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Technip Energies assume une année d’exécution / Une visibilité résiliente malgré le recul des commandes

Technip Energies a publié un trimestre solide, mais la Bourse a préféré retenir la poursuite du repli des prises de commandes. Si 2025 apparaît comme une année d’exécution, les dirigeants insistent sur la visibilité pluriannuelle du carnet et une génération de trésorerie toujours exemplaire.
Le marché s’interroge sur les commandes, Technip Energies met en avant la robustesse du carnet.
Le marché s’interroge sur les commandes, Technip Energies met en avant la robustesse du carnet.

La réaction du marché ne s’est pas fait attendre. L’action Technip Energies a cédé 8,8 % jeudi, à 33,96 euros, malgré un trimestre conforme, voire légèrement supérieur aux attentes. Le chiffre d’affaires ajusté a atteint 1,77 milliard d’euros pour un EBITDA récurrent de 159 millions, proche du consensus, reflet d’une exécution maîtrisée. Mais le marché s’est focalisé sur la poursuite du recul des prises de commandes : 3,36 milliards d’euros sur neuf mois, contre 4,81 milliards un an plus tôt et 7,9 milliards en 2023.

"Le véritable point faible réside dans la dynamique commerciale", pointe le cabinet de recherche indépendant AlphaValue, qui évoque un "momentum commercial fragile" et souligne que les prises de commandes "ont reculé pour la troisième année consécutive". Le bureau pointe notamment la faiblesse des prises de commandes dans les activités liées à la décarbonation.

 

Un creux commercial assumé mais sous contrôle

 

"Nous avons toujours indiqué que 2025 serait une année d’exécution et non de contrôle sur les décisions finales d’investissement", a cependant rappelé le directeur général Arnaud Piéton lors de la conférence avec les analystes. Le dirigeant a précisé que plusieurs décisions de FID - ces final investment decisions qui marquent le lancement effectif d’un projet - pourraient glisser vers 2026, tout en soulignant que le pipeline commercial "ne s’est pas du tout affaibli". Il reconnaît un creux ponctuel dans TPS, lié à la faiblesse des dépenses de décarbonation, mais insiste sur la robustesse de la marge et la tendance de fond vers les solutions bas carbone.

Ce repli du court terme sera en partie compensé par l’intégration prochaine d’Ecovyst AM&C, dont la finalisation est attendue au premier trimestre 2026. L’opération, qualifiée par Arnaud Piéton de "hautement relutive", renforce le portefeuille de technologies et de catalyseurs du groupe et lui apporte une base de revenus récurrents estimée à 70 %.

 

Entre grands projets énergétiques et activité récurrente à forte marge

 

Il convient de rappeler que le cœur historique de Technip Energies repose sur l’ingénierie, la conception et la construction de grands projets énergétiques complexes dans le monde entier - principalement des usines de gaz naturel liquéfié (GNL), de raffinage ou de pétrochimie, et désormais un nombre croissant de projets liés à la transition énergétique, qu’il s’agisse d’hydrogène, de captage du CO₂ ou de biocarburants. Cette activité, à cycle long, s’inscrit dans une temporalité pluriannuelle : les contrats s’étalent souvent sur quatre à six ans, offrant une forte visibilité. À fin septembre, le carnet de commandes du segment Project Delivery s’élevait à 15,1 milliards d’euros, en repli de 14 % sur un an, une baisse que le groupe attribue à un niveau d’exécution élevé sur les grands chantiers.

À côté de ce métier historique s’est développé le segment Technology, Products & Services (TPS) - souvent qualifié d’activité à cycle court. Plus récurrent et à plus forte marge, il regroupe l’ensemble des licences technologiques (hydrogène, éthylène, méthanol, etc.), les équipements propriétaires et catalyseurs utilisés dans les procédés industriels, les prestations de conseil et de services d’ingénierie, ainsi qu’un portefeuille de solutions destinées à la décarbonation industrielle (captage du carbone, biohydrogène, etc.). Ce pôle, plus compact mais plus rentable, constitue un relais stratégique essentiel : son carnet de commandes atteint 1,67 milliard d’euros, en baisse de près de 17 % depuis le début de l’année, un repli que le groupe juge temporaire, dans un environnement de décision d’investissement moins porteur en 2025.

 

Les dirigeants rassurent sur la visibilité pluriannuelle

 

Face aux interrogations du marché sur la soutenabilité du carnet, les dirigeants se sont montrés rassurants. Arnaud Piéton a rappelé que le groupe disposait d’une visibilité " excellente sur plusieurs années", précisant que "près de sept milliards de dollars de revenus sont déjà sécurisés pour 2026", principalement dans les grands projets de GNL et de downstream. Le directeur général a mis en avant la nature même de ces contrats à cycle long, garants d’une activité durablement lissée dans le temps. Bruno Vibert a abondé dans le même sens, en soulignant que le carnet de commandes restait "solidement établi à plus de quinze milliards d’euros, soit plus de trois fois le chiffre d’affaires cumulé de nos segments en 2024 ".

Concernant TPS, Arnaud Piéton a reconnu une phase d’attente sur les décisions d’investissement mais a insisté sur la solidité du pipeline d’opportunités : "La visibilité demeure bonne, avec un flux constant de projets dans la chimie durable, l’hydrogène et la décarbonation." Même ton du côté du directeur financier, qui a relevé que, malgré le recul du backlog, "sa composition reste de grande qualité, concentrée sur des activités récurrentes et à forte marge, gages de résilience et de prévisibilité".

 

Une conversion de trésorerie au-dessus des standards du secteur

 

Cette visibilité s’accompagne d’une génération de trésorerie particulièrement solide. Le trimestre a confirmé la capacité structurelle du groupe à convertir ses résultats en cash, avec un flux de trésorerie opérationnel d’environ 160 millions d’euros et une conversion de l’EBITDA supérieure à 85 %, dans la lignée des trimestres précédents. "Nous continuons d’afficher une excellente conversion du cash, soutenue par une gestion disciplinée du besoin en fonds de roulement", a souligné le directeur financier Bruno Vibert. La trésorerie nette atteint 4,2 milliards d’euros, un niveau qui offre au groupe une flexibilité financière importante pour financer sa croissance organique et saisir de nouvelles opportunités ciblées.

Arnaud Piéton a également insisté sur cette dimension bilancielle, estimant que la solidité financière "constitue un socle essentiel pour exécuter nos projets, investir dans l’innovation et poursuivre notre politique de retour aux actionnaires". Une conversion de trésorerie "encore une fois très supérieure aux standards du secteur", relève Oddo BHF.

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