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Clariane réduit encore sa voilure immobilière / Le cœur du défi se déplace vers l’opérationnel

En vendant neuf actifs immobiliers en Belgique, Clariane ajoute une pierre de plus au rééquilibrage de son bilan. Une opération cohérente avec la discipline engagée depuis 2023, au moment où les performances opérationnelles progressent encore trop lentement pour rassurer pleinement le marché.  
Sophie Boissard (au centre), la directrice financière de Clariane (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
Sophie Boissard (au centre), la directrice financière de Clariane (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

Il ne s’agit pas d’une cession de grande ampleur, mais elle s’inscrit dans un mouvement stratégique qui dépasse de loin son poids financier. Clariane a annoncé mercredi la vente à Care Property Invest des murs de neuf maisons de repos et de soins en Belgique, développées entre 2010 et 2025 et exploitées par Korian Belgium. Ces établissements resteront sous la bannière du groupe dans le cadre de baux de vingt ans. La valeur totale du portefeuille atteint 143 millions d’euros, mais la quote-part revenant à Clariane ressort à environ 74 millions d’euros, en ligne avec sa participation de 52,2 % dans ces actifs. Une opération secondaire, donc, mais révélatrice d’une trajectoire financière qui repose désormais sur une discipline devenue cardinale.

Car c’est bien le prolongement d’un chantier engagé dès l’automne 2023. Avec la cession de son réseau français d’aide à domicile Petits-fils au Crédit Agricole Santé & Territoires, finalisée en juillet, Clariane avait clos avec six mois d’avance son vaste programme de renforcement de la structure financière, fondé sur quatre piliers : partenariats immobiliers, renforcement des fonds propres, cessions ciblées et restructuration de la dette. Cette séquence a permis au groupe de restaurer un accès normalisé au marché obligataire, comme en témoigne l’émission non sécurisée de 400 millions d’euros placée en juin et portée à 500 millions début août. Une opération qui a, selon les termes employés alors par la direction, sécurisé le remboursement des échéances 2025 et 2026, éliminant les doutes qui planaient encore sur la liquidité.

 

Un moteur opérationnel ralenti

 

Cette stabilisation du bilan ne gomme pas pour autant les défis opérationnels, rappelés avec netteté lors de la publication du chiffre d’affaires des neuf premiers mois. Le groupe a maintenu fin octobre sa prévision d’une croissance organique d’environ 5 %, mais abaissé la fourchette de progression attendue pour l’EBITDA pré-IFRS 16, désormais anticipé en hausse mais à un niveau inférieur à la cible initiale de + 6 % à + 9 %. La direction est restée parcimonieuse dans ses explications, indiquant simplement que la montée en puissance des mesures d’ajustement prend plus de temps que prévu. Ces actions visent à réaligner l’organisation sur le périmètre post-cessions et à restaurer la marge dans un environnement réglementaire devenu plus contraignant, notamment en France et en Allemagne.

L’inertie se lit aussi dans un indicateur clé : le taux d’occupation moyen du groupe progresse à 90,8 % sur neuf mois, contre 90,2 % un an plus tôt, et à 91,6 % au troisième trimestre. En France, en revanche, il s’établit encore à 88,1 % sur la période, en retrait par rapport à 2024, montrant que la reconstitution du remplissage demeure lente.

Son bilan désormais en grande partie assaini, Clariane doit convaincre de sa capacité à transformer l’embellie financière en véritable levier opérationnel, alors même que le marché reste sélectif envers les exploitants de maisons de retraite médicalisées. Le parcours boursier du titre, en hausse de plus de 80 % depuis janvier, reflète un répit bienvenu après deux années de tensions aiguës. Il ne suffit toutefois pas à emporter la conviction sur la création de valeur à moyen terme. Les perspectives démographiques ne compensent pas, à elles seules, un environnement réglementaire plus strict, une visibilité encore limitée sur la marge et une reconstruction opérationnelle dont le rythme conditionnera la suite du redressement.

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