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Macro-économie / Taux / euro

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L’euro a mangé du lion, ce n’est pas une bonne nouvelle pour tous / Ces secteurs qui devraient le plus en pâtir

Le taux de change effectif nominal de la monnaie unique a grimpé de 7,2% au cours des douze derniers mois, le propulsant à un niveau inédit depuis sa création. Sans surprise, c’est l’industrie qui en ferait le plus les frais, montre une étude de la Banque centrale européenne.
Photo par NIKOLAY DOYCHINOV / AFP
Photo par NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

C’est tout simplement un record. Face à un panier de 17 devises pondéré par le poids des partenaires commerciaux de la zone euro, la monnaie unique a atteint une valeur inédite depuis sa création. Un état de fait en partie dû à la dégringolade de 15 %, depuis début 2025, du dollar face à l’euro (l’Oncle Sam est le premier partenaire commercial de la zone). La doctrine économique et géopolitique du président des États-Unis, Donald Trump, a poussé les investisseurs à réévaluer leur intérêt pour le billet vert.

 

 

Si bien qu’au cours des quatre derniers trimestres, le taux de change effectif nominal de l’euro (NEER) a grimpé de 7,2 %. Les retombées macroéconomiques d’un tel phénomène sont bien appréhendées, celui-ci jouant à la baisse, de l’ordre de quelques dixièmes de point de pourcentage, sur l’inflation et l’activité économique, affectant cette dernière par le truchement des exportations. Toutefois, la facture microéconomique est peu souvent évoquée.

D’après une étude de la Banque centrale européenne (BCE), l’impact est le plus fort dans l’industrie (hors construction). En cause ? Le poids des exportations et celui des biens concurrents importés dans la valeur ajoutée produite.

Ainsi, une appréciation du NEER de 1 % pourrait générer une baisse de celle-ci à hauteur de 0,3 point de pourcentage après un an et de 0,2 point après deux ans. Une baisse significative (-0,17 point de pourcentage après deux ans) est également observée pour le sous-secteur des services « commerce et transport », qui est également caractérisé par une part relativement élevée d’exportations. Pour les autres secteurs, une diminution de la valeur ajoutée est également enregistrée. Parmi eux, les estimations ponctuelles montrent la plus forte réponse pour les services financiers et aux entreprises, et la plus faible pour la construction et les services liés au gouvernement, mais aucun de ces effets ne semble significatif.

L’étude est allée dans le détail concernant chaque sous-secteur de l’industrie en s’intéressant également à la production. Il en ressort que les variations du taux de change ont le plus fort impact sur l’activité dans les industries produisant des biens d’équipement. Une appréciation de 1 % du NEER réduirait la production de biens d’équipement de 0,6 point de pourcentage. Un impact légèrement moindre est estimé pour la production de biens intermédiaires (-0,5 point), tandis que l’impact sur la production de biens de consommation est beaucoup plus faible (-0,2 point), en particulier en raison de la faible réponse de la production de biens de consommation non durables (-0,17 point) et, dans une moindre mesure, de celle des biens durables (-0,30 point).

« Comme prévu, les facteurs expliquant la forte sensibilité de la production de biens d’équipement aux chocs de taux de change incluent l’orientation fortement exportatrice de ce secteur et le degré élevé de concurrence des importations », souligne l’étude.

On remarquera que les parts d’exportations et d’importations du secteur des biens intermédiaires sont comparables à celles du secteur des biens de consommation, pourtant celui-ci est sensiblement moins affecté. Cela pourrait être lié à "une différenciation plus forte des produits, mais aussi à une faible élasticité-prix de la demande pour les biens de consommation non durables, comme les aliments, ce qui contribue à cette relative résilience".

La vitesse d’ajustement de la production suite à un choc de taux de change varie également fortement selon les secteurs. L’impact sur la production de biens intermédiaires se matérialise assez vite, beaucoup plus rapidement qu’en matière de biens de consommation et, en particulier, de biens d’équipement.

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