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FinTech / Observatoire de la FinTech / Younited
Les fintechs françaises confirment le retour de leur bonne étoile / Les investisseurs concentrent toutefois leur attention sur les projets les plus matures
La fintech a de nouveau le vent en poupe. Après une année 2023 au fil de laquelle les financements alloués aux jeunes entreprises innovant dans les secteurs bancaire, financier et assurantiel avaient marqué le pas – une tendance finalement alignée sur celle ayant prévalu dans la French Tech sur la même période – le retour de l’intérêt qu’elles suscitent auprès des investisseurs, entamé en 2024, semble bel et bien confirmé. Selon le rapport semestriel de l’Observatoire de la Fintech, leurs levées de fonds ont en effet grimpé de 32 % en valeur sur un an, pour un total de 827 millions d’euros. Soit une augmentation de 200 millions d’euros entre le premier semestre de 2024 et de 2025, au travers de 48 opérations.
"Comme en 2024, le nombre d’opérations continue sa baisse : 48 levées recensées au premier semestre 2025, contre 52 au premier semestre 2024. Les investisseurs poursuivent une stratégie sélective, privilégiant des projets plus matures et établis dans l’écosystème", explique néanmoins l’étude. "Ils privilégient désormais les levées en série A et au-delà, qui représentent 53 % des opérations, au détriment des opérations en early stage, qui continuent de se réduire", poursuit-elle. De fait, seules 20 opérations inférieures à 5 millions d’euros ont été recensées au premier semestre de 2025, contre 29 sur 52 au premier semestre de 2024. Un chiffre qui s’affichait alors déjà en retrait sur un an.
Dans le détail, le métier de l’investissement a tiré son épingle du jeu, en captant 22 % des fonds levés lors des six premiers mois de l’année. L’une de ses représentantes, 73Strings, figure d’ailleurs en troisième position du podium des opérations du semestre, grâce à sa levée de fonds de série B, réalisée en février pour 53 millions d’euros. En seconde position : Pennylane, la licorne "compta-tech", qui a bouclé une série D de 75 millions d’euros au mois d’avril. Younited rafle quant à elle la première place, du fait de sa fusion avec le SPAC Iris Financial, lui ayant permis de s’installer à la Bourse de Paris en janvier après s’être cotée dans un premier temps sur Euronext Amsterdam. L’opération a été clôturée à la toute fin du mois de décembre et a été comptabilisée par le think tank à la suite de l’entrée de l’entreprise sur les marchés parisiens, en raison de son montage particulier.
Sur tous les fronts
À cette occasion, le spécialiste du crédit instantané à la consommation avait en effet profité d’une injection de capital de près de 153 millions d’euros de la part d’Iris Financial, donc comptabilisée par l’observatoire comme une levée de fonds – son spectre d’analyse couvre l’ensemble des fintechs françaises, cotées ou non. "Une opération structurante, qui redonne de la visibilité au secteur tout en marquant une étape stratégique pour l’écosystème fintech français. Même hors Younited, les levées de fonds du segment égalent en un seul semestre le total de l’année 2024, signe d’un regain d’intérêt plus large pour les fintechs du financement", indique l’Observatoire de la Fintech.
L’opération a d’ailleurs également tiré la valeur de celles de fusions-acquisitions dans le secteur à la hausse, cette dernière ayant atteint un niveau historique en valeur. Le constat diffère sur le plan des volumes. Bien qu’ayant fait état de 23 opérations, soit près d’une par semaine, le nombre d’opérations de M & A accuse un repli de 30 % sur un an. Les acquéreurs français ont représenté 56 % des deals réalisés au cours du semestre tandis que les corporates, institutions financières et éditeurs de logiciels mènent nettement la danse en termes de volume. Ils ont été à l’origine de 20 acquisitions sur 23. On y retrouve notamment la prise de participation majoritaire par Malakoff Humanis au capital de la start-up spécialiste de l’épargne Mon Petit Placement au mois de mai, l’acquisition par l’Américain Earnix de l’assurtech française Zelros à la fin du mois d’avril ou encore le rachat, par le groupe norvégien Visma, de la start-up créatrice d’une solution logicielle antiblanchiment Kanta.
À l’inverse, les opérations de M & A réalisées entre fintech ont marqué le pas, puisqu’elles n’ont été acquéreuses qu’au sein de trois opérations. L’acquisition par Younited d’Helios, une entreprise au modèle bancaire finançant exclusivement des solutions concrètes au service de la transition écologique, reste toutefois à signaler. "Cette IPO par voie de fusion dans un SPAC, inédite dans le secteur fintech français, ouvre la voie à de nouveaux modèles de M & A pour les fintechs en quête de capital et de visibilité. Elle montre que, même dans un contexte de ralentissement, des voies alternatives au capital-risque classique et aux rachats industriels peuvent émerger, notamment pour les fintechs les plus structurées", assure de nouveau l’Observatoire de la Fintech.
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