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Le private equity santé confirme sa résistance / Un secteur porteur, mais des capitaux là aussi plus concentrés

La santé reste l’un des pôles d’attractivité du private equity en 2025, sans être totalement immunisée contre le ralentissement du marché. Entre solidité des fondamentaux, regain d’appétit pour l’innovation et concentration croissante des capitaux, le secteur illustre autant la résilience que les tensions du capital-investissement.
La santé, moteur d’investissements, face à une concentration accrue des capitaux (Photo by Ben STANSALL / AFP)
La santé, moteur d’investissements, face à une concentration accrue des capitaux (Photo by Ben STANSALL / AFP)

Rarement le private equity healthcare n’aura autant affirmé sa singularité qu’en 2025. En Amérique du Nord et en Europe, le segment, nourri par une résilience qui contraste avec un marché fragilisé, capte une part croissante des transactions et demeure l’un des rares pôles d’attractivité du capital-investissement. La santé représentait déjà 9,9 % des deals en 2024, et "la part du healthcare dans l’activité de deals de private equity devrait encore progresser en 2025, même si elle n’atteindra sans doute pas le pic de 11,5 % de 2018", estime PitchBook.

Pour l’expliquer, il convient de souligner que "la santé reste l’un des secteurs les plus résilients, offrant une visibilité supérieure à beaucoup d’autres domaines", rappelle à WanSquare Étienne Mathey, avocat chez August Debouzy. Le marché s’inscrit pourtant dans un environnement qui ne l’épargne pas. Les grands fonds américains ont ralenti la cadence, tandis que l’Europe a vu la compétition s’aiguiser sur des cibles de taille moyenne.

 

Des capitaux plus concentrés, des opportunités plus ciblées

 

Côté transactions, "les fonds santé affichent toujours de solides performances, même si le marché n’échappe pas au ralentissement : le volume de deals reste nettement inférieur aux années précédentes", observe l’avocat.

Mais les fondamentaux restent porteurs : vieillissement démographique, innovation médicale, digitalisation des soins et croissance soutenue des dépenses publiques et privées. Les segments technologiques - biotechs, medtechs ou solutions numériques pour les prestataires de soins - ont continué de tirer l’activité, et 2025 pourrait marquer un redressement progressif des volumes, porté par la détente des taux et le regain d’appétit des investisseurs pour des cibles innovantes, estime PitchBook dans son étude annuelle 2025 Healthcare & Life Sciences Outlook, qui dresse les perspectives du secteur.

Du côté du fundraising, la sélectivité est plus forte que jamais, même si la santé y résiste toujours mieux qu’ailleurs, comme en 2024 : PitchBook rappelle que 30 fonds spécialisés avaient alors levé 15,1 milliards de dollars, un montant inférieur à la cadence exceptionnelle de 2021-2023 mais encore largement supérieur aux niveaux d’avant 2019. Mais cette concentration des capitaux soulève un autre enjeu : "Les LPs préfèrent désormais concentrer leurs investissements, en allouant des montants plus importants à un nombre réduit de fonds, ce qui contribue à grossir encore davantage les véhicules les plus importants", poursuit Étienne Mathey. Un phénomène qui fragilise les plus petits acteurs : "Sans petits fonds capables d’investir de premiers tickets dans les jeunes sociétés, il y a beaucoup moins de relais pour alimenter la croissance vers les acteurs de taille intermédiaire, puis vers les grands fonds."

 

Un écosystème hexagonal relativement équilibré

 

À l’échelle française, le tableau n’apparaît cependant pas si déséquilibré, grâce à un tissu d’acteurs spécialisés. "La France compte des acteurs solides du private equity dans le domaine de la santé, à l’image de Five Arrows, Keensight ou Turenne Capital - ce dernier se distinguant par ses investissements dans des sociétés plus petites - qui affichent de très bonnes performances", rappelle Étienne Mathey. Le paysage français peut aussi compter sur Mérieux Equity Partners ou encore Jeito Capital. Le rapport de France Invest publié en mars indiquait que la santé avait représenté 16 % des montants investis dans le private equity en 2024, juste derrière la tech (25 %) et les services (20 %). Une confirmation de son statut de secteur de prédilection, à la croisée de la résilience et de l’innovation.

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