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Régulation / Concurrence / Casinos de France / Casinos en ligne

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Légalisation des casinos en ligne : rien ne va plus entre l’AFJEL et Casinos de France  / L’exception française en Europe : risque ou richesse du réseau physique ?

Alors que l’Association française des jeux en ligne alerte, dans un baromètre, sur l’ampleur du marché illégal et plaide pour la légalisation du casino en ligne, le syndicat professionnel Casinos de France, présidé par Grégory Rabuel, dénonce une vision trompeuse et met en garde contre un effondrement des emplois et des recettes fiscales locales. Une bataille qui oppose deux visions radicalement différentes de l’avenir du casino en France.
Jeux de casino (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP)
Jeux de casino (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP)

Une étude explosive. L’AFJEL (organisation professionnelle regroupant les opérateurs de jeux en ligne français comme Betclic ou Winamax) vient de publier un baromètre sur l’offre illégale des jeux en ligne en France et à l’en croire, le constat est alarmant. L’on compterait 5,4 millions de joueurs français sur le marché illégal contre 3,9 millions sur celui régulé, soit une augmentation de 145 % depuis 2020 et de 35 % depuis 2023. Si bien qu’un joueur sur deux en ligne irait sur le marché illégal. Et parmi les différents jeux en ligne possible, c’est le casino qui resterait le jeu de prédilection sur le marché illégal, suivi des paris sportifs et de l’e-sport.

 

Les casinos, premiers concernés par le marché illégal

 

Un marché parallèle qui n’est pas non plus sans conséquence pour les caisses de l’Etat, l’AFJEL parlant d’un manque à gagner fiscal pour Bercy d’un milliard d’euros par an, soit une aggravation de 30 % depuis 2023. Le lobby des jeux en ligne évoque même une double peine si l’on prend en compte le coût social que représente la prise en charge de l’addiction des joueurs, estimée en 2023 dans une fourchette située entre 700 millions et 2,7 milliards d’euros par an.

Et l’AFJEL de rappeler que la France fait figure d’exception en Europe s’agissant de l’ouverture des casinos en ligne : "En ne permettant pas d’offrir une offre légale de jeux de casino en ligne, la France (avec Chypre) s’est placée dans une situation singulière au sein de l’espace numérique européen. L’absence d’harmonisation a constitué une brèche réglementaire instrumentalisée par la criminalité organisée qui a rapidement proposé aux joueurs français une offre illégale de casino en ligne, faisant de la France le plus important marché illégal de jeux en ligne d’Europe ", explique le baromètre, alertant, " l’absence de régulation du casino en ligne s’est soldée par un triple échec : économique (perte fiscale pour l’Etat), sécuritaire (risques accrus de cybersécurité) et sanitaire (millions de joueurs pathologiques). En dépit de l’interdiction de cette activité, le marché du casino en ligne s’est rapidement développé en France. Le statu quo réglementaire n’est désormais plus soutenable d’autant que cette activité se distingue nettement de l’activité physique de casinos : 80 % des joueurs ne changeraient pas leurs habitudes en cas de régulation du casino en ligne en France et joueraient autant voire plus dans les casinos terrestres (une proportion en hausse de 3 points depuis 2023) ".

 

Une légalisation qui ne viendrait pas renflouer les caisses de l’Etat

 

Des arguments qui n’ont pas manqué de faire bondir le syndicat professionnel Casinos de France, présidé par Grégory Rabuel, directeur général de Barrière. "Depuis quelques jours, le lobby des opérateurs de jeux en ligne mène une nouvelle campagne d’influence en faveur de la légalisation des casinos en ligne en s’appuyant sur des contre-vérités, au premier rang desquelles le prétendu manque à gagner pour l’Etat. Comme cela a déjà été démontré lors des précédentes discussions budgétaires, légaliser le casino en ligne ne générerait aucun bénéfice global pour la société. Bien au contraire, cela provoquerait une destruction massive d’emplois, la disparition de dizaines d’établissements, une diminution des moyens d’action pour les communes, et un affaiblissement du lien social et économique. Contrairement aux affirmations de l’Association française des Jeux en ligne, Casinos de France estime que la légalisation des casinos en ligne se traduirait par une perte nette annuelle de 546 millions d’euros pour les finances publiques en tenant compte des effets indirects liés à la santé et à l’emploi dans les territoires ", rétorque le syndicat, voulant au contraire tirer les leçons de l’expérience européenne de légalisation des casinos en lignes. "Partout où le casino en ligne a été légalisé, le jeu numérique n’a pas complété l’offre physique : il l’a absorbée, sans pour autant endiguer le jeu illégal. En Suède, les établissements terrestres ont disparu en cédant la place au tout numérique et malgré cela près de 40 % des mises continuent de se faire sur des sites non autorisés. En Finlande, le monopole public a perdu la moitié de son réseau tandis que les plateformes offshores prospèrent. En Suisse, malgré les blocages DNS, les sites illégaux réapparaissent sous d’autres extensions, et en Belgique, une part croissante des joueurs migre vers l’étranger, attirée par des bonus et des conditions plus permissives ", illustre Casinos de France.

 

Un risque pour l’emploi et le financement des communes

 

Avec plus de 200 établissements répartis sur tout le territoire, la France dispose du premier maillage de casinos d’Europe. Ils concernent plus de 31 000 emplois directs et indirects, génèrent 1,6 milliard d’euros de recettes fiscales et sociales, versent chaque année plus de 600 millions d’euros aux communes (dont la moitié sert directement les dépenses d’investissement locales et l’animation culturelle et artistique de nos villes), avance le syndicat professionnel. "Cette présence territoriale unique garantit un contrôle humain, une prévention réelle et un ancrage économique direct dans les communes. Alors que certains voudraient faire de la non-légalisation du casino en ligne une anomalie, c’est en réalité ce modèle d’équilibre et de proximité qui constitue la véritable exception française, enviée et reconnue dans toute l’Europe ", explique-t-il, plaidant pour un renforcement des moyens de lutte mis à la disposition des régulateurs afin d’assécher les réseaux illégaux.

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