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Ipsos modère ses ambitions de croissance / Les performances et le carnet de commandes sur neuf mois en cause
Les analystes financiers avaient déjà soulevé certaines interrogations sur les perspectives de croissance organique annuelles d’Ipsos. Si ses objectifs avaient été légèrement révisés il y a quelques mois – le groupe ayant indiqué lors de sa publication semestrielle que sa croissance en 2026 se situerait aux alentours de 2 %, soit le bas de la fourchette de 2 % à 3 % initialement prévue -, les prévisions sont de nouveau abaissées. Le spécialiste des études de marché et des sondages, dont Kelly Beaver a repris la direction générale cet été, estime désormais que son chiffre d’affaires s’appréciera de 1,2 % à 1,5 % en organique cette année. Jusqu’ici, le consensus tablait de son côté sur une croissance de 1,6 %. La nouvelle n’a pas été bien accueillie sur les marchés. Ipsos est chahuté aujourd’hui en Bourse et recule toujours de 4 % cet après-midi, dans la lignée de la tendance observée depuis l’ouverture de la séance.
À quoi tient donc cette révision ? Car entre les mois de juillet et septembre, l’entreprise a fait mieux qu’attendu. Son chiffre d’affaires est ressorti en croissance organique de 2 %, à 636,2 millions d’euros, soit un peu mieux qu’anticipé par les analystes (avec un consensus à 1,8 %) et en accélération par rapport au premier semestre, où elle s’était élevée à 0,8 %. Mais après un recul de 1,4 % au premier trimestre et en dépit d’une accélération de 3 % sur le suivant, la croissance organique sur neuf mois s’établit ainsi désormais à 1,2 %.
Et la croissance organique du carnet de commandes, dont la dynamique avait été mise en avant pour prévoir une accélération au cours de l’année, ne semble pas non plus encore suffisante pour tenir les objectifs. Pour la part du chiffre d’affaires prévue en 2026, elle atteint 2 % au troisième trimestre et 1,2 % sur neuf mois. C’est au regard des performances sur cette période, ainsi que du niveau de son carnet à fin septembre, que le groupe révise donc ses perspectives. Cette nouvelle fourchette tient « également compte d’un environnement macroéconomique et géopolitique toujours incertain, notamment marqué par les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les activités du groupe dans la région », commente Ipsos. L’entreprise confirme, en revanche, son objectif d’un taux de marge opérationnelle égal à celui de 2025. Si son objectif de croissance organique était tenu cette année, il serait par ailleurs à comparer à une légère progression de 0,6 % en 2025.
Des îlots de croissance face à d’autres plus moroses
Au troisième trimestre, c’est en tout cas dans les Amériques que la croissance a péché. Il s’agit du deuxième marché du groupe et le chiffre d’affaires y a reculé de 1,2 %. La dynamique en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique (bien que pénalisée par le conflit au Moyen-Orient où l’activité a reculé), ainsi qu’en Asie-Pacifique, aura toutefois compensé ce recul sur le trimestre. Mais il reste que dans les Amériques, « nos résultats restent inférieurs à nos attentes, reflétant principalement les retards pris dans l’exécution du plan Horizons au premier semestre 2026 », explique Ipsos. Un plan qui avait, pour mémoire, été présenté en tout début d’année. Il a été confirmé par la nouvelle directrice générale au mois de septembre et prévoit un taux de croissance organique annuel moyen de 3 à 4 % entre 2026 et 2028, ainsi qu’une croissance moyenne supérieure à 5 % pour 2029 et 2030. Un horizon où la marge devrait également dépasser les 14 %, contre 12,8 % en 2025.
Les bonnes nouvelles sont, elles, en provenance de la Chine, où les performances dynamiques se confirment, portées par les grands clients locaux et internationaux et le succès des nouvelles offres intégrant de l’intelligence artificielle. En termes de segments de clientèle, l’activité auprès des citoyens est apparue en forme, avec une croissance organique de 8,6 % au troisième trimestre. Le groupe y a enregistré des gains de contrats depuis mars, notamment pluriannuels, qui attestent de l’intérêt des décideurs publics et privés pour une meilleure compréhension de ce segment, indique Ipsos.
L’activité auprès des médecins et des patients, avec une croissance de 5,7 % au troisième trimestre, s’inscrit quant à elle dans un environnement de marché porteur, marqué par une hausse des autorisations de mise sur le marché de nouveaux médicaments aux États-Unis et une innovation pharmaceutique soutenue, alimentant les besoins d’études.
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