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Vivendi, des comptes en veille avant la décision des juges / L’avenir du groupe dépend moins des jeux que du droit

Le trimestre de Vivendi se résume à la bonne tenue de Gameloft, mais c’est la justice qui dictera la suite. L’audience du 25 novembre à la Cour de cassation s’annonce déterminante pour l’avenir du groupe et son actionnariat.
La filiale de jeux vidéo reste le seul moteur opérationnel de Vivendi (Photo by Jaque Silva/NurPhoto) (Photo by Jaque Silva / NurPhoto via AFP)
La filiale de jeux vidéo reste le seul moteur opérationnel de Vivendi (Photo by Jaque Silva/NurPhoto) (Photo by Jaque Silva / NurPhoto via AFP)

Le troisième trimestre n’aura pas réservé de surprise pour Vivendi. L’activité, essentiellement portée par Gameloft, reste stable, mais l’attention du marché est ailleurs : sur le front juridique, où se joue l’avenir du groupe à l’approche de l’audience de la Cour de cassation prévue fin novembre.

Le chiffre d’affaires du troisième trimestre s’est établi à 68 millions d’euros, contre 69 millions un an plus tôt, soit une baisse organique limitée à 0,9 %. Sur neuf mois, les revenus atteignent 213 millions d’euros, en progression de 5,2 % à périmètre et taux de change constants. Dans les faits, ces chiffres ne traduisent que la performance de Gameloft, seul actif opérationnel consolidé depuis la scission d’Universal Music Group, Canal + et Havas.

La filiale de jeux vidéo poursuit la transformation engagée vers les plateformes PC et consoles, désormais au cœur de sa stratégie. Sur cette période, ces activités représentent près de 45 % du chiffre d’affaires total, avec une hausse organique de 16,5 % à 93 millions d’euros. À l’inverse, le segment mobile continue de s’éroder (–3,6 %), confirmant la bascule d’un modèle historiquement dominé par les jeux sur smartphone vers des franchises à plus forte valeur ajoutée sur console. Parmi les meilleures ventes figurent Disney Dreamlight Valley, Asphalt Legends ou Disney Speedstorm, qui concentrent à eux seuls plus de la moitié des revenus.

La direction se félicite d’une dynamique de croissance "solide" et d’un "repositionnement stratégique réussi" de Gameloft, tout en soulignant la poursuite de la réduction des coûts du siège. Les analystes, eux, replacent ces chiffres dans un cadre plus large : celui d’un groupe dont la trajectoire dépend désormais de décisions de justice plus que de performances opérationnelles. "Des résultats sans intérêt, compte tenu du poids insignifiant de Gameloft dans l’ensemble du groupe", tranche le cabinet de recherche indépendant AlphaValue, rappelant que "le véritable catalyseur reste l’audience de la Cour de cassation du 25 novembre, qui fera figure de juge de paix dans la prise de contrôle par Bolloré".

C’est donc bien sur ce terrain que se joue la suite. Le dossier Vivendi, enlisé depuis plusieurs années dans les recours croisés entre Bolloré SE et l’AMF, arrive à un moment charnière. Si la Cour confirmait l’obligation faite au groupe breton de déposer une offre publique de retrait, Bolloré SE pourrait être conduit à retirer Vivendi de la cote, refermant le chapitre d’une société désormais réduite à Gameloft après la scission de ses grands actifs médias. À l’inverse, une annulation de la décision clarifierait la situation juridique et offrirait au groupe un répit bienvenu après des années de contentieux.

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