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LVMH achève l’exercice 2025 sur une trajectoire stabilisée / La discipline financière comme levier clé
LVMH a refermé l’année 2025 sur une nouvelle baisse de ses ventes, sans surprise. Le recul a atteint 5 % en données publiées, certes plus marqué que celui de 2 % enregistré en 2024, mais il se limite à 1 % en organique, le leader mondial du luxe étant parvenu, au cours de la seconde partie de l’exercice, à enrayer la dégradation observée lors de la première, en dépit d’un environnement géopolitique et macroéconomique toujours contraint.
Sur l’ensemble de l’année, le chiffre d’affaires s’établit à 80,8 milliards d’euros, un niveau cohérent avec la trajectoire déjà lisible à l’issue des neuf premiers mois, et qui s’avère, in fine, supérieur aux anticipations du consensus des analystes. Avec une croissance organique de 1 % au quatrième trimestre, identique à celle du troisième, le groupe valide ainsi le scénario d’un atterrissage progressif après deux exercices de normalisation. Et force est de constater que LVMH demeure à des niveaux d’activité historiquement élevés, au-dessus des standards pré-Covid et même de ceux observés en 2022.
La discipline financière amortit le cycle
Au-delà de l’orientation des ventes, l’exercice écoulé met en évidence une capacité d’adaptation opérationnelle notable. Après une contraction plus marquée en 2024, le recul des résultats apparaît plus contenu en 2025, alors même que la croissance organique bascule légèrement en territoire négatif sur l’ensemble de l’année. Le résultat opérationnel courant recule de 9 %, à 17,8 milliards d’euros, contre une baisse de 14 % un an plus tôt, tandis que la marge opérationnelle ressort encore à 22 %, contre 23,1 % en 2024, là encore au-dessus des attentes du marché.
La génération de trésorerie constitue l’un des points saillants de l’exercice. Le cash-flow disponible atteint 11,3 milliards d’euros en 2025, en hausse de 8 % malgré une charge fiscale accrue, après une progression de 29 % en 2024. Cette dynamique permet une réduction marquée de la dette financière nette, en baisse de 26 % sur l’exercice, à 6,8 milliards d’euros. Dans un contexte de marché plus exigeant, le bilan apparaît ainsi comme un levier central de résilience pour le groupe.
Le retour à des équilibres commerciaux plus sains
Sur le plan opérationnel, c’est dans l’analyse fine des dynamiques commerciales que se dessine l’un des enseignements centraux de l’exercice : la meilleure résistance de la demande locale par rapport aux flux touristiques, toutes zones confondues. Aux États-Unis, la clientèle domestique demeure solide, tandis que l’Europe recule au second semestre. En Asie hors Japon, les tendances s’améliorent progressivement, quand le Japon pâtit d’un effet de base défavorable après une année 2024 exceptionnelle. Cette résilience des clientèles locales se prête ainsi à une double lecture positive : elle confirme à la fois la force d’attractivité des produits du groupe et la singularité de l’expérience proposée par ses Maisons, régulièrement mises en avant, tout en traduisant un retour à des équilibres commerciaux plus pérennes.
Ces dynamiques commerciales éclairent en premier lieu la performance de la Mode et Maroquinerie, cœur économique du groupe. La division enregistre un recul organique de 5 % de ses ventes en 2025, mais conserve une rentabilité exceptionnelle, avec une marge opérationnelle maintenue à 35 % malgré un effet devises défavorable et un environnement moins porteur qu’en 2024. Les Parfums et Cosmétiques font preuve d’une grande résilience, avec une activité stable en organique et une amélioration sensible de la rentabilité, le résultat opérationnel progressant de 8 %, porté par l’innovation et une distribution très sélective.
La Distribution sélective en vedette
Montres et Joaillerie se distingue par un retour à la croissance organique, à +3 % en 2025, porté par le succès renouvelé des lignes iconiques et la montée en puissance des boutiques rénovées, notamment chez Tiffany & Co., même si le résultat opérationnel recule légèrement, sous l’effet d’investissements soutenus et d’un environnement encore contrasté.
La Distribution sélective s’impose, en revanche, comme l’un des principaux moteurs de résultats du groupe. Tirée par la performance remarquable de Sephora, l’activité affiche une croissance organique de 4 % et une progression de 28 % du résultat opérationnel, avec une marge en nette amélioration. Dans ce cadre, DFS, l’activité de distribution duty free du groupe, enregistre une amélioration sensible de sa rentabilité, portée par la rationalisation de son réseau et une meilleure maîtrise des coûts, malgré un niveau d’activité encore pénalisé par la conjoncture internationale.
À l’inverse, les Vins et Spiritueux demeurent pénalisés par la faiblesse persistante du cognac, affecté par les tensions commerciales sur certains marchés clés : les ventes reculent de 5 % en organique et le résultat opérationnel de 25 %, malgré la bonne résistance du champagne.
Après deux exercices de normalisation, LVMH aborde la nouvelle année dans un contexte de marché toujours exigeant, avec un modèle qui a montré sa capacité à préserver ses équilibres opérationnels et financiers. « En 2026, dans un contexte toujours incertain, la capacité de nos Maisons à faire rêver, alliée à la plus grande vigilance de gestion, sera encore un atout décisif pour accentuer notre avance sur le marché du luxe », souligne Bernard Arnault.
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