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L’Oréal : la force d’un modèle multipolaire face aux incertitudes / Les marchés émergents prennent le relais

Malgré un environnement économique qui reste incertain, L’Oréal affiche un premier semestre 2025 solide, porté par la vigueur des marchés émergents et un léger rebond de ses ventes en Chine et aux États-Unis. Toutes ses divisions sont en croissance, sa rentabilité progresse. De quoi permettre au géant de la beauté de rester confiant en sa capacité à surperformer un marché mondial sous tension avec l’application future des droits de douane américains.
L'Oréal (Photo by Malte Ossowski/SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP)
L'Oréal (Photo by Malte Ossowski/SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP)

À mi-parcours de 2025, L’Oréal confirme la robustesse de son modèle multipolaire dans un contexte économique incertain. Le géant mondial des cosmétiques a publié des résultats solides pour le premier semestre. Certes, le bénéfice net ressort en baisse à 3,37 milliards d’euros, pénalisé par la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises dans le cadre de la loi de finances 2025, mais le chiffre d’affaires a progressé de 3 % à données comparables et de 1,6 % en publiées, à 22,47 milliards d’euros.

 

De premiers signes de redressement en Chine et aux Etats-Unis

 

Plus précisément, la croissance des ventes s’est accélérée entre le premier et le deuxième trimestre, passant de 2,6 à 3,7 %. Une accélération soutenue par le dynamisme des marchés émergents, en particulier l’Amérique latine (+ 10,3 % sur un an en données comparables) et la région SAPMENA-SSA (+ 10,4 %), les deux régions enregistrant les meilleures performances.

Pour le reste la performance est contrastée. Si l’Asie du Nord est toujours en recul (-1,5 % sur un an en données publiées), souffrant du ralentissement du travel retail, en Chine, après un premier trimestre encore hésitant, le groupe constate un retour modeste à la croissance au deuxième trimestre (+ 3 %). De premiers signes de reprise ont aussi été constatés en Amérique du Nord où les ventes ont montré des signes de redressement (+ 0,4 % en publiées dont 2,4 % au deuxième trimestre) après plusieurs trimestres de tensions. D’ailleurs, si le directeur général de L’Oréal dit "gérables ", les futurs droits de douane imposés par le président des Etats-Unis, "ce n’est pas une bonne nouvelle pour le secteur", a-t-il confié à l’AFP.

L’Europe, premier marché de l’entreprise, n’est en croissance "que" de 3,4 %. "Le dynamisme continu des marchés émergents, le léger rebond en Chine continentale et la reprise progressive en Amérique du Nord ont plus que compensé le ralentissement attendu en Europe, validant une fois de plus notre modèle multipolaire", a-t-il commenté dans un communiqué.

 

Des divisions toutes en progression

 

Dans le détail, toutes les divisions sont en croissance, avec les Produits professionnels en tête. Ils enregistrent, en effet, une croissance de 6,5 % à données comparables (+ 4,9 % publiées) grâce à ses marques phares, comme Kérastase, Redken et L’Oréal Professionnel.

La division Produits Grand Public progresse de 3,3 % en comparable (+ 1,1 % publiées), tandis que la division Luxe maintient sa croissance à 2,0 % à données comparables (+ 1,0 % publiées), tirée toujours par les parfums, notamment à travers les marques Yves Saint Laurent, Valentino, Armani ou encore Prada. À noter également, la poursuite de la montée en puissance d’Aesop.

Enfin, la division Beauté Dermatologique reste le moteur le plus stable, avec une croissance de 3,1 % à données comparables (+ 1,7 % publiées), portée toujours par La Roche-Posay.

 

Amélioration de la rentabilité opérationnelle

 

Pour le premier semestre, L’Oréal affiche une rentabilité opérationnelle en hausse, avec un résultat d’exploitation de 4,74 milliards d’euros, en progression de 3,1 %. La marge opérationnelle atteint 21,1 % du chiffre d’affaires, en amélioration de 30 points de base. Par ailleurs, le résultat net hors éléments non récurrents, part du groupe, s’élève à 3,78 milliards d’euros, en hausse de 1,0 %. Le cash-flow opérationnel bondit à 2,74 milliards d’euros, grâce notamment à une meilleure gestion du besoin en fonds de roulement. "Je suis convaincu que nous continuerons à surperformer le marché mondial de la beauté - que nous prévoyons en croissance, même dans un contexte de tensions économiques et géopolitiques - et à réaliser une nouvelle année de croissance de notre chiffre d’affaires ainsi qu’une progression de notre rentabilité", a promis Nicolas Hieronimus.

Le second semestre verra notamment l’arrivée de nouveaux lancements majeurs, comme le premier parfum Miu Miu, et le déploiement du nouveau Prada Masculin.

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