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Entreprises / Actions

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Un effet domino venu d’ailleurs qui pourrait peser sur les défaillances d’entreprises françaises / Après un record en la matière attendu cette année

Alors que les défaillances d’entreprises devraient atteindre un nouveau record en 2025, le troisième trimestre ayant douché les espoirs d’essoufflement observés en début d’année, le risque de ralentissement du commerce international provoqué par les droits de douane de Donald Trump pourrait aussi contribuer à entretenir - dans une certaine mesure - cette dynamique dans les temps à venir. En cause, un double risque pour les sociétés françaises, découlant des perspectives d'évolutions mondiales en la matière. 
photo by laure boyer / hans lucas via afp
photo by laure boyer / hans lucas via afp

Les récentes statistiques ayant été publiées à propos des défaillances d’entreprises n’augurent rien de bon pour l’année 2025. Le mois de septembre fut particulièrement sinistre, avec un nombre record de cas. Si les entrées en procédures collectives ont reculé entre le deuxième et le troisième trimestre, sur un an, la hausse s’affiche à 5 %. Ainsi, 14 438 défaillances ont été enregistrées en France au troisième trimestre, rappelle Allianz Trade dans son étude trimestrielle sur le sujet.

"Nous nous attendons à un nouveau record de défaillances d’entreprises en France pour 2025. Malgré des signes d’essoufflement en première partie d’année, la tendance à la hausse devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année, et ce pour la quatrième fois consécutive (au moins + 2 % en glissement annuel, après + 49 %, + 35 % et + 17 % en 2022, 2023 et 2024, respectivement). Le nombre annuel de cas atteindrait au minimum 67 500, soit bien au-dessus des niveaux d’avant la pandémie (+ 23 % par rapport à la moyenne 2016-2019)", indique Maxime Lemerle, responsable de la recherche défaillances chez Allianz Trade.

De même, poursuit-il, il se pourrait bien que la dynamique perdure pendant une période prolongée en 2026, en raison d’une faiblesse persistante de la croissance économique et du soulagement limité apporté par la politique monétaire. "Cela se traduirait par une baisse limitée à 65 500 cas (-3 %), les incertitudes fiscales liées à l’instabilité politique restant des risques importants à la hausse pour ces perspectives, avant une nouvelle amélioration limitée en 2027 (-3 % à 63 700 cas)", indique l’expert.

 

Des conséquences des évolutions internationales

 

Reste aussi un risque d’effet en chaîne. Les droits de douane imposés par l’administration Trump auront un effet hétérogène sur les sociétés, explique Allianz Trade. Néanmoins, si le commerce mondial ralentit, alors plusieurs économies ou entreprises dépendantes des exportations pourraient en subir les conséquences. Pour l’heure, observe Maxime Lemerle, au cours du premier semestre, les effets protecteurs des droits de douane et leur faible répercussion ont contribué à réduire le nombre de défaillances aux États-Unis. "Mais les économies tirées par l’export devraient connaître une augmentation des défaillances : dans le pire des scénarios, la France pourrait compter 6 000 entreprises en faillite supplémentaires", estime-t-il.

Les perspectives économiques conduisent par ailleurs Allianz Trade à maintenir ses prévisions à l’échelle mondiale sur le plan des défaillances d’entreprises (soit + 6 % en 2025 et + 5 % en 2026). Une évolution internationale qui pose un double risque pour les entreprises tricolores. À savoir celui d’une rupture ou d’une perturbation des chaînes d’approvisionnement, pour celles se fournissant à l’étranger, mais aussi d’impayés, pour celles dont les principaux partenaires commerciaux sont étrangers.

De quoi augmenter l’effet domino des défaillances. Ce double risque va rester élevé en France à l’horizon 2026-2027, estime Maxime Lemerle "Notre indice de défaillance à l’export, qui prend en compte le poids de chaque pays dans les exportations nationales, a augmenté de + 8 % en 2025 (contre + 6 % pour l’indice global) après une hausse de + 13 % en 2024, traduisant ainsi une augmentation du risque clients en faillite plus forte à l’export que sur le marché domestique. Pour 2026, nous prévoyons une nouvelle hausse de + 1 % de cet indice, ce qui signifie pour les dirigeants d’entreprise que la vigilance doit rester de mise face à ce haut niveau prolongé du risque de défaillances en France comme à l’international", prévient-il.

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