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Fusions, Acquisitions / M&A

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Grands deals et attentisme pour le M&A français / Le troisième trimestre reflète un marché plus concentré

Le marché français des fusions-acquisitions conserve une trajectoire ascendante sur neuf mois, malgré un troisième trimestre moins animé. Derrière des volumes stables, la concentration des grands deals et la montée en puissance de la santé et de la tech traduisent un marché en mutation.  
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Le marché français des fusions-acquisitions conserve le cap, mais son allure se fait plus mesurée. Après un premier semestre bien orienté, le troisième trimestre traduit un léger essoufflement de la dynamique. Selon les données préliminaires compilées par LSEG (London Stock Exchange Group), anciennement Refinitiv, les opérations impliquant une partie française ont totalisé 38,7 milliards de dollars entre juillet et septembre, contre 39,8 milliards un an plus tôt. Un reflux survenant après deux trimestres de progression, qui avaient porté le cumul semestriel à 72,9 milliards, soit 2,8 % de plus qu’en 2024. Sur l’ensemble des neuf premiers mois, l’activité ressort à 111,6 milliards de dollars, en hausse de 2,2 % sur un an. Une trajectoire positive, éloignée des années fastes de 2021 et 2022, tout en se maintenant nettement au-dessus de l’étiage atteint en 2023.

Mais ce n’est pas tant l’évolution elle-même que les données sous-jacentes qui retiennent l’attention, en dessinant un marché plus concentré. "L’activité s’inscrit dans un cycle d’ajustement où les grands deals transforment le paysage, mais où le flux moyen reste bridé par les incertitudes de marché et le coût du financement", relèvent les analystes de LSEG. Une configuration que l’on retrouve dans le détail des transactions.

 

De grandes manœuvres structurantes

 

Ce sont en effet quelques opérations d’ampleur qui ont donné le ton du trimestre. La plus significative reste le rachat de Blueprint Medicines par Sanofi pour 9,6 milliards de dollars, opération emblématique du recentrage du laboratoire sur l’oncologie. Schneider Electric a, de son côté, renforcé sa présence en Inde avec une offre à 6,3 milliards sur sa filiale locale. Dans la tech, Capgemini a poursuivi son expansion mondiale en s’offrant le groupe indien WNS pour 3,6 milliards, consolidant son virage vers les services BPS et l’intelligence artificielle. Air Liquide s’est distingué avec une acquisition de 3,5 milliards en Corée du Sud, dans les gaz industriels.

Le mid-market n’a pas été en reste, avec notamment l’entrée d’Ardian au capital d’Akuo Energy en France et le rachat par Lactalis des activités grand public de Fonterra en Australie, illustrant la diversité géographique et sectorielle des opérations.

Le jeu croisé des opérations transfrontalières confirme que la France continue de tenir sa place dans les grands flux internationaux de M & A. Les acquisitions déjà évoquées - du Portugal (BPCE et Novo Banco) à l’Allemagne (Crédit Mutuel et TargoBank), de la Corée du Sud (Air Liquide) à l’Australie (Lactalis) - traduisent la capacité des groupes français à conjuguer expansion internationale et ancrage national. Symétriquement, les investisseurs étrangers n’ont pas déserté l’Hexagone, avec plusieurs prises de contrôle dans l’énergie et la santé. Le tableau des "nations" dressé par LSEG confirme que la France demeure le cinquième pays le plus ciblé en Europe, derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, et le treizième au monde, preuve que son attractivité industrielle et financière résiste aux turbulences politiques.

 

Une hiérarchie sectorielle dominée par la santé et la tech

 

Par secteurs, la hiérarchie des volumes traduit les lignes de force de l’économie. La santé domine largement, grâce à Sanofi et à plusieurs dossiers de biotechnologies. L’énergie et l’environnement occupent une place croissante, avec Akuo ou les actifs renouvelables intégrés dans des portefeuilles plus larges. Les services financiers restent dynamiques, portés notamment par les opérations de BPCE sur Novo Banco et du Crédit Mutuel sur TargoBank, qui traduisent la volonté des banques mutualistes françaises de consolider leur empreinte européenne. Quant à la technologie, elle conserve un rôle moteur : la prise de contrôle de WNS par Capgemini en est une illustration probante, inscrivant la France dans le mouvement mondial de consolidation des services digitaux. Le secteur technologique est d’ailleurs le plus ciblé en France depuis le début de l’année, représentant 17 % des opérations sur des cibles françaises, devant les services financiers (17 %) et la santé (16 %). Le segment technologique concentre également le plus grand nombre de transactions.

En matière de conseil financier, Rothschild & Co occupe la première place du classement 2025 des fusions-acquisitions impliquant une partie française, avec 109 transactions totalisant 35,7 milliards de dollars. JP Morgan et Goldman Sachs complètent le podium. Présent aux côtés de Blueprint Medicines dans son rachat par Sanofi, Centerview Partners confirme son ancrage dans le M&A santé. Nomura et Deutsche Bank se sont distinguées sur les transactions financières, tandis que Morgan Stanley a conseillé Schneider Electric en Inde.

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