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Sur les marchés / Publications financières / entreprises américaines / SEC / réglementation

Sur les marchés
Publications financières / entreprises américaines / SEC / réglementation

Quand Donald Trump relance le débat sur la fréquence des publications financières / Qu’en pensera cette fois-ci la SEC ?

Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a de nouveau appelé à abolir l’obligation pour les entreprises américaines de publier des rapports trimestriels, proposant de passer à une fréquence semestrielle. Selon lui, ce changement permettrait d’alléger les coûts et de favoriser une gestion à plus long terme, à l’image de la stratégie chinoise. Cette idée, soutenue lors de son premier mandat par des grands noms de la finance comme Jamie Dimon et Warren Buffett, se heurte toutefois à la réglementation en place depuis 1970 et à la position encore prudente de la SEC. Une demande formelle pourrait bientôt être déposée pour moderniser ces pratiques, dans un contexte où le nombre d’entreprises cotées aux États-Unis continue de diminuer.
Donald Trump (Photo by ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)
Donald Trump (Photo by ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP)

Sur son réseau social favori, Truth social, le 47e président des Etats-Unis a de nouveau fait une déclaration choc. Ce lundi, Donald Trump a expliqué que "les entreprises et sociétés ne devraient plus être obligées de faire des rapports trimestriels, mais plutôt de faire des rapports tous les six mois. Cela permettrait d’économiser de l’argent et donnerait aux dirigeants le temps de se concentrer sur la bonne gestion de leurs entreprises ". Dans l’esprit du président américain : "avez-vous déjà entendu cette affirmation selon laquelle la Chine a une vision de 50 à 100 ans pour la gestion d’une entreprise, alors que nous gérons les nôtres sur une base trimestrielle, pas bon du tout !!!".

Ce n’est pas la première fois que l’homme d’affaires plaide pour ce changement de pratique. En 2018, lors de son premier mandat, il avait déjà affirmé s’être entretenu avec "certains des plus grands chefs d’entreprise du monde" sur le sujet et avait déjà demandé à la SEC de se pencher sur la question. De fait, Jamie Dimon, le patron de JP Morgan et l’Oracle d’Omaha, Warren Buffett, avaient eux aussi appelé, dans une tribune commune dans le Wall Street Journal, à la suppression des prévisions trimestrielles jugeant qu’elles n’encourageaient pas à investir sur le long terme, mais rappelant toutefois que les résultats trimestriels faisaient partie de l’exigence de transparence nécessaire pour la confiance des marchés.

Pour mémoire, la réglementation actuelle remonte à 1970, lorsque le gendarme boursier américain, la SEC, a fixé une fréquence trimestrielle à la publication des résultats, en application de la loi de 1934 sur les marchés financiers. Mais le contexte a changé : le nombre d’entreprises cotées aux Etats-Unis ne cesse de reculer, tombé à environ 3 700 fin juin, soit 17 % de moins qu’il y a trois ans, et moitié moins qu’au pic de 1997, selon le Center for Research in Security Prices (CRSP).

Reste que si Donald Trump souhaite donc un bouleversement des pratiques financières des entreprises, encore faudrait-il que la SEC soit d’accord. Selon le Wall Street Journal, la Long-Term Stock Exchange (LTSE) prévoirait de déposer une requête en ce sens auprès de cette dernière afin de supprimer l’obligation de publication trimestrielle des résultats, pour passer à des communications semestrielles. En 2018, le directeur général de la SEC, Jay Clayton, avait balayé du revers de la main cette idée, affirmant "que les rapports trimestriels ne changeraient pas de sitôt".

Si la SEC, aujourd’hui présidée par Paul Atkins, acceptait d’étudier la demande de la LTSE, cette décision pourrait s’inscrire dans une tendance européenne qui a supprimé cette obligation par une directive de 2015, dite "Transparence", l’Autorité des marchés financiers conseillant néanmoins aux entreprises françaises qui font le choix de ne rien publier de veiller tout particulièrement au respect de leur obligation d’information permanente, notamment en cas de changements dans les perspectives de l’entreprise.

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