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BNP Paribas redessine sa gouvernance en vue du prochain cycle / Vers un modèle plus intégré

BNP Paribas recompose sa gouvernance dans la dernière phase de son plan GTS 2025 afin de préparer le cycle stratégique à venir. En ligne de mire : renforcer l’intégration de ses métiers, capitaliser sur les synergies industrielles et accélérer sur des chantiers clés comme l’épargne longue et l’intelligence artificielle.
Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas (Photo by Emmanuel Dunand / AFP)
Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas (Photo by Emmanuel Dunand / AFP)

Sa feuille de route arrivant dans sa dernière ligne droite, la banque de la rue d'Antin commence à poser les premiers jalons du cycle à venir. Le groupe bancaire vient ainsi de faire évoluer sa gouvernance pour renforcer l’intégration de ses grands métiers et préparer sa future trajectoire. Le plan actuel courant jusqu'en 2026, le prochain ne devrait pas être dévoilé avant début 2027, conformément au rythme habituel de la maison.

Car chaque fin de cycle stratégique est pour BNP Paribas l’occasion de revoir ses équilibres internes. Le groupe ajuste sa gouvernance pour mieux intégrer ses métiers et poser les bases de son prochain plan. Derrière les nominations annoncées ces derniers jours, se dessine une stratégie de continuité : anticiper les grandes mutations du secteur – intelligence artificielle, industrialisation des plateformes, réorganisation de l’épargne – et renforcer les logiques de transversalité.

 

CPBS, premier chantier de la nouvelle gouvernance

 

La première évolution concerne son pôle Commercial, Personal Banking & Services (CPBS), qui regroupera désormais les banques commerciales de la zone euro — la Banque Commerciale en France (BCEF), BNL en Italie, BNP Paribas Fortis en Belgique et BGL BNP Paribas au Luxembourg — au sein d’une même entité. À sa tête, Yannick Jung, jusqu’ici responsable de CIB Global Banking, est nommé directeur général adjoint du groupe. Il reportera à Thierry Laborde, directeur général délégué en charge de CPBS.

Cette mutualisation vise à rationaliser les investissements, à accélérer l’intégration des plateformes technologiques et à favoriser les synergies commerciales avec les autres métiers, notamment la banque de financement et d’investissement (CIB) et Investment & Protection Services (IPS). Le groupe entend capitaliser sur ses positions de leader européen auprès des PME-ETI, des entrepreneurs et des particuliers fortunés.

 

Un pôle CIB consolidé, une logique de distribution affirmée

 

Dans la banque de financement et d’investissement, autre pilier du groupe, la gouvernance adopte une structure bicéphale. Yann Gérardin, directeur général délégué, devient président exécutif de CIB, tandis qu’Olivier Osty, jusqu’ici à la tête des marchés, prend le poste de directeur général de CIB et entre au comité exécutif en tant que directeur général adjoint de BNP Paribas.

Ce dernier dirigera une organisation réarticulée autour de deux lignes de coverage (institutionnelle et corporate), de cinq métiers (Transaction Banking, Capital Markets, Equities, FICC, Securities Services) et de trois zones géographiques (EMEA, APAC, Amériques). Une architecture pensée pour renforcer le modèle "originate & distribute", au cœur de la stratégie de CIB, qui a permis au pôle de doubler ses revenus en dix ans et de devenir la première CIB européenne.

 

L’essor d’IPS, nouvel axe de force

 

Troisième étage de la fusée, Investment & Protection Services (IPS) incarne plus que jamais l’un des grands leviers de croissance du groupe. Dirigé par Renaud Dumora, le pôle s’apprête à changer d’échelle avec l’intégration d’AXA IM, une opération de croissance externe d’ampleur. L’objectif affiché est clair : créer un leader européen de la gestion d’épargne longue, tout en consolidant les positions du groupe en assurance vie (notamment en France et en Italie) et en gestion de fortune (notamment en Allemagne).

IPS pourra ainsi s’appuyer sur une gamme élargie de produits, un accès privilégié aux clientèles institutionnelles, entreprises et particuliers, et des plateformes industrielles de plus en plus puissantes. Le groupe ambitionne de porter sa contribution au résultat avant impôt du groupe à plus de 20 %, soit une hausse de plus de 50 %.

 

Un modèle intégré renforcé

 

"Ces évolutions et nominations constituent une étape majeure pour préparer la prochaine phase de croissance de BNP Paribas", a souligné Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général. Au-delà de l’ajustement organique, c’est bien la solidité du modèle intégré qui est réaffirmée, dans une stratégie d’alignement des métiers, de mutualisation technologique et de couverture client à 360 degrés. Une mécanique de long terme, où chaque pôle alimente l’autre, en attendant le grand rendez-vous stratégique à venir.

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