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Private Equity / Sagard / Unigestion

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Sagard et Unigestion unissent leurs forces / Une alliance de 23 milliards pour peser sur le midmarket

En fusionnant leurs plateformes de private equity, Sagard et Unigestion créent un acteur de 23 milliards de dollars d’actifs. Une alliance qui reflète l’attrait intact du midmarket et la complémentarité des deux maisons.
Paul Desmarais III (à gauche), cofondateur, président du conseil et chef de la direction de Sagard, et Bernard Sabrier, le président d'Unigestion
Paul Desmarais III (à gauche), cofondateur, président du conseil et chef de la direction de Sagard, et Bernard Sabrier, le président d'Unigestion

Le private equity vit une recomposition silencieuse : le midmarket en est le nouveau centre névralgique. L’opération annoncée mardi par la maison canadienne Sagard et la boutique suisse Unigestion en offre, si besoin était, une illustration. Leur rapprochement donnera naissance à une plateforme de 23 milliards de dollars d’actifs, couvrant primaires, secondaires et co-investissements. L’ensemble s’inscrira dans le périmètre élargi de Sagard, dont les encours atteindront près de 44 milliards de dollars une fois l’opération finalisée début 2026, sous réserve du feu vert réglementaire.

Qu’il intervienne dans le midmarket renforce encore son intérêt, à un moment où ce segment concentre l’attention des investisseurs. Dans un contexte de fundraising en contraction, c’est la seule catégorie de fonds à avoir échappé à la baisse en 2024, quand les petits véhicules peinaient à lever et que les megafunds perdaient de leur superbe, comme l’a montré le rapport McKinsey 2025 sur les marchés privés. Les toutes dernières données compilées par AlixPartners en vue de l’IPEM, grand rendez-vous du private equity qui réunit cette semaine à Paris (24-26 septembre) l’ensemble de la profession, vont dans le même sens : 29 % des intentions d’allocation des LPs pour 2026 se concentrent sur des tickets de 20 à 100 millions d’euros, confirmant la prédominance de cette tranche par rapport aux autres.

 

Paul Desmarais III à l’offensive

 

Pour Sagard, l’opération s’inscrit dans une logique d’expansion multi-stratégies. La maison multiplie les initiatives — acquisition d’une participation dans BEX Capital, lancement d’un fonds evergreen de private equity au Canada, levée de CLOs, appui de GBL entré à son capital — qui traduisent une volonté de diversification et de croissance mondiale.

Paul Desmarais III, fils de Paul Desmarais Jr. et petit-fils de Paul Desmarais Sr., qui dirige Sagard depuis 2016, assume l’ambition d’inscrire la maison familiale parmi les leaders mondiaux du capital-investissement. "L’historique d’Unigestion en matière de création de programmes de private equity sur mesure et de relations étroites avec les clients en fait un partenaire naturel pour Sagard dans cette nouvelle étape de notre cheminement vers un leadership mondial du segment midmarket", affirme l’héritier de la dynastie canadienne.

 

Unigestion change d’échelle avec Sagard

 

Unigestion cultive depuis longtemps une spécialisation sur le midmarket européen, avec une approche sur mesure pour les investisseurs institutionnels et family offices. La première clôture de son fonds EMC III à 275 millions d’euros, sa capacité à soutenir les "next-generation managers" et ses sorties réussies — Dovida cédée à Ardian, CERTANIA à Greenpeak Partners, Micronics valorisée 1,3 milliard de dollars lors de sa vente à Cleanova — sont encore venues souligner cette année la constance de sa performance et la singularité de son accès au dealflow.

Bernard Sabrier, 72 ans, qui avait pris le contrôle d’Unigestion en 1976, donne avec cette opération une nouvelle assise à la société, en l’adossant à un acteur global. Il deviendra chairman de la plateforme et vice-chairman de Sagard, tandis que sa fondation FAMSA entrera au capital. "Ce regroupement ouvre la voie vers un nouveau chapitre de croissance qui sera d’abord et avant tout bénéfique à nos clients", souligne-t-il.

 

Une étape clé

 

Le rapprochement vise à conjuguer puissance de frappe et profondeur de marché. Sagard apporte la puissance de son réseau mondial et ses capacités multi-stratégies forgées dans un modèle de gestion globale couvrant plusieurs classes d’actifs. Unigestion, de son côté, met en avant sa spécialisation historique sur le midmarket, sa culture entrepreneuriale et sa capacité à concevoir des solutions sur mesure pour des investisseurs institutionnels et familiaux. La discipline d’investissement et la proximité avec les clients qui caractérisent la société genevoise trouvent ainsi un prolongement naturel dans l’ambition internationale de Sagard. "Cette alliance marque une étape clé dans notre expansion stratégique à la fois en Europe et en Asie ", souligne Jonathan Tétrault, associé directeur chez Sagard, appelé à diriger la nouvelle structure.

Seules les plateformes de private equity des deux maisons sont concernées par le rapprochement. Les activités d’Unigestion qui ne relèvent pas du private equity resteront en dehors du périmètre, tout comme les franchises de capital-investissement direct de Sagard à Paris et au Canada, qui continueront d’être gérées séparément.

Dans le cadre de cette opération, UBS est intervenu comme conseiller financier exclusif d’Unigestion, appuyé par Lenz & Staehelin sur le plan juridique. PwC a assuré la due diligence financière, Deloitte le conseil fiscal, tandis que Sagard s’est entouré de McDermott Will & Schulte, Schellenberg Wittmer et Blake, Cassels & Graydon pour les aspects juridiques.

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