amélioration repose d’abord sur des bases opérationnelles de plus en plus solides comme en témoigne la forte progression de nos indicateurs de qualité ainsi que de satisfaction. Notre taux de satisfaction des résidents est encore en hausse en 2025, à 93,5 % désormais et notre promoteur score, qui permet également de mesurer la fidélité des résidents, patients et de leurs proches, est à un niveau record de 41, soit 4 points de mieux qu’en 2024, et 23 points de plus qu’en 2022. Nous avions annoncé notre stratégie en 2022, nous nous y sommes tenus. Nous sommes aux rendez-vous de nos engagements et bien au-delà », s’est félicité son directeur général, Laurent Guillot, lors d’une conférence téléphonique.

Des efforts fournis qui lui ont permis aussi de dépasser tous ses engagements financiers. Le chiffre d’affaires 2025 d’emeis a crû en organique de 6,1 % sur un an à 5,8 milliards d’euros, grâce en particulier à l’amélioration de 1,8 point en moyenne de ses taux d’occupation sur l’ensemble des métiers (à 87,6 % et même 88,7 % si l’on exclut les ouvertures récentes de résidences et celles mises en restructuration), de 2 points sur les seules maisons de retraite (87,2 %) et d’un point pour les cliniques. « Cet indicateur traduit directement la restauration de la confiance avec nos résidents, de nos patients et leurs proches et la pertinence de nos choix stratégiques. La croissance de notre chiffre d’affaires est d’ailleurs particulièrement forte dans nos maisons de retraite avec une progression de 8,1 % sur un an. Nos cliniques terminent l’année avec une croissance organique de 2,5 % », a souligné le directeur financier Jean-Marc Boursier.

 

Une rentabilité en forte accélération et un ratio de dette divisé par deux

 

L’Ebitdar s’est quant à lui envolé de 19,2 % à périmètre constant par rapport à 2024 (quand le groupe s’attendait il y a un an à une progression comprise entre 15 et 18 %), à 872 millions d’euros. L’Ebitda, lui, a progressé de 57 % sur un an à 376 millions d’euros. « Il est intéressant de noter que nous constatons une amélioration forte dans la plupart des régions dans lesquelles nous sommes présents, et notamment en France, en Allemagne et aux Pays-Bas », a souligné le directeur financier. Surtout, le free cash-flow est désormais positif à hauteur de 342 millions d’euros, soit une amélioration de 640 millions d’euros par rapport à l’exercice 2024.

Si bien que grâce au déroulé sans faille de son plan de cessions d’actifs (2,45 milliards d’euros réalisées depuis mi-2022, largement au-dessus de son objectif de 1,5 milliard d’euros de cessions) et de la création de sa foncière Isemia, la structure financière d’emeis a été nettement renforcée, faisant ainsi baisser sa dette nette d’un milliard d’euros par rapport à fin 2024 pour un ratio d’endettement établi désormais à 10 fois, alors qu’il était de 19,5 fois en 2024. « Nous avons divisé par deux notre ratio d’endettement. C’est une progression extrêmement rapide. En fin d’année 2025, nous avons renforcé notre bilan avec le refinancement de l’intégralité de notre dette bancaire avec près de 3,15 milliards de nouveaux financements permettant non seulement de rembourser par anticipation des fonds de dettes préexistantes dont l’encours résiduel à fin octobre s’élevait à environ 2,9 milliards d’euros, et d’allonger significativement la maturité de notre dette qui est maintenant à des échéances significatives en 2030 et 2031 », a rappelé Laurent Guillot.

 

Des enjeux de société porteurs pour 2026 et au-delà

 

Certes, il est encore trop tôt pour envisager un retour aux actionnaires à très court terme – pour mémoire, il a été acté avec les banques dans le cadre du refinancement qu’emeis pourrait à nouveau procéder à une distribution de dividendes dès lors que le ratio de dette sera inférieur à 7,5 fois -, mais le groupe aborde 2026 avec confiance.

L’entreprise anticipe une nouvelle croissance de son Ebitdar à périmètre constant, en hausse de plus de 10 % par rapport à 2025, s’inscrivant dans la dynamique attendue à moyen terme d’une croissance moyenne annuelle de + 12 % à + 16 % entre 2024 et 2028. Elle confirme aussi sa guidance de chiffre d’affaires, avec un taux de croissance annuel moyen à périmètre constant attendu entre 4 et 5 % entre 2024 et 2028. « Dans notre secteur, les perspectives de nos marchés et des besoins de la population sont évidemment porteuses. La population des seniors âgés de plus de 75 ans doit continuer à croître de plus de 30 % d’ici 10 ans pour représenter 14 % de la population. L’on constate aussi un déficit structurel d’offres sur le marché des maisons de retraite et du grand âge de qui devrait atteindre environ 550 000 lits d’ici 2030 et 800 000 lits d’ici 2035 sur les principaux marchés des pays. Concernant la santé mentale, là encore l’offre est insuffisante en France comme dans tous les pays d’Europe dans les années qui viennent. Nous allons continuer à nous transformer, à nous améliorer pour répondre avec la plus grande efficacité de manière responsable à ces enjeux de société qui sont des enjeux majeurs », a promis Laurent Guillot.

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