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Interparfums déstabilisé par le repli du dollar américain face à l’euro / Il l'incite à faire preuve de précaution sur ses prévisions

Après avoir revu ses perspectives annuelles de chiffre d’affaires à la hausse en février dernier, le parfumeur a annoncé jeudi que ses objectifs en la matière se situeraient désormais dans le bas de sa fourchette initiale. En cause : l’appréciation de l’euro par rapport au dollar américain. Une annonce qui met Interparfums sous pression à la Bourse de Paris.
Crédits : Interparfums
Crédits : Interparfums

Un retour à davantage de prudence sanctionné par les marchés. Ce jeudi, Interparfums est chahuté à la Bourse de Paris. Après avoir chuté de 11 % à l’ouverture de la séance, le cours du parfumeur s’est quelque peu repris au fil des heures. Mais son titre évolue toujours en territoire négatif en milieu d’après-midi, en reculant de près de 8 %, autour de 32 euros. En cause : le réajustement des prévisions annuelles de chiffre d’affaires du groupe.

S’il avait indiqué aux marchés, en novembre dernier, qu’il se situerait en 2025 dans un intervalle de 910 à 930 millions d’euros, il avait rehaussé ce dernier en février, prévoyant ainsi que ses revenus oscilleraient entre 930 et 935 millions d’euros. "Compte tenu de l’appréciation de l’euro par rapport au dollar américain constatée depuis le printemps, notre objectif de chiffre d’affaires 2025 devrait retrouver la fourchette basse de notre estimation initiale, de l’ordre de 910 millions d’euros", a expliqué Philippe Benacin, le président-directeur général du groupe, à l’occasion de sa publication semestrielle de chiffre d’affaires. Une évolution de mauvais augure pour Interparfums, qui a réalisé, en 2024, la moitié de ses revenus en dollars américains.

 

Un premier semestre de bonne facture

 

L’année 2025 n’a pourtant pas mal débuté pour l’entreprise. Au titre du premier semestre, ses revenus consolidés sont ressortis à 447 millions d’euros, en ligne avec son budget, et en hausse de 6,1 % à taux de change constants (5,8 % à change courants). Le résultat de la forte croissance de 24 % des parfums Coach, qui ont dépassé les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, de la solidité de la franchise de ceux de Jimmy Choo ou encore de la trajectoire remarquée des fragrances de Lacoste. Pour leur deuxième année d’exploitation, les parfums de la marque au crocodile ont confirmé leur dynamique positive enclenchée l’an passé, avec un chiffre d’affaires 52 millions d’euros, en progression de 42 % sur la période. De quoi être bien en ligne avec le plan de redéploiement de la marque et son objectif annuel de 100 millions d’euros de revenus. Cette semaine, le groupe a aussi annoncé une nouvelle d’importance sur le plan de son portefeuille de marques, grâce à la signature d’un accord de licence avec la Maison Longchamp jusqu’au 31 décembre 2036. L premier lancement est prévu pour 2027.

En termes de répartition géographique, l’Europe de l’Est (35,3 millions d’euros de chiffre d’affaires), de l’Ouest (84,7 millions d’euros), l’Afrique (3,2 millions d’euros) et l’Amérique du Nord (164 millions d’euros de chiffre d’affaires) ont été les locomotives de l’accélération de l’activité avec des taux de croissance à deux chiffres, compensant ainsi les reculs enregistrés en Asie, en France et au Moyen-Orient. Tout particulièrement, l’entreprise a vu ses ventes s’accélérer de 20 % aux États-Unis sur la période. La seconde moitié de l’année s’y annonce néanmoins plus difficile, prévient le groupe, qui reste toujours dans le flou quand aux droits de douane qui seront fixés par l’administration Trump. Si l’épilogue des négociations entre l’Union européenne et les États-Unis ne devrait vraisemblablement pas tarder à se faire enfin connaître, la société a d’ores et déjà mis en œuvre certaines mesures pour en limiter l’impact sur sa profitabilité. Et se tient donc prête à en prendre de nouvelles à l’automne, en fonction du taux à l’import qui sera finalement fixé.

 

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