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AXA garde le cap, malgré un vent de normalisation / Une croissance équilibrée et un ratio de solvabilité renforcé à 222 %

AXA signe neuf premiers mois solides, portés par la croissance de l’assurance dommages et la résistance du pôle vie et santé. Si la normalisation du marché pèse sur AXA XL, la solvabilité reste à un niveau élevé, portée à 222 %, en hausse de deux points depuis juin, confirmant la rigueur du groupe dans la gestion de son capital.
Thomas Büberl, le directeur général d'AXA (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)
Thomas Büberl, le directeur général d'AXA (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)

"AXA a enregistré une excellente performance au cours des neuf premiers mois de l’année 2025, avec une croissance de son chiffre d’affaires de 7 %". En présentant les derniers chiffres d’activité de l’assureur, le directeur financier Alban de Mailly Nesle pouvait revendiquer une trajectoire régulière : les revenus du groupe prolongent sans rupture le rythme du premier semestre.

Une progression conforme aux attentes du marché, mais dont les moteurs diffèrent selon les pôles. L’assurance dommages affiche une hausse de 5 %, portée par une croissance homogène entre entreprises, particuliers et réassurance. Le directeur financier Alban de Mailly Nesle souligne "un environnement tarifaire toujours favorable". Côté entreprises, la hausse de 4 % reflète la volonté de conserver les clients, notamment chez AXA XL, tout en continuant de passer des augmentations de prix modérées en Europe. Chez les particuliers, la croissance atteint 7 %, aidée par la France où l’automobile et l’habitation combinent volumes en hausse et effet prix.

 

Un effet de normalisation sur les grands risques

 

Pour autant, c’est bien dans cette branche dommages que semble se situer le bémol de la publication, accueillie fraîchement par les investisseurs, si l’on en juge par la baisse de 2,9 % de l’action AXA ce vendredi, à 38,2 euros, parmi les plus fortes baisses du CAC 40.

Car si cette performance "demeure solide dans un environnement de normalisation progressive du marché de l’assurance commerciale", comme le notent les analystes d’Oddo BHF, le rythme tend à s’essouffler. Le segment dommages affiche bien + 5 % sur neuf mois, mais la cadence ralentit entre le premier semestre et le troisième trimestre, en particulier dans les grands risques et spécialités d’AXA XL, où la hausse ressort à environ 1 % sur le trimestre selon les calculs du cabinet de recherche indépendant AlphaValue. "Le ralentissement des affaires commerciales, surtout chez AXA XL, confirme l’amorce de détente du marché", poursuit AlphaValue, en rappelant que les hausses de prix ne sont plus que de 0,4 % chez l’assureur américain, contre 1,1 % au premier semestre.

Le cabinet pointe également une légère érosion de la valeur des affaires nouvelles en vie. "La New Business Value recule de 1 %, prolongeant le mouvement du premier semestre, avec une marge qui s’effrite de 10 points de base", précise-t-il. La direction d’AXA explique ce reflux par des mesures de souscription en France sur certaines affaires internationales et par des ajustements d’hypothèses au Japon. Le phénomène reste contenu, mais il souligne la nécessité de maintenir un mix géographique et produit équilibré.

 

Une solvabilité imperturbable

 

Ces nuances n’altèrent toutefois pas la qualité financière du groupe, dont la solidité du capital reste l’un des principaux atouts. "Le modèle économique diversifié d’AXA, associé à un bilan robuste, avec un ratio de solvabilité II de 222 %, est une force pour faire face à la volatilité de l’environnement actuel", a rappelé Alban de Mailly Nesle.
Soit une marge de solvabilité "légèrement supérieure au consensus", illustrant la discipline du groupe et confirmant, d’après Oddo BHF, que "la génération de capital demeure soutenue, même après retour aux actionnaires". Elle s’appuie donc sur une génération opérationnelle de + 7 points au troisième trimestre, atténuée par le provisionnement du dividende et le rachat d’actions annuel (–6 points), la cession d’AXA Investment Managers apportant quant à elle + 2 points, et le remboursement de dette en juillet – 1 point.

Le groupe a également renforcé sa structure de capital en octobre, via deux émissions obligataires de 750 millions d’euros chacune, en Restricted Tier 1 et en Tier 2. Ces opérations ont temporairement repoussé 332 millions d’euros de capital Tier 3 hors du calcul de solvabilité, la réglementation européenne Solvabilité II, qui fixe les exigences de capital des assureurs, limitant la part cumulée des Tiers 2 et 3 pouvant être comptabilisée dans les fonds propres. L’effet est strictement technique et transitoire : ces montants redeviendront éligibles au 1ᵉʳ janvier 2026, à la fin de la période transitoire prévue par le dispositif.

 

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