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Clariane sécurise sa sortie de crise / Émission réussie et retour au premier plan d’un secteur porté par la vague du grand âge

Clariane lève 400 millions d’euros dans des conditions favorables, finalisant ainsi son plan de renforcement du bilan engagé fin 2023. Une étape saluée en Bourse, qui redonne de la lisibilité à un modèle économique longtemps éclipsé par les scandales du secteur.
Sophie Boissard, la directrice générale de Clariane - Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)
Sophie Boissard, la directrice générale de Clariane - Photo by JULIEN DE ROSA / AFP)

C’est une opération qui compte autant pour son impact financier et la solidité retrouvée du groupe que pour ce qu’elle révèle du retour de la confiance des investisseurs. En levant avec succès 400 millions d’euros sur le marché obligataire, Clariane est venu compléter un peu plus le vaste plan de renforcement de sa structure financière lancé à l’automne 2023. En moins de deux ans, ce sont plus de 1,5 milliard d’euros qui ont été mobilisés à travers cessions d’actifs, partenariats immobiliers, refinancements bancaires et apports en capital.

L’émission de ce mercredi 25 juin 2025 en constitue la dernière brique majeure. Une étape qui "dérisque considérablement le profil de Clariane", souligne le bureau d’analystes d’Oddo BHF. En couvrant les besoins liés aux échéances 2025 et 2026, elle "élimine toute crainte résiduelle sur la liquidité", ajoute-t-il. Et cela à des conditions satisfaisantes, puisque, comme le relève de son côté Octo Finances, le coupon a pu être abaissé par rapport au niveau indicatif initial grâce à la qualité de la demande.

 

Une émission bien accueillie par le marché

 

De fait, le placement obligataire a suscité un vif intérêt des investisseurs, avec un carnet d’ordres supérieur à 1,2 milliard d’euros – soit trois fois le montant initialement prévu. L’émission, non sécurisée, porte sur une maturité de cinq ans (échéance 2030) et un coupon annuel de 7,875 %. Elle servira également à refinancer une partie des dettes à plus long terme, notamment les OCEANE arrivant à échéance en 2027.

Les investisseurs boursiers n’ont pas tardé à saluer la nouvelle donne financière : l’action Clariane bondissait mercredi de 13,6 %, à 5,48 euros. Un niveau bien éloigné du plancher de mars 2024 – où le titre valait moins de 1 euro – et bien supérieur au prix de souscription de HLD, le fonds fondé par Jean-Bernard Lafonta, entré au capital à 2,60 euros. Ce dernier, qui avait fait le pari d’un retournement, peut déjà revendiquer un gain substantiel.

La récompense d’une prise de risque calculée. Alors que la majorité des investisseurs avaient déserté un secteur ébranlé par le scandale Orpea, Jean-Bernard Lafonta a choisi de s’engager en misant sur la résolution des fragilités bilancielles. Il faisait le pari qu’une fois le bilan assaini, le modèle économique retrouverait sa lisibilité.

Certes, les standards de rentabilité du secteur ont évolué. Depuis 2022, les contrôles se sont renforcés, la défiance des familles a gagné du terrain, et les charges salariales ont significativement augmenté. Des ajustements durables, qui corrigent sans aucun doute certains excès du passé, imposant une nouvelle normalité économique. Pour autant, malgré une pression accrue sur les marges, le métier reste non seulement viable, mais porteur d’une dynamique de croissance rare.

 

Des fondamentaux démographiques implacables

 

Car au-delà des turbulences conjoncturelles, les fondamentaux démographiques sont implacables : la vague du grand âge ne fait que commencer. Et face à l’explosion des besoins à venir, il paraît impensable que la société puisse se passer des acteurs privés pour y répondre.

La génération du baby-boom, née entre 1946 et 1964, commence à entrer dans la phase de la grande dépendance. Selon l’Insee, le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans devrait passer de 2 à près de 5 millions d’ici 2045. Le nombre de personnes en perte d’autonomie doublera d’ici 2050, selon la Drees, avec un besoin estimé de 108 000 places supplémentaires en Ehpad dès 2030.

Or, l’offre actuelle est déjà inférieure à la demande : 15 000 demandes de placement sont recensées chaque année, mais à peine 5 000 places nouvelles sont créées. Le maintien à domicile, bien que promu, ne suffira pas à absorber la vague démographique à venir.

Autant de tendances structurelles qui viennent conforter les perspectives de Clariane. Désendetté et recentré sur son cœur de métier, le groupe pourrait désormais bénéficier d’un re-rating boursier durable, porté à moyen terme par "le narratif relatif à la vague baby-boomers", avancent les analystes d’Oddo BHF. Un retour au dividende viendrait renforcer cette dynamique. Si l’éclat du mythe de "l’or gris" a terni ces dernières années, il n’a certainement pas disparu.

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