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Andera Partners

Andera vise 10 milliards d’euros d’actifs sous gestion / L’européanisation au cœur du changement d’échelle

Franchissement des 5 milliards d’euros d’actifs sous gestion, closing record sur Acto V, lancement de véhicules ELTIF et partenariat capitalistique avec New York Life : Andera Partners entre dans une nouvelle phase de son développement. La société organise son passage à une dimension paneuropéenne avec un objectif de 10 milliards d’actifs sous gestion à cinq ans.
De gauche à droite : François-Xavier Mauron et Stéphane Bergez, cogérants d'Andera Partners, et Noëlla de Bermingham, la directrice Sustainability.
De gauche à droite : François-Xavier Mauron et Stéphane Bergez, cogérants d'Andera Partners, et Noëlla de Bermingham, la directrice Sustainability.

La notoriété d’Andera Partners s’est d’abord forgée autour de sa franchise Life Sciences. L’ancienne plateforme BioDiscovery, née au début des années 2000 au sein d’Edmond de Rothschild, a bâti l’un des track records les plus visibles du private equity santé européen. D’Abivax, aujourd’hui cotée au Nasdaq pour une capitalisation proche de 10 milliards de dollars, à Amolyt Pharma ou ImCheck Therapeutics, les sorties emblématiques ont marqué le secteur. Mais cette profondeur historique ne suffit plus à résumer Andera.

En particulier, 2025 a marqué un basculement d’échelle, avec le franchissement des 5 milliards sous gestion. Un changement d’échelle « que nous appliquons à nos sociétés en portefeuille et que nous nous appliquons à nous-mêmes. », a commenté mardi François-Xavier Mauron, cogérant d’Andera, lors d’une présentation à la presse, soulignant que le cap franchi installait désormais Andera « dans une nouvelle catégorie ».

Dans la foulée, la société de gestion a débuté 2026 avec le closing final du fonds Acto V, le dernier vintage de sa plateforme de dette privée sponsorless, à 1,1 milliard d’euros, soit le doublement de la génération précédente. Dans un marché où, "50 % des levées mondiales ont été réalisées par 10 gérants" en 2025, sur plus de 30 000 fonds de private equity recensés dans le monde, la performance mérite d’être mesurée à l’aune de sa rareté, a rappelé Stéphane Bergez, l’autre cogérant d’Andera et responsable de la stratégie Acto.

 

ELTIF et evergreen : l’offensive sur le retail

 

La polarisation des levées explique l’accélération d’Andera vers le marché retail et les stratégies evergreen. Car « personne ne veut s’engager avec une société de gestion qui n’est pas à l’instant T capable de démontrer qu’elle sera là dans 20 ans, 25 ans, 30 ans », a également souligné Stéphane Bergez. La pérennité est désormais examinée par les investisseurs institutionnels avec la même exigence que la performance. Dans ce contexte, la maison lancera en 2026 deux produits structurés sous régime ELTIF : Andera Rendement Privé, fonds de dette privée distribué via les contrats d’assurance-vie et accessible dès 200 euros chez son partenaire la MACSF, et Andera MBO, fonds evergreen multi-stratégies adossé aux trois verticales equity. Ces véhicules à durée de vie illimitée visent à capter une part plus significative de l’épargne longue européenne, qui n’alloue aujourd’hui qu’environ 1 % de son patrimoine au private equity, contre près de 10 % aux États-Unis.

L’enjeu est très concurrentiel. En ce début 2026, l’Europe compte 113 produits evergreen, dont « plus de 80 % sont issus de fonds anglo-saxons », a observé Stéphane Bergez, pointant un véritable enjeu de souveraineté de gestion.

 

Un partenaire mondial

 

La transformation d’Andera en plateforme à vocation paneuropéenne repose sur un autre pilier structurant : le partenariat conclu avec New York Life Investments et sa filiale européenne Candriam, dont le closing final est intervenu à l’automne 2025. Pour comprendre la mécanique, « Candriam, c’est la filiale à 100 % de New York Life dédiée Europe-Moyen-Orient. New York Life, la maison mère, elle couvre le continent américain, bien sûr, et l’Asie », a précisé Stéphane Bergez. Ensemble, les deux entités détiennent 40 % du capital d’Andera.

Au-delà de l’adossement capitalistique, l’effet est déjà tangible. « Trois stratégies ont déjà bénéficié de leur soutien direct en matière de seeding. L’intervention est substantielle et intervient très tôt dans le processus de levée », a souligné François-Xavier Mauron. Un engagement précoce qui, selon lui, « envoie un signal fort » et contribue à « accélérer le rythme des levées ».

New York Life intervient ainsi comme investisseur dans plusieurs stratégies, tandis que Candriam apporte un relais de distribution en Europe et au Moyen-Orient, en complément de la couverture américaine et asiatique assurée par la maison mère.

 

Des équipes locales, une plateforme unifiée

 

L’européanisation est le fil rouge autour duquel s’organise toute la stratégie d’Andera à horizon cinq ans. La maison, qui dispose désormais de cinq bureaux sur le Vieux continent (Paris, Anvers, Munich, Milan, Madrid), réalise près de 40 % de ses investissements hors de France et prévoit de tendre vers un équilibre 50-50 dès le prochain millésime de la stratégie MidCap. La logique est d’abord commerciale. Les institutionnels ne souhaitent plus bâtir eux-mêmes une exposition européenne en empilant des fonds nationaux, préférant des plateformes capables de proposer d’emblée une lecture intégrée du marché européen. Andera a donc retenu un modèle intermédiaire : des équipes ancrées localement pour capter le deal flow primaire et la proximité terrain, mais une organisation unifiée, avec des décisions d’investissement centralisées et une allocation pensée à l’échelle de la plateforme.

Sur la stratégie Acto de mezzanine sponsorless, « nous nous sommes dotés d’un senior advisor pour couvrir le Benelux et d’un autre pour la région DACH », a indiqué Stéphane Bergez, précisant qu’un renfort en Espagne serait annoncé prochainement et qu’un dispositif italien est en cours de mise en place.

 

La prochaine dimension

 

Le déploiement géographique s’accompagne d’un renforcement de l’accompagnement ESG des participations, présenté comme un levier de création de valeur. Noëlla de Bermingham, directrice Sustainability d’Andera, l’affirme : « La sustainability protège la valeur de nos sociétés et en crée, dans un contexte de changement climatique et de raréfaction des ressources. Il faut désormais le démontrer. » La maison a structuré un pôle dédié d’« operating partners ESG » chargé d’un accompagnement individualisé des 136 sociétés en portefeuille, dont plus de 55 affichent désormais une trajectoire carbone alignée sur les accords de Paris.

L’ensemble converge vers un objectif affiché : « Notre ambition est désormais d’opérer un changement d’échelle, avec 10 milliards d’actifs sous gestion à horizon cinq ans. », a souligné François-Xavier Mauron. Une trajectoire revendiquée non pas comme une révolution mais comme la poursuite et l’accélération des cycles précédents.

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