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Le private equity mondial a accéléré en 2025 / Mais la collecte ne suit pas encore

Les premières données consolidées de PitchBook montrent un private equity mondial plus actif en 2025, dans le prolongement du redressement engagé l’année précédente. Investissements et sorties poursuivent leur normalisation, mais la dynamique reste asymétrique, la collecte demeurant sous pression.
Les capitaux du private equity se sont remis au travail en 2025 (Photo by Ale Ventura / AltoPress / PhotoAlto via AFP)
Les capitaux du private equity se sont remis au travail en 2025 (Photo by Ale Ventura / AltoPress / PhotoAlto via AFP)

À peine l’exercice 2025 achevé que les premières données agrégées sur le private equity mondial sont déjà disponibles. Avec son "First Look" annuel, PitchBook livre une photographie préliminaire d’un marché qui a clairement repris de la vitesse, tout en laissant apparaître des déséquilibres persistants dans le cycle.

Le principal enseignement de ce millésime ne réside pas tant dans l’ampleur du redressement que dans sa configuration. Après une phase de contraction marquée en 2022-2023, puis un premier redémarrage de l’activité en 2024, les acteurs du private equity ont investi plus activement en 2025. La collecte, en revanche, est restée sous pression, confirmant une reprise à deux vitesses.

 

Les sponsors passent à la vitesse supérieure

 

"Les sponsors déploient des capitaux à un rythme qui n’avait plus été observé depuis 2021, tandis que l’environnement des sorties continue de s’améliorer, préparant le terrain pour ce qui pourrait être une année 2026 réussie", observent Kyle Walters et Nicolas Moura, analystes chez PitchBook. Dans un contexte de normalisation progressive des conditions macroéconomiques, les chiffres confirment ce regain d’activité : plus de 2 200 milliards de dollars de transactions annoncées sur l’année, en hausse de 22,9 %, pour un volume de deals en progression de 6,1 %. À l’échelle historique, 2025 s’impose comme la deuxième meilleure année jamais enregistrée pour l’activité d’investissement, derrière le pic exceptionnel de 2021.

Cette accélération ne relève pas uniquement d’un effet de rattrapage. Elle traduit une normalisation progressive des conditions macroéconomiques, qui a redonné de la visibilité aux sponsors, en particulier au second semestre. La dynamique est encore plus marquée du côté des sorties. La valeur globale des exits progresse de plus de 50 % sur un an, portée par un quatrième trimestre qualifié d’"incroyablement solide" par PitchBook, le plus élevé observé depuis 2021. Dans un marché longtemps paralysé par l’absence de fenêtres de liquidité, ce redémarrage des cessions constitue un signal clé, tant pour la rotation des portefeuilles que pour la crédibilité des valorisations.

 

Une reprise à géométrie variable

 

La lecture régionale apporte toutefois des nuances. Aux États-Unis, le private equity a retrouvé une profondeur d’activité rarement observée hors période d’euphorie. "C’est seulement la deuxième fois dans l’histoire de la classe d’actifs que la valeur des transactions dépasse 1 000 milliards de dollars", souligne Kyle Walters, rappelant que les volumes atteignent des niveaux comparables à ceux du sommet de 2021. Les sorties y progressent encore plus vite, avec une valeur en hausse de 92 %, tirée par quelques opérations de grande taille et plusieurs introductions en Bourse, signe que les marchés publics ont recommencé à jouer leur rôle de débouché.

En Europe, le diagnostic est plus contrasté mais non moins instructif. L’année 2025 y affiche un record d’activité en valeur, avec une accélération nette au second semestre. Nicolas Moura souligne toutefois un marché plus fragmenté, où certaines zones se distinguent. "Sur le plan régional, le Royaume-Uni et l’Irlande, ainsi que l’Europe du Sud, ont connu des quatrièmes trimestres remarquables", note-t-il, alors même que la fin d’année a vu un reflux séquentiel de la valeur des transactions. Cette géographie mouvante reflète l’ajustement progressif des stratégies, entre grands marchés matures et poches de croissance plus opportunistes.

 

Tous les voyants ne sont pas encore au vert

 

Reste donc le point de fragilité du cycle : malgré la reprise des investissements et l’amélioration des sorties, le fundraising mondial enregistre une deuxième année consécutive de repli, à 407,5 milliards de dollars, bien en deçà des niveaux de 2024. Aux États-Unis comme en Europe, la contraction est marquée, tant en montants levés qu’en nombre de fonds clos. "La collecte est restée le maillon faible de la classe d’actifs tout au long de l’année", résume Kyle Walters. En Europe, le ralentissement s’explique en partie par l’absence de méga-fonds, au profit d’un recentrage sur le mid-market, largement dominé par le Royaume-Uni.

Ce décalage entre abondance de capitaux déjà levés et difficulté à en attirer de nouveaux demeure au cœur de l’équation. Avec 6 100 milliards de dollars d’actifs sous gestion fin mars 2025, dont 1 800 milliards de dry powder, le secteur dispose encore de marges de manœuvre significatives. Mais la capacité à transformer la reprise des exits en nouvel élan de collecte reste incertaine, tant les investisseurs institutionnels attendent des distributions tangibles avant de s’engager à nouveau. L’année 2025 dessine ainsi moins un retour à l’âge d’or qu’une phase de normalisation incomplète, où l’activité repart plus vite que la confiance des allocataires.

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