Professions financières
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La collecte de "Bpifrance Défense" s’engage avec vigueur / Un cinquième fonds de private equity pour les particuliers
Et de cinq. Comme cela avait été annoncé lors de l’évènement sur le financement de la base industrielle et technologique de défense (BITD), organisé à Bercy à la fin du mois de mars dernier, Bpifrance vient de lancer son fonds "Bpifrance Défense", visant à soutenir les entreprises du secteur. Il s’agit du cinquième véhicule de private equity de la banque dirigée par Nicolas Dufourcq dédié aux particuliers, et le premier à être thématique.
Les quatre précédents ont collecté plus de 350 millions d’euros auprès de 22 000 investisseurs, tandis que leurs portefeuilles comprennent plus de 2 000 entreprises françaises et européennes. Il semblerait, par ailleurs, que "Bpifrance Défense" soit enclin à suivre la même trajectoire. D’une taille cible de 450 millions d’euros et accessible dès lors qu’un particulier serait prêt à y investir 500 euros, le fonds a collecté pas loin de 3 millions d’euros au cours de sa première journée, a fait savoir le directeur général de Bpifrance, sur le plateau de BFM Business, mercredi soir. L’ensemble compte, certes, un ticket tout particulièrement significatif, mais ce dernier se situe en moyenne aux alentours de 1 000 euros, a-t-il poursuivi. Le ticket maximal a été fixé à 500 000 euros.
Dans le détail, "Bpifrance Défense" vise à investir dans plus de 500 sociétés non cotées à terme, directement ou indirectement. Cela se réalisera au travers de co-investissements avec les équipes de Bpifrance, dans des PME et ETI de la BITD, notamment le fonds Definvest, géré par Bpifrance avec le soutien de la Direction générale de l’Armement ; par un investissement dans le Fonds Innovation Défense, lancé il y a quatre ans avec l’Agence de l’Innovation de la Défense (au portefeuille déjà composé d’une douzaine de start-ups) et de co-investissements dans des fonds d’investissement partenaires, dont certains seront spécialisés dans la défense.
Cinq années minimum
Le fonds sera semi-ouvert, avec une période souscription de 10 années. Une période de blocage de cinq ans, afin d’assurer un investissement de long terme, a été instituée, tout comme la possibilité sera donnée, aux souscripteurs, de demander des rachats trimestriels à compter de la sixième année. Ceci impliquera le fait que le fonds soit doté d’une poche de liquidités, afin de pouvoir honorer les demandes de rachats. Sa durée de vie est quant à elle fixée à 20 ans. Il vise un rendement annuel net de 5 %, Bpifrance prenant toutefois le soin de rappeler que l’objectif n’est pas garanti.
Les voies pour y accéder sont multiples (via la plateforme de souscription de Bpifrance, mais aussi au travers de PEA, PEA-PME, assurances-vie et Plan d’épargne retraite). Pour l’heure, trois partenaires financiers se sont déjà engagés dans cette initiative : le groupe BPCE (au travers de ses filiales d’épargne salariale et retraite et de gestion), qui proposera des solutions d’investissement intégrant "Bpifrance Défense", ainsi qu’Axa France et Meilleurtaux Placement, qui le proposeront au sein de leurs produits d’épargne bancaires ou assurantiels. Ils ont, précise Bpifrance, vocation a être rejoints par d’autres partenaires de distribution.
"Bpifrance avait initié la première révolution des fonds pour les particuliers en ouvrant l’accès au capital-investissement. Aujourd’hui, avec le lancement du fonds Bpifrance Défense, nous amorçons une deuxième révolution : celle d’un produit radicalement nouveau, à la croisée de l’investissement citoyen et des enjeux de souveraineté", s’est félicité Nicolas Dufourcq à l’occasion du lancement. Pour mémoire, la semaine passée, la banque publique a publié une vaste étude, ayant identifié que l’effort de défense envisagé par les pays membres de l’OTAN supposera, en France, une croissance du chiffre d’affaires dans la défense de 31 milliards d’euros entre 2025 et 2030 - ce qui nécessitera de mobiliser l’ensemble des forces productives et générera, par ailleurs, un besoin de 15 milliards d’euros de financements, dont 5 milliards en fonds propres. De quoi permettre aux Français d’y contribuer, à leur mesure.
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